MODE — Gabriel Froid, premier Mauricien à défiler à la Fashion Week d’Angola

Le styliste et directeur artistique mauricien, Gabriel Froid, fondateur de la marque Sartori ale – The African Marquis, a marqué l’histoire en décembre dernier en devenant le premier créateur mauricien invité à présenter une collection à l’Africa Fashion Time, dans le cadre de la Fashion Week angolaise, à Luanda. Sa collection, Tropicaelo, a été dévoilée lors de cet événement panafricain majeur réunissant chaque année les plus grands talents du continent.

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Cette invitation fait suite à l’intérêt manifesté par la célèbre créatrice angolaise Nadir Tati, fondatrice de l’événement, séduite par l’univers esthétique et narratif du créateur mauricien.

Pour Gabriel Froid, cette reconnaissance dépasse largement le cadre personnel. « Je ne crée pas seulement des vêtements. Je travaille autour de l’identité, de la dignité et de la posture. The African Marquis est devenu une voix autant qu’un label », explique-t-il.

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Grandir à Maurice n’a pas freiné ses ambitions. Bien au contraire. « La mode était ma façon de rêver et d’imaginer le monde. Les vêtements me permettaient de devenir la personne que je voulais être avant même de savoir comment y parvenir. C’était mon mécanisme de défense », confie-t-il.

L’annonce de sa participation à la Fashion Week d’Angola reste un moment fort de son parcours. « Quand j’ai reçu l’appel, je suis resté figé. À 29 ans, je vivais un moment pour lequel j’avais prié depuis longtemps. Ma première pensée a été de remercier Dieu, puis j’ai réalisé la responsabilité que cela représentait : porter Maurice avec honnêteté, élégance et respect. »

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Selon lui, c’est le récit porté par ses créations qui a convaincu les organisateurs. « Mon travail est enraciné dans l’héritage africain, mais traduit à travers une mode contemporaine. Ce n’est pas un déguisement, c’est une identité. »

À Luanda, il découvre une industrie structurée et exigeante. « Ce qui m’a marqué, c’est la discipline et le professionnalisme. Des équipes techniques aux mannequins, chacun connaissait son rôle. Ce n’était pas juste un spectacle, c’était un vrai métier. »

L’accueil du public angolais l’a profondément touché. « Les gens étaient engagés. Quand j’ai vu le drapeau mauricien à l’écran, j’ai compris que je représentais plus que moi-même, mais 1,27 million de personnes. J’ai eu des larmes de joie. »

Le créateur estime avoir apporté « un rythme différent » à la scène angolaise. « Maurice a son propre mélange de cultures et de raffinement. Cela montre que la mode africaine est multiple. Mon rôle est aussi de construire des ponts entre le continent et Maurice », dit-il.

De retour au pays, Gabriel Froid a récemment participé à Fashion Maurice 2025, organisé par Tribeca Mall, où il assurait la coordination du défilé et la gestion des mannequins. « Je voulais contribuer à l’écosystème local, pas seulement me mettre en avant. Les talents mauriciens méritent une exposition internationale. »

Il observe cependant une évolution préoccupante du secteur. « L’industrie est devenue très orientée vers le commercial. L’explosion des influenceurs étouffe parfois la créativité. On oublie que la mode est avant tout un art. »

Concernant l’accompagnement des mannequins souhaitant percer à l’étranger, il insiste sur la nécessité de structuration. « Le talent seul ne suffit pas. Il faut comprendre les contrats, être professionnel, développer une sensibilité culturelle. À l’international, être en agence est presque indispensable. »

Aujourd’hui, Gabriel Froid se dit à un moment charnière. « Je suis enraciné, mais libre. Concentré, mais ouvert. C’est une clarté silencieuse, juste avant le prochain chapitre. »

The African Marquis

À 29 ans, Gabriel Froid s’impose comme l’une des figures montantes de la mode mauricienne. Styliste, directeur artistique et ancien mannequin, il est le fondateur de la marque Sartori ale – The African Marquis, un label qui mêle héritage africain et silhouettes contemporaines.

Premier Mauricien invité à présenter une collection à l’Africa Fashion Time lors de la Fashion Week d’Angola, il revendique une mode porteuse de sens. « Je ne crée pas seulement des vêtements, je raconte des histoires », affirme-t-il.

Très attaché à Maurice, il milite pour une meilleure structuration de l’industrie locale et l’accompagnement des talents vers l’international. Discipline, humilité et présence sont, selon lui, les qualités clés d’un mannequin.

Aujourd’hui, Gabriel Froid se décrit comme « enraciné, mais libre », déterminé à bâtir des passerelles entre Maurice et le continent africain, tout en préparant les prochaines étapes de son parcours créatif.

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