• Deux cas détectés en moins d’une semaine avec les compagnes des destinataires arrêtées

La direction pénitentiaire est en alerte après que des tentatives d’introduire de la drogue dans des tubes de dentifrice dissimulant de la drogue ont été éventées ces derniers jours. Ce sont surtout les compagnes de certains détenus qui tentent de leur remettre de la drogue lors des visites.

Trois cas de ce genre ont été détectés en une semaine, tous survenus à l’Eastern High Security Prison de Melrose. Le plus récent est survenu lundi lorsque les gardes-chiourmes ont fouillé les objets destinés à un prisonnier de 29 ans qui purge une peine de dix ans pour une affaire de drogue. C’est le 4 juin que sa concubine (37 ans), une habitante de Baie-du-Cap, est venue remettre des articles qui lui étaient destinés. Il y avait quatre piles, deux rasoirs, une paire de chaussettes, un stylo, une savonnette et un tube de dentifrice. A priori, les articles étaient considérés comme « normaux ». Suivant le protocole du COVID-19, ces objets ont été enfermés dans un casier pendant trois jours. Une dernière vérification a eu lieu en début de semaine avant que les produits soient remis au détenu. Mais un Prison Officer devait noter que le tube de dentifrice était anormalement lourd. Il l’a découpé et devait tomber sur quatre sachets contenant du cannabis synthétique. L’Anti Drug and Smuggling Unit a été alertée. Les policiers ont pu établir l’identité du visiteur dont le nom apparaissait sur le registre de la prison.

Un autre cas semblable a été recensé le jeudi 3 juin, toujours à Melrose. Une habitante de Sainte-Croix (26 ans) et une autre de Roche-Bois (30 ans) sont venues rendre visite à leur compagne et ont remis quelques articles aux gardes-chiourmes. Une Woman Prison Officer a noté que le poids d’un tube de dentifrice était supérieur à la moyenne, et elle l’a coupé. Elle a découvert un sachet contenant une certaine quantité d’héroïne et quatre autres sachets de drogue synthétique. Alertée par la direction de la prison, l’ADSU a embarqué les deux visiteuses et a perquisitionné leur maison mais rien d’incriminant n’a été trouvé. Elles ont, par la suite, été placées en détention.

Auparavant, le 20 mai, un homme de 37 ans s’est présenté à l’entrée principale de la prison de Melrose avec l’intention de visiter un détenu. Sauf qu’il n’avait pas demandé l’autorisation à la direction pénitentiaire au préalable. Comme l’accès lui a été refusé, il avait insisté pour que les officiers remettent un sac au détenu qui purge une peine pour vol avec violence. Il y avait des vêtements, deux lames à raser, quatre piles et un tube de dentifrice. La prison a rangé le sac pendant trois jours dans un “locker” et après vérification, les gardes-chiourmes ont coupé le tube de dentifrice qui renfermait 15 doses d’héroïne et trois doses de drogue synthétique. La drogue a été saisie. L’ADSU n’a cependant pas encore mis la main sur le livreur.

Depuis ces épisodes, les gardes-chiourmes ont reçu l’ordre de fouiller minutieusement les colis destinés aux prisonniers, et surtout les tubes de dentifrice. Selon une source, un trafic de drogue se déroulerait à la prison de Melrose où beaucoup de détenus sont des toxicomanes. C’est grâce à l’argent que leur envoient leurs proches ou des services rendus aux dealers en prison qu’ils arrivent à payer leur dose. À titre d’exemple, un détenu (36 ans) de la prison de Melrose a été intercepté vendredi seul près d’un bloc. Les gardiens ont saisi sur lui une dose de drogue synthétique. Le suspect n’a pas voulu dire comment il avait pu se procurer de la drogue. Des fouilles surprises sont prévues dans les cellules prochainement.