NATACHA BELCOURT-VIRASSAMY

Si certains ne pouvaient pas fermer l’œil de la nuit à cause de l’image d’un poing levé, moi je n’arrive pas à imaginer la souffrance du petit Ayaan sous les coups de son beau-père sans que je ne ressente une profonde tristesse.

Je ne peux m’empêcher de penser à la possibilité que d’autres innocents comme lui subissent de telles atrocités sans défense et pire encore sans la protection d’une mère ou d’un père.

Il ne suffit pas de bomber le torse après avoir mis en place des lois. Cela est une bonne chose mais ne suffit pas. Outre une loi votée, que se passe-t-il sur le terrain ? Devons-nous nous suffire de punir sévèrement car cela veut dire qu’il y a déjà victime ? Pourquoi ne pas aussi prévenir de manière agressive ?

Je me vois en train d’essayer de me souvenir du numéro d’urgence à appeler pour dénoncer un cas de maltraitance sur un enfant mais il ne me vient pas tout de suite à l’esprit…Est-ce parce que je ne sais pas m’informer ou parce que ce numéro de Hotline (113) n’est pas assez communiqué ?

Au vu des quelques images de ce petit dans la presse, on ne peut ne pas remarquer ce qui s’apparente à des bleus sur son visage. Comment se fait-il que personne d’autre n’ait remarqué cela ? Fallait-il en arriver là pour dénoncer ces atrocités ?

Il est urgent que les autorités et les instances religieuses entreprennent un travail de communication et d’accompagnement pour les parents qui ne savent pas gérer leur colère et leurs émotions. Nous savons que des sommes importantes sont allouées aux associations socioculturelles, n’y a-t-il pas là raison valable pour leur utilisation ?

Il est encore plus nécessaire que cela se fasse au plus vite car, plus empirera la situation économique à laquelle fait face notre société, comme beaucoup d’autres dans le monde, plus ce genre de comportement agressif envers les femmes et les enfants pourrait prendre l’ascenseur ; alors il faut agir, et vite, pour minimiser le nombre de victimes.

Ayaan, je souhaite que ta disparition ne soit pas vaine et qu’elle soit le déclic qui sauvera la vie d’autres petits innocents tels que toi. D’ici là, je te demande pardon au nom de la société aveugle dans laquelle nous vivons.