DR JIMMY HARMON

Le 27 mai 2021, les résultats du PSAC pour la cuvée 2020 sont tombés. Alors que l’épreuve d’élimination et de sélection que fut le funeste Certificate of Primary Education a disparu, par contre les écoles appelées « Zone d’Éducation Prioritaire » (ZEP), introduites dans la réforme éducative 2001-2005, ont survécu à l’ancien système en dépit de la nouvelle mode d’évaluation qu’est le PSAC (Primary School Achievement Certificate) dans le Nine-Year Schooling. Au bout de dix-neuf années, les efforts pour rehausser le niveau de ces écoles sont colossaux. Elles sont trente écoles et font un taux de réussite de moins de 40%.  Plusieurs initiatives et innovations des plus prometteuses furent entreprises. Les bonnes volontés ne manquent pas. Tout un personnel d’encadrement existe. Mais que dire finalement des résultats ? À titre d’exemple, comme taux de réussite : Aimé Césaire G.S (5 sur 25), La Briquetterie G.S (4 élèves sur 37), Louis Serge Coutet G.S (4 sur 40) et Xavier Christian Barbe G.S (5 sur 19). Globalement, chaque gouvernement successif s’est félicité de faire mieux que son prédécesseur à un ou demi-pourcentage près. Cela n’a pas changé. Mais ce qui est grave, c’est la tragédie humaine derrière ces performances à un digit.

Le document “National Strategic Plan for Education and Training 2008 – 2020” donne un éclairage sur ces écoles : « The Zones d’Education Prioritaires (ZEP) have been created to address educational failure. Its strategy is based on the premise that positive reinforcement is required to create favourable learning conditions for children mostly in the less developed regions. In the broader perspective, this approach aims at combating social inequalities by providing equal opportunities to all primary school children of the country. » Le document ne ment pas, mais la réalité est toute autre. La distribution géographique de ces écoles démontre qu’elles se situent dans des régions à forte prédominance du “historically disadvantaged group” au sein de la République de Maurice, notamment les créoles.

En 2006, le rapport de l’Association pour le Développement de l’Education en Afrique (ADEA) faisait l’observation suivante : « When one ethnic group is disproportionately represented within the pool of the poorest, we must ask ourselves if there is a structural problem with the education system » (p.68). Le problème est non seulement structurel au système, mais il est ancré dans les profondeurs de la société mauricienne. Ce sont les préjugés tenaces contre les enfants de ces écoles. Le rapport de la Commission Justice et Vérité (2011), se basant sur une enquête de terrain, relève les termes péjoratifs suivants : « Sa bann zanfan-la bizin fou zot dan enn kwen », « Aret vinn lekol. Al zet lekor », « Al travay dan kamion salte, al netway twalet parski zot pa konn lir », « Vinn bar zanfan so plas, vinn sof sez dan lekol, vinn pran dipin al lakaz » (p.299). Que dire alors ? Que faire ? Il ne faut pas passer par quatre chemins. Il faut que l’État donne ces écoles à l’éducation catholique. N’est-ce pas là Ti-Frère que l’on assassine? Il faut arrêter ce massacre !