Le gouvernement compte mettre en place prochainement une Project Monitoring and Implementation Unit, placée sous l’égide du bureau du Premier ministre afin d’assurer un meilleur suivi de l’exécution des grands projets d’infrastructure publics.
C’est ce qu’a répondu le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à Joanna Bérenger, qui a demandé des précisions sur la raison d’être de cette nouvelle unité, les faiblesses constatées dans les mécanismes actuels de suivi des projets publics ainsi que les pouvoirs et responsabilités des personnes qui y seront nommées.
Le Premier ministre a expliqué que Maurice a atteint un niveau de développement économique où le principal défi n’est plus seulement l’élaboration des politiques publiques, mais surtout leur mise en œuvre efficace.
D’après lui, plusieurs initiatives nationales stratégiques, bien qu’annoncées avec des objectifs précis, connaissent régulièrement des retards en raison de responsabilités institutionnelles dispersées, de procédures administratives longues, d’un manque de coordination entre les différents ministères, de blocages réglementaires et de l’absence d’une autorité centrale chargée de superviser l’avancement des projets.
Navin Ramgoolam a déploré que, pendant trop longtemps, certaines institutions aient fonctionné de manière isolée au lieu d’adopter une approche coordonnée dans la réalisation des projets gouvernementaux.
Il a également fait état de cas de collusion entre des consultants et des entrepreneurs, qui auraient entraîné par le passé des retards dans l’exécution des travaux ainsi que des dépassements de coûts.
La nouvelle unité aura pour mission de coordonner, surveiller et accélérer la réalisation des priorités gouvernementales à travers une planification intégrée, une prise de décision fondée sur des données concrètes, une collaboration accrue entre les institutions et un suivi rigoureux de la performance.
L’objectif affiché consiste également à garantir que le principe de « value for money » soit strictement respecté lors de la mise en œuvre des grands projets d’infrastructure.
D’autre part, le Premier ministre a indiqué que cette unité sera placée sous son autorité directe et devra lui soumettre régulièrement des rapports sur l’état d’avancement des projets suivis.
Quant à la composition même de cette structure, il a précisé que des consultations sont déjà en cours afin de sélectionner des professionnels hautement qualifiés.
La future équipe devra notamment disposer d’une solide expérience dans le domaine de l’ingénierie et d’un parcours confirmé en gestion de projets.
Le gouvernement entend ainsi instaurer un mécanisme centralisé en mesure d’identifier rapidement les obstacles, d’améliorer la coordination entre les différents acteurs et de garantir une exécution plus efficace des investissements publics majeurs.


