Patrick Assirvaden, président du PTr et responsable du dossier énergétique au sein de son parti, a réclamé hier un face-à-face avec le ministre des Utilités publiques, Joe Lesjongard, sur la question de la transition énergétique. Il accuse ainsi le ministre de bluffer et de vendre du rêve en annonçant que la part de l’énergie renouvelable dans le mix national devrait atteindre 35% en 2025. Il accuse le CEB de remplacer en catimini les fils de haute tension dans la région de Grand-Bassin, où deux jeunes avaient trouvé la mort en début d’année lors du pèlerinage de Maha Shivaratree.
« J’invite une plateforme, une radio ou la MBC à organiser un débat dans le respect mutuel afin de savoir ce qui est vrai et ce qui est faux dans les annonces faites par le gouvernement au titre de la transition énergétique. Actuellement, la part de l’énergie renouvelable dans le mix énergétique est de 17,4%. Comment cette part pourra-t-elle atteindre 35% dans deux ans ? Que compte faire le gouvernement pour éliminer le charbon d’ici 2030 ? La production de bagasse est en baisse, alors où est la solution? Quelle vision ? Où en est le projet énergétique ? Où en sommes-nous avec la transition énergétique ? » se demande Patrick Assirvaden.
Le président du PTr accuse par ailleurs le gouvernement MSM, et en particulier le ministre des Utilités publiques, Joe Lesjongard, d’être responsable de la situation au niveau du CEB. Selon lui, le CEB accuse actuellement des pertes de Rs 4 à Rs 5 milliards, et ce, malgré le fait qu’il y a eu une augmentation Across the Board des tarifs.
« Déjà, avant cette augmentation généralisée, le CEB accusait une perte de l’ordre de Rs 600 millions par mois », fait-il valoir. Il rappelle qu’en 2016, Ivan Collendavelloo, alors ministre des Utilités publiques, avait créé trois subsidiaires, soit la CEB (Green Energy) Company Ltd, la CEB (Facilities) Co Ltd et CEB fiberNet, et que Rs 1 milliard avait été injectée par le gouvernement MSM dans ces trois compagnies.
Patrick Assirvaden met l’accent sur le fait que depuis son arrivée à ce ministère, Joe Lesjongard en « a fermé deux compagnies – soit la CEB (Green Energy) Company Ltd, en charge de l’énergie renouvelable, et la CEB (Facilities) Co Ltd, gérant un budget de Rs 500 à Rs 600 millions de contrats de nettoyage », etc. Le dernier rapport de FiberNet, publié le 30 septembre 2022, indique que la compagnie a enregistré des pertes de près de Rs 70 millions, alors que Rs 900 millions ont été investies dans cette compagnie pour le financement des bandes passantes. « Tout l’argent dépensé a été jeté à l’eau », lance-t-il en se demandant « comment un ministre a pu accepter qu’un milliard de roupies soient gaspillées avec la fermeture de ces compagnies. »
Il constate également que le département légal du CEB, dirigé par un proche du pouvoir, a déjà perdu trois cas. Sans compter que le fonds de pension accuse un déficit de l’ordre de Rs 3 à Rs 4 milliards.
Toujours au chapitre de la transition énergétique, Patrick Assirvaden note que le charbon représente 31,5% du mix énergétique. Alors que les contrats des IPP arrivent à terme en 2029, il se demande ainsi ce que fait le gouvernement pour remplacer le charbon dans la production énergétique.
Il fait comprendre que la construction d’une centrale thermique pour la production énergétique prend au minimum trois ans pour aboutir. « Même si nous avions critiqué les projets de Collendavelloo, il faut déplorer que l’annulation de tout ce qu’il avait fait a coûté plus de Rs 1 milliard. De plus, des millions de roupies sont dépensées aujourd’hui dans les contrats de nettoyage accordés à des proches du pouvoir, alors que la CEB Facilities a été fermée » , s’insurge-t-il.
Un autre dossier relevant du ministère des Utilités publiques a été soulevé, à savoir celui de la Wastewater Management Authority, qui a enregistré des pertes de Rs 1,7 milliard. « Deux projets qui ont nécessité des investissements de Rs 728 millions et Rs 979 millions ont été abandonnés », dit-il.
Il a également attiré l’attention sur le fait que le CEB procède en catimini au remplacement des fils et des colonnes électriques dans la région de Grand-Bassin pour respecter les normes internationales. Ce qui, selon lui, signifie que « les câbles n’étaient pas aux normes » lorsque deux pèlerins sont décédés en début d’année. Il indique que le rapport de l’enquête en cours permettra de démontrer qui a fauté.

