La polémique enfle, depuis le début de la semaine, suivant la décision (unilatérale, puisque sans concertation avec quelque association nationale des dentistes) de ne pas permettre aux chirurgiens-dentistes du privé de pratiquer avec la reprise partielle des activités économiques dans l’île ! Et pour cause : on peut dire que la décision annoncée par Kailesh Jagutpal, ministre de la Santé, dans la soirée du 5 avril dernier, lors du Press Briefing quotidien du NCC, en a pris plus d’un de court. D’une part, les dentistes du privé se voient interdire de pratiquer. Par contre, les Mauriciens nécessitant des soins dentaires sont invités par le gouvernement à se tourner vers les dentistes… des hôpitaux et des cliniques ! À croire qu’il existe donc trois catégories de dentistes dans le pays.

Cette décision relève à coup sûr, à tous ceux qui font preuve d’un minimum de bon sens, d’un manque total de logique ! De prime abord, un dentiste, du fait qu’il fait partie du corps medical, est évidemment un “frontliner”. Les soins dentaires, autant que l’on sache, caracolent en tête de liste parmi les pathologies les plus douloureuses que l’on connaît. Qui peut attester qu’il n’a jamais souffert le martyre d’avoir une dent cassée ou d’un plombage tombé, laissant un trou béant dans la bouche ? Pire, ceux qui ont une rage de dents seront les derniers à dire que ce sont là des douleurs avec lesquels on peut « faire avec », malgré toutes les prises d’anti-inflammatoires et autres “painkillers” !

Sans compter que, depuis le confinement de 2020, quasiment tous les dentistes du privé se sont équipés adéquatement et de manière responsable, en anticipant une deuxième vague de contaminations. On aurait cru les conseillers de Pravind Jugnauth davantage éclairés et, surtout, plus lucides et terre à terre, pour ne pas venir nous imposer une telle décision farfelue. Mais ce n’est ni plus ni moins… « Rêver, mam ! ».

Cette interdiction relève, à notre humble avis, d’un non-sens fondamental. Avec le “crash” du système de santé national, avec le recensement quasi quotidien de cas de personnes positives à la COVID-19, et ce, qu’elles soient du personnel médical ou paramédical de nos hôpitaux nationaux ou des patients s’y rendant, on aurait cru le gouvernement définitivement mieux inspiré que d’encourager les Mauriciens à aller… vers ces mêmes hôpitaux se faire soigner ! Et courir donc le risque (énorme) d’y contracter le virus !

Pourtant, non, malgré la levée des boucliers de la Mauritius Dental Association (MDA), la prise de position franche et directe de nombre de chirurgiens-dentistes œuvrant dans le privé, la solidarité de la fraternité du corps médical sur la question, et l’exposition régulière de cette situation incompréhensible dans les médias locaux, le gouvernement campe avec obstination sur sa position ! Pas question de revenir sur cette décision qui est des plus… insensées ! Et dans la foulée, le consultant spécial de Pravind Jugnauth et porte-parole du NCC, le Dr Zouberr Joomaye, s’est royalement planté sur les ondes d’une radio privée !

Nous continuerons cependant d’espérer et de prier que nos décideurs changent la donne, en ayant en tête le bien-être des Mauriciens. Inutile d’attendre des excuses pour admettre que cette décision a été effectivement mal prise. Nous savons, depuis belle lurette, que l’humilité et l’amour-propre ne font pas partie des traits de caractère de nos actuels décideurs politiques. Tant pis ! Autant pour ceux qui y réfléchiront à deux fois la prochaine fois qu’ils cocheront les cases de leurs bulletins de vote !

La polémique perdure également sur la question des examens qui se tiennent sur le plan national actuellement, et des conditions dans lesquelles nos enfants sont appelés à y prendre part. Avec le coup d’envoi, cette semaine, des papiers comptant pour le PSAC, des couacs ont été recensés dès le premier jour, avec une surveillante trouvée positive à la Covid-19. Résultat : un traumatisme au niveau national vécu difficilement tant par les enfants que par leurs parents. Un couac qualifié de « petit incident » par la ministre de l’Éducation…

Autre sujet qui laisse perplexe : l’allocation des WAP. D’aucuns font remonter que ces fameux permis sont distribués « au petit bonheur ». Face à cette cacophonie générale, avec les membres de l’opposition qui se plaignent de ne pouvoir aller vers leurs mandants, et avec le confinement prolongé et des familles de plus en plus appauvries et esseulées, peut-on attendre de certains des plus téméraires de nos politiques de l’opposition qu’ils bravent l’interdiction et qu’ils « put lives first » ?