KERSLEY CHOWRIMOOTOO (Enseignant)

L’État, chose si souveraine et puissante, mais cependant si humaine… Il y a des États de droit, de providence mais celui qui nous intéresse aujourd’hui est celui d’urgence. En effet,

KERSLEY CHOWRIMOOTOO

crise sanitaire oblige, l’état d’urgence sanitaire est en vigueur. Thomas Hobbes décrit dans « Le Léviathan », que l’État est comme un mal nécessaire, une créature puissante qui garantit la coexistence des humains. On lui sacrifie certains de nos droits et en retour il nous protège. Un genre de pacte appelé Contrat social. Où veux-je en venir ? Aujourd’hui on me demande d’une certaine manière de sacrifier mon droit à ne pas me faire vacciner au regard de mon travail. Je suis éducateur dans le primaire et on parle de vaccin obligatoire pour accéder au lieu de travail. Quelle aubaine que cet état d’urgence sanitaire soit prolongé jusqu’à fin juin ; ainsi, davantage de mes droits pourront être prélevés… Pour comprendre le « contrat social », il faut éplucher la Constitution, et notre système libère de jeunes adultes dans la société sans leur enseigner cela. Notre système d’éducation est tellement unique et en phase avec notre mentalité.

Dans mon école, par exemple, il y a 80 membres du personnel pour 1000 élèves. Et ce sont les 80 qui doivent se faire vacciner pour protéger les 1000 autres. Mais ces chers bouts de chou ont aussi des parents et grands-parents, qui travaillent et voyagent. Dans ce cas pourquoi ne pas envisager la problématique sous un autre angle ? Je ne vous demande pas d’envisager de risquer la vie de nos enfants ! Pourquoi ne demande-t-on pas que les parents ou adultes qui s’occupent des enfants se fassent vacciner d’abord pour que les écoles acceptent de laisser entrer les enfants ? Vous me direz peut-être qu’il va manquer de vaccins ! Dans ce cas, ne précipitons-nous pas les choses ? Mais bon, n’oublions pas que le virus est là et qu’on n’a pas besoin de distanciation sociale dans le bus… mais que tel est le cas dans d’autres endroits.

N’oublions pas non plus, que notre système d’éducation est tellement avancé qu’on a fait passer des examens à nos enfants pendant une crise sanitaire – comme quoi on est des obsédés du résultat! Déception et dégoût sont les mots qui me viennent en tête aujourd’hui car les fonctionnaires constituent non seulement un bassin électoral mais aussi un bassin dans lequel puiser pour augmenter le pourcentage de gens vaccinés. Dommage que ces 60 % de vaccinés aux Seychelles n’aient pas atteint cette immunité collective…