Le procès de l’Ukrainienne Mariia Peresolkina, qui avait été interpellée au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport en 2022 avec deux bouteilles contenant de la drogue synthétique en forme liquide, connaît actuellement des rebondissements aux Assises. Des liens avec la mort suspecte du dénommé, John Mick Martingal, à la prison de Beau-Bassin en 2024 commencent à remonter à la surface. Ce décès fait actuellement l’objet d’une enquête judiciaire à la demande du Directeur des Poursuites Publiques (DPP).
Le juge Iqbal Maghooa entendra aujourd’hui les arguments de Me Jheelan, le représentant du Directeur des Poursuites Publiques (DPP) et Me Shameer Hussenboccus, l’avocat de Mariia Peresolkina, avant de trancher s’il faut divulguer à la défense les Statements qu’avaient consignés John Mick Martingale à la police.
Cela fait suite à une motion de Me Hussenboccus, hier, réclamant que la poursuite lui divulgue ces Statements. Me Jheelan a indiqué qu’il comptait objecter à cette motion, ce qui avait amené le juge Maghooa à renvoyer cette affaire. L’Ukrainienne Maria Peresolkina, 28 ans, actuellement écrouée à la prison de Beau-Bassin, fait face à un procès pour le délit d’importation « of dangerous drugs with an averment of trafficking ».
Hier, l’inspecteur Bsomi, de l’ADSU, l’enquêteur principal dans cette affaire, a été contre-interrogé par Me Hussenboccus. Le témoin maintient que Mariia Peresolkina savait pertinemment bien ce que ces bouteilles contenaient quand elle les avait mises dans ses bagages. Toutefois, il a admis qu’il n’y a aucune preuve directe à cet effet.
En effet, si les textos de John Mick Martingale à d’autres personnes mentionnaient ouvertement des drogues, tel n’est pas le cas en ce qui concerne ses messages avec Mariia Peresolkina, où il n’est nullement question de drogue. En outre, le rapport compilé par l’IT Unit de la police par rapport aux messages entre l’Ukrainienne et John Mick Martingale ne mentionnait pas certains messages tendant à démontrer l’ignorance de celle-ci du contenu des deux bouteilles, ce qui a amené Me Hussenboccus à dire que le rapport était « sélectif ».
L’avocat a aussi fait ressortir que ce n’est que dix jours après l’arrestation de Mariia Peresolkina que la police avait consigné son statement, alors qu’une certaine célérité est toujours requise dans ce genre d’affaires.
Par ailleurs, l’avocat a soutenu que le PC Ramchurn maintient qu’il n’avait reçu aucune instruction de l’inspecteur Bsomi pour compiler ce rapport, alors que celui-ci maintient que c’est bien lui qui avait donné des instructions à cet effet au PC Ramchurn.
L’interrogatoire de l’inspecteur Bsomi reprendra une fois que le juge Maghooa aura tranché la motion relative aux Statements de John Mick Martingale.
Mariia Peresolkina et son amie Olega Levina avaient été interceptées à l’aéroport le 29 octobre 2022. Une fouille des bagages de Mariia Peresolkina avait permis aux éléments de l’ADSU de découvrir deux bouteilles remplies d’un liquide contenant du cannabis synthétique, d’une valeur marchande de Rs 44 886 000 millions.
Mariia Peresolkina avait expliqué aux policiers que c’était son ami John Mick Martingale, un Mauricien, qui lui avait demandé de transporter ces deux bouteilles d’alcool, prétextant qu’il n’avait pas assez d’espace dans ses bagages, alors que Martingale, Peresolkina et Levina s’apprêtaient à prendre l’avion pour Maurice, apparemment pour venir passer leurs vacances ici. Mariia Peresolkina continue de maintenir qu’elle ne savait rien du contenu des bouteilles, ces dernières étant scellées.
Elle avait pointé du doigt Martingale aux policiers alors qu’il passait fortuitement par là, ce qui avait permis son arrestation. Ce dernier avait maintenu qu’il ne connaissait pas les deux femmes, tandis que ces dernières l’avaient positivement identifié comme celui qui avait remis les deux bouteilles à Mariia Peresolkina.

