MORIS ZINDABAD

Omnicane, fortement endetté auprès des banques, a récemment conclu un accord avec la Mauritius Investment Corporation Ltd (MIC) pour céder ses terrains, d’un total de 185 hectares dans Mon-Trésor Smart City ainsi que dans la région de Britannia et MonTrésor, pour un montant de Rs 4,5 Mds – soit l’argent des citoyen(ne)s. L’évaluation a fait l’objet de questionnements de la part de certains spécialistes. Et dans la foulée, le Ministre des Finances annonce un boom dans le secteur de la construction. Essayons d’y voir plus clair.

Le Mauricien rapporte que « Omnicane se réjouit des mesures annoncées dans le budget concernant la rémunération de la bagasse, l’élimination du charbon avant 2030, entre autres… Il compte se positionner stratégiquement dans le sucre, l’éthanol et l’énergie verte  ».

Un des major players se retire du secteur de l’immobilier dans un scénario typiquement du genre ‘too-big-to-fail’ et ‘privatising-profits-and-socialising-losses’. D’autre part, depuis la dépréciation accélérée de la roupie les acteurs du secteur de la construction constatent un déclin annoncé sur le marché des particuliers souhaitant débuter la construction de leur résidence –  ceci concerne surtout les « primo-acquérants », ceux qui ont en ligne de mire un projet de mariage et/ou de fonder une famille. Mais pas que ceux-ci. Le marché des bâtiments non-résidentiels subit aussi les contrecoups de l’inflation drastique du coût des intrants de cette industrie et bien-entendu de la morosité ambiante.

À y voir de plus près, on devrait se focaliser sur ceux qui émergent gagnants de cette crise – le nerf de la guerre étant l’argent, ceux qui en font doivent nécessairement être financés par ceux ayant les reins solides malgré ces temps incertains – qui sont-ils ? L’argent qui finance(ra) ce boom dans la construction proviendrait donc des mêmes caisses qui facilitent l’émergence de ces nouveaux parasites-rentiers qui se gargarisent du pouvoir politique de leurs réseaux. Pendant que défilent devant notre indignation et impuissance les exemples flagrants de l’anti-gouvernance à outrance.

Se dessine actuellement dans la région de Rivière Noire peut-être l’oeuvre qui incarne une alliance entre parasites établis et nouveaux. Donc si boom il y aura, il ne concernera qu’une coterie qui s’assurera de renvoyer l’ascenseur aux princes du jour quand reviendra le temps de la campagne électorale.  Comment sortir de ce cercle vicieux qui nous accable d’un vertige qui monte crescendo ?