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Mon pays va… de mal en pis !

Chaque jour et chaque semaine qui passent, cette spirale infernale, conjuguée avec l’opacité tenace cultivée royalement par l’actuel gouvernement, entraîne notre pays un peu plus vers le bas. Sans occulter le fait que le fossé entre les nouveaux (très) riches (ceux qui ont largement profité du confinement, par exemple) et les de plus en plus pauvres (ceux qui n’ont plus de travail) n’en finit pas de se creuser.

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Mais il y a surtout ce gouvernement qui joue souvent à l’autruche, et qui s’emmêle dans ses priorités. Outre la nébuleuse et l’embrouillamini entourant la saison hippique 2022, le judiciaire s’est retrouvé également soumis à un traitement choquant, pour dire le moins. Refus et non-respect d’un ordre émis par une Cour de justice, dans le cas de la déportation du Slovaque Peter Uricek, d’une part. Mais aussi des avocats malmenés, bousculés, voire même interpellés et maintenus en détention.

Sale temps pour ces compatriotes en robe noire, en effet ! Et davantage pour ceux-là qui ont l’audace de se constituer en mouvement pour contrer agissements et projets gouvernementaux qui sont défavorables au peuple. Ces avocats prennent même des initiatives et organisent des activités ou manifs, tout en respectant les lois du pays de même que les consignes sanitaires. Ce qu’on leur reproche ? C’est justement qu’ils ne la bouclent pas et qu’ils s’érigent en chien de garde de la société civile face aux injustices flagrantes.

Notre pays se rapproche dangereusement du précipice. Certes, le gouvernement de Pravind Jugnauth a pris quelques mesures que l’on peut qualifier de timides pour contrer la cherté de la vie, mais nombreux sont ces observateurs sociaux qui ne mâchent pas leurs mots et qui souhaitent ardemment que ce gouvernement en fasse un peu plus. Que la liste des produits subventionnés, par exemple, soit rallongée. Que le gouvernement vienne, comme l’a fait une entreprise du privé cette semaine, avec des Vouchers et des Food Stamps. De telles mesures urgentes pour pallier, dans le court terme, l’explosion qui nous guette si l’on ne se remue pas rapidement. À quand un plan social, avec la pandémie mondiale et le conflit russo-ukrainien qui s’enlise ?

De plus, on est à même, dans toute cette opacité, à comprendre que des budgets ont dû avoir été votés pour financer des projets coûteux, comme l’extension du métro à Ébène et Réduit, voire le développement de Smart Cities. Il y a donc des sous en réserve. Pourquoi alors ne pas, comme l’a suggéré le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, stopper momentanément ces projets, plus prestigieux que rentables, et injecter ce capital dans un plan urgent de soutien aux familles impactées ? Cela ne semble pas du tout sorcier ! Il suffit surtout d’un peu de bonne volonté.

Cependant, Pravind Jugnauth et ses ministres donnent l’impression d’être relativement sourds et aveugles à la réalité populaire. On peut comprendre que la majorité d’entre eux ne descend pratiquement jamais personnellement faire ses courses dans les supermarchés. Autrement, ils seraient témoins de l’absence d’une ribambelle de produits de base du panier des consommateurs ! Pas des produits de luxe, mais bel et bien du lait, du riz, de la farine et de l’huile, produits que ces ménages, même en cumulant deux boulots, peinent à acheter pour nourrir leurs enfants.

Et si ces élus empruntaient plus souvent les artères des périphéries de nos villes plutôt que de prendre l’avion comme s’ils prenaient le bus, ils verraient alors aussi que les ti laboutik des quartiers retrouvent une place de choix auprès des consommateurs, et que les «carnets de Solange refont leur apparition. Ce n’est pas avec du ciment, du rocksand et du béton, utilisés pour les mirobolants projets en cours, que l’on va remplir l’estomac des Mauriciens.

Ce gouvernement ne peut-il pas trouver un arrangement avec les établissements sucriers pour relancer les cultures de légumes interlignes, par exemple ? En tout cas, ce ne sont pas les solutions qui manquent. Il faut un plan de secours social urgent. Toutefois, sans volonté ni dialogue, rien n’y fera. Et pendant ce temps, dans nos rues et nos maisons, la tension monte tous les jours un peu plus…

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