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Maurice en rouge écarlate en France : signal fort attendu du GM par les opérateurs

  • Christian Lefèvre (Friends in Tourism) : « Des répercussions extrêmement dramatiques »

Les opérateurs du tourisme sont dans la tourmente avec la décision de la France de placer Maurice dans la liste rouge écarlate, synonyme d’interdiction de voyage entre les deux pays, sauf sous certaines conditions strictes. La fermeture des frontières avec l’Afrique du Sud était déjà un premier coup dur. Ils attendent une réaction du gouvernement pour redonner confiance au marché du tourisme en France.

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Les annulations s’enchaînent. Les opérateurs, qui comptaient sur cette période des fêtes pour se refaire une santé financière, sont complètement déboussolés face à la situation. Christian Lefèvre, Managing Director de Coquille Bonheur et président de Friends in Tourism, confie que l’impact de cette décision de la France a été immédiate. « Toutes les réservations en provenance de la France sont annulées ou en cours d’être annulées », confirme-t-il. Ce qu’il considère comme une catastrophe, surtout que le secteur reprenait à peine, après la réouverture des frontières.

« Après un démarrage en fanfare, nous nous retrouvons en difficultés de nouveau avec la fermeture des frontières avec l’Afrique du Sud et la sanction de la France, qui est un marché de choix. Nous craignons que les autres pays européens n’emboîtent le pas », ajoute-t-il. Ce dernier dit attendre une réaction du gouvernement. « L’heure est grave. La note risque d’être salée, avec des répercussions extrêmement dramatiques. C’est une mauvaise solution dans la lutte contre le virus. Il n’y a encore aucune preuve de la gravité du variant Omicron, au moins pour l’île Maurice, jusqu’à maintenant », s’insurge-t-il.

Des solutions sont attendues. D’autant que le décret du 1er décembre est très explicite, interdisant aux Français de voyager dans les pays de la zone rouge écarlate. « Déjà, nos opérations ont été énormément impactées par la fermeture des frontières avec l’Afrique du Sud. Il s’agit d’un marché de proximité, qui avait bien réagi dès que la connectivité était rétablie. Mais là aussi, toutes les réservations ont été annulées », note Christian Lefèvre.
Les autres maillons du tourisme sont aussi affectés par cette situation. Au niveau des plaisanciers, Tony Apollon parle d’incompréhension et de manque de clarté.

« Pourquoi la France a-t-elle pris cette décision ? A-t-elle des informations que nous n’avons pas sur la situation du Covid-19 à Maurice ? À mon avis, le gouvernement doit venir clarifier la situation au plus vite. De plus, il y a un certain flou quant à savoir si les Français sont interdits de voyage à Maurice ou simplement déconseillés », fait-il comprendre.

L’absence des touristes français aura un impact désastreux sur les activités nautiques, car ils constituent 75% à 80% de la clientèle. « Le marketing touristique est basé principalement sur la mer et la plage. Donc, si les touristes ne viennent pas, nous serons les premiers impactés. D’habitude, il y a beaucoup de touristes français à Maurice à cette période, car c’est l’hiver en France. Ils viennent profiter du soleil. »

Tony Apollon souhaite que les autorités, qui affirment que Maurice est Open and Safe, trouvent les arguments nécessaires pour convaincre les Français de revenir sur leur décision. « C’est une question de confiance. Il faut les rassurer par rapport à la situation sanitaire. Il faut aussi trouver les mots justes dans les médias internationaux pour les convaincre. Sinon, ce sera la catastrophe », rappelle-t-il.

Il ajoute que la situation est déjà critique avec l’annulation des vols sur l’Afrique du Sud. « Le marché sud-africain est notre deuxième marché, et là, tout tombe à l’eau. Notre crainte est que les autres pays européens n’adoptent les mêmes restrictions. Déjà que les Anglais ne sont pas venus en grand nombre depuis la réouverture des frontières. C’est une situation très stressante à la veille du nouvel an. »

Tony Apollon propose la mise en place d’un comité tripartite, réunissant le gouvernement, les hôteliers et les petits opérateurs, afin de trouver des solutions pour une sortie de crise. « Je suis en faveur d’un partage d’idées, et non pas que chacun cherche à marquer des points de son côté. On est dans une situation d’urgence. Le tourisme est un des principaux piliers de notre économie. D’autant qu’on ne peut plus autant se fier sur le textile et la canne », suggère-t-il.

Pour le restaurateur Parwez Purbhoo, la situation se compliquerait davantage si le gouvernement devait imposer un lockdown complet. « Nous n’avons pas travaillé pendant deux ans et nous attendons toujours d’être indemnisés pour la marée noire du MV Wakashio. Un lockdown serait vraiment catastrophique. » Il fait référence à la demande de certains politiciens pour un nouveau confinement. En cette période de crise, dit-il, l’opposition et le gouvernement devraient conjuguer les efforts pour trouver des solutions.

Il ajoute que les Mauriciens et les touristes ne devraient pas avoir peur d’aller au restaurant. « Il y a des protocoles sanitaires en vigueur. On respecte la distanciation physique, on vérifie le pass vaccinal… Je ne vois pas pourquoi on devrait fermer. » Les opérateurs attendent ainsi une réaction propice du gouvernement, afin de sauver le secteur du tourisme, qui reprenait à peine des couleurs après 18 longs mois où les frontières étaient restées fermées.

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