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Polico Crapo, les mots de trop?

VÉRONIQUE PAPILLON

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Je suis certaine que beaucoup vont se retrouver dans la liste de chansons énumérées ci-dessous: Killing in the name de Rage Against the Machine, F*** the Police de N.W.A., That’s the sound of da police de KRS One, la version NTM et Cut Killer, Blue Lights de Jorja Smith… ce ne sont que quelques titres parmi tant d’autres qui ont accompagné des générations dont certaines plus récentes. Mais qu’ont ces chansons en commun? Elles dénoncent toutes la brutalité policière.

Tout le tollé autour de “Polico crapo” évoque “Beaucoup de Bruit pour Rien” de Shakespeare. On se sent offusqués par les paroles d’une telle chanson parce qu’elles sont en créole et donc plus faciles à saisir. Mais quand on plonge dans l’histoire du hip-hop, certaines chansons sont bien plus percutantes. F*** the police de N.W.A. est déjà un titre très provocateur. C’est un mot anglais certes mais il n’en reste pas moins vulgaire et dégradant. Le titre de NTM n’est pas en reste, les paroles non plus:

« Qui font le droit? la justice pourquoi?
La justice nique sa mère
Le dernier juge que j’ai vu avait le plus de vices
Que le dealeur de ma rue »

ONE, TWO, THREE, FOUR
Woop woop that’s the sound of da police
Ah ah ni-nique la police
Woop woop woop that’s the sound of da police
Nique nique nique nique la police »

Du français mais peu flatteur pour des membres des forces de l’ordre et le système judiciaire français. Les artistes de NTM ont été arrêtés à un moment de leur vie mais pour d’autres motifs.

Si on pousse le débat plus loin, on aurait dû s’en offusquer, être scandalisé par le contenu des autres titres ou paroles faisant un tabac à Maurice: Bouz to poum poum, Ton keny, Sega socolat. Des paroles salaces pour la gent féminine mais nous ne sommes pas là pour “bouz nou poum poum” pour les yeux de l’autre sexe. On aurait dû s’offusquer ailleurs dans le monde, à chaque fois qu’on prononce le mot “bitch” dans une chanson. On aurait dû interdire la vente du premier album d’Eminem, “Marshall Mathers”, vu qu’il scandait dans le morceau « Kill you », “Bitch, I’mma kill you”.

Il faut tout simplement faire preuve de culture et de bon sens. Ce n’est pas parce qu’on nous traite de “bitch” qu’on en est une! On pourra le chanter autant de fois qu’on le voudra mais beaucoup d’entre nous valent bien plus que cela. D’où l’utilité de comprendre qu’il y a pire dans l’histoire de la musique!

P.S : On vous laisse seuls juges, en toute liberté, de déterminer l’impact du morceau Polico Crapo.

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