Le ministre de la Fonction publique, Raj Pentiah, a cité les statistiques, à l’effet que 80% des victimes de violence domestiques sont des femmes. Ce qui implique également, que les 20% restants sont probablement des hommes et des enfants. Le Domestic Abuse Bill ne se limite pas à la protection des victimes, mais concerne le type de société que nous voulons construire. Le gouvernement ne se contente pas de faire une réforme, mais est en train de construire une société plus juste », a-t-il fait ressortir.
Il a ajouté qu’une loi peut faire des provisions, mais qu’elles ne seront appliquées seulement s’il y a des officiers sensibles et responsables au sein des institutions publiques.
« Une victime trouvant enfin le courage de parler ne doit pas se confronter à la bureaucratie. Elle ne doit pas être ballotée de bureau en bureau et raconter la même histoire à chaque fois. Elle a besoin d’empathie, de réaction et de protection », dit-il.
Il a mis l’accent sur la formation en faveur des officiers impliqués, soit les Family Protection Officers, Probation Officers, Police Officers, Court Officers et Medical and Educational Officers, entre autres. « Mon ministère s’engage à assurer la formation et le renforcement des capacités de tous ces officiers afin d’assurer l’implémentation de la nouvelle loi », rassure-t-il.
Raj Pentiah estime que la protection des familles ne se limite pas aux dossiers, mais concerne des personnes. « Les institutions sont là pour servir les citoyens, avec professionnalisme, compassion et intégrité. C’est cela la philosophie de la réforme holistique que le gouvernement veut apporter », ajoute-t-il.
« La violence domestique n’est pas une atteinte sur une personne en isolement, mais une atteinte à notre tissu social. Chaque acte de violence ne détruit pas seulement une famille, mais notre société elle-même. Elle affecte la santé publique, l’éducation, la santé mentale et la cohésion sociale et laisse des cicatrices profondes sur les victimes », estime-t-il.
Raj Pentiah a également attiré l’attention sur le fait que la violence domestique puisse engendrer un cycle de violence au fil des générations. Voilà pourquoi le gouvernement a décidé d’agir fermement et avec détermination. Le progrès, a-t-il déclaré, ne se limite pas à la transformation technologique, mais se mesure au respect envers les citoyens, en la confiance placée dans les institutions. Le projet de loi, a ajouté le ministre, vient aussi rappeler que la violence ne surgit pas du jour au lendemain. « Elle commence avec le manque de respect, l’intolérance, le contrôle, l’humiliation. »
Le Domestic Abuse Bill, a-t-il poursuivi, ne protège pas seulement les victimes d’aujourd’hui, mais aussi, celles de demain, en cassant le cycle de la violence. « Si nous voulons prévenir la violence domestique, il faut promouvoir une culture de respect mutuel, de dialogue, de responsabilité et d’égalité. »
Raj Pentiah a également évoqué le pouvoir aux magistrats afin d’agir pour aider à réhabiliter et à reconstruire les familles, citant un exemple, lorsqu’il siégeait à la Cour de district de Flacq. Il a élaboré également sur le rôle de la famille, de l’école et des institutions publiques. « Si nous voulons éradiquer les abus, toutes ces institutions doivent envoyer le même message. Que la violence est inacceptable et non-négociable. Chaque être humain a droit à la dignité. »
Il s’est dit convaincu que les enfants et les adolescents doivent être sensibilisés sur l’égalité et les conséquences de la violation des droits d’autrui. Ceux-ci a-t-il ajouté, pourront contribuer à construire une nouvelle société. Le véritable progrès d’une nation, a-t-il conclu, ne se limite pas à son développement économique, mais se mesure aussi par sa capacité à défendre la dignité humaine.

