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Rama Sithanen (ex-ministre des Finances) : « Un effort supplémentaire du GM en faveur de ceux au bas de l’échelle »

Dans une interview accordée au Mauricien cette semaine, Rama Sithanen passe en revue la situation économique. Il considère que l’inflation est l’ennemi No 1 de la population et constitue « une taxe punitive sur les salariés se trouvant au bas de l’échelle car le taux moyen de l’inflation ne reflète pas la réalité de la cherté de la vie pour eux ». Il se dit convaincu que « le gouvernement doit faire un effort supplémentaire pour ceux au bas de l’échelle ».

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Nous nous rencontrons au lendemain de la décision gouvernementale d’accorder une compensation générale de Rs 1 000 Across the Board à tous les employés mauriciens. Est-ce que le gouvernement dispose de l’espace fiscal nécessaire pour le faire ?
La compensation salariale est déterminée par le taux d’inflation qui est estimé à 10,7%. L’inflation affecte tout le monde mais d’une façon inégale. Le poids du panier de la consommation varie selon le niveau des salaires. L’inflation peut être de 10,7% pour l’ensemble de la population.
Toutefois ceux qui sont au bas de l’échelle avec un salaire minimum et qui touchent jusqu’à Rs 25 000 par mois consacrent une part très élevée de leurs revenus aux items figurant dans le panier de la ménagère. Pour cette catégorie de personnes, le taux d’inflation peut tourner autour de 20%. Ce qui nous amène à dire que l’inflation est une taxe punitive sur les salariés se trouvant au bas de l’échelle car le taux moyen de l’inflation ne reflète pas la réalité de la cherté de la vie pour eux.

La compensation de Rs 1 000 peut paraître élevée en terme absolu. Mais en termes réels, elle ne compense pas la perte du pouvoir d’achat estimée à plus de Rs 3 000 pour une corbeille ménagère moyenne. Donc plusieurs seront plus pauvres en pouvoir d’achat. Il est bon que le gouvernement ait réalisé que la classe moyenne a beaucoup souffert et a accordé la compensation à tous les employés touchés par l’inflation sans fixer de plafond. Je note cependant qu’une catégorie de nos citoyens vulnérables qui sont les pensionnés n’aura pas droit à cette augmentation de Rs 1 000. Eux aussi sont terriblement affectés par l’inflation élevée. Peut-être dans le prochain budget.

Nous comprenons la situation difficile dans laquelle le pays se trouve. Beaucoup de pays font un effort additionnel pour ceux au bas de l’échelle salariale et qui sont plus vulnérables parce qu’ils sont plus affectés par l’inflation et l’augmentation des prix des produits alimentaires et pour ceux de la classe moyenne touchés par le prix des produits énergétiques.

Je pense que le gouvernement aurait pu faire un effort supplémentaire pour eux parce que le panier est plus élevé pour eux. Il devrait accorder une compensation de Rs 1 500 pour ceux touchant jusqu’à Rs 25 000 par mois. Et une réduction des prix des carburants pour la classe moyenne.

À quoi attribuez-vous la hausse du taux d’inflation. On parle de la hausse des produits énergétiques mais aussi de la dépréciation de la roupie…
Soyons honnêtes et lucides. Une bonne partie de l’inflation est importée. Il y a eu la pandémie de Covid-19 et une dislocation dans les chaînes d’approvisionnement. Le fret et les prix des produits alimentaires ont augmenté. Ils ont commencé à baisser. C’est le cas pour les prix des produits pétroliers. Le gros de nos importations est constitué de produits alimentaires et pétroliers.

La guerre en Ukraine est venue aggraver la situation, surtout pour le prix du gaz. Il faut aussi reconnaître que le gouvernement s’est tiré une balle dans le pied il y a quelques années et que l’effet se fait sentir aujourd’hui.

De quelle balle parlez-vous ?
Le gouvernement a pris Rs 156 milliards de la Banque Centrale. Nous savons tous quel est son effet économique. Il l’avait fait pour financer le budget et créer la Mauritius Investment Corporation Limited (MIC). Ce qui a provoqué la dépréciation de la roupie et a accéléré l’inflation. Qui sème le vent récolte la tempête. On paie aujourd’hui très cher cette monétisation du déficit budgétaire en confisquant les réserves de la Banque de Maurice. Et aussi en confisquant les réserves des certaines compagnies étatiques.

Je pense aussi que la Banque Centrale a trop tardé à réagir et à juguler l’inflation. Beaucoup de pays, que ce soit l’Inde, l’Indonésie, ont été confrontés au même problème et ont commencé à augmenter le taux d’intérêt plus tôt pour combattre l’inflation. Il n’y a que deux armes dont dispose la Banque centrale pour le faire : l’augmentation du taux d’intérêt et le Quantitative Tightening. Certains pays ont introduit des mesures pour enlever la liquidité du marché. La BoM a trop tardé pour réagir et a pris son temps pour rajuster à la hausse le taux d’intérêt.

Revenons sur les Rs 156 milliards de la BoM, décision qui fait débat. Or le gouvernement et la BoM soutiennent le fait que l’octroi de ce montant a permis d’aider les entreprises et le pays à traverser la crise provoquée par le Covid-19 et à éviter une crise sociale. Qu’en pensez-vous ?

Nous sommes d’accord qu’il fallait soutenir les entreprises. La question est de savoir si le gouvernement a eu raison de le faire à travers la Banque Centrale et si la MIC devait aider toutes ces entreprises donc certaines sont des  zombies  et investir dans toutes sortes d’activités avec de gros risques. On aurait dû créer un Special Purpose Vehicle (SPV) dans lequel auraient contribué la Banque Centrale, le gouvernement et les banques commerciales dans une stratégie de Fair Burden Sharing.

Ensuite, le montant a été beaucoup trop élevé. Rs 40 milliards ont été parquées dans des Special Funds. La MIC dispose de Rs 80 milliards utilisées souvent pour des financements qui n’ont rien à voir avec son Scope of Intervention. Dans plusieurs pays, cette initiative a été laissée aux banques commerciales.

Le gouvernement aurait dû intervenir dans le but d’assurer un Sharing of Risks. C’est-à-dire que seulement une partie des risques aurait été garantie par le gouvernement. Et il aurait dû utiliser la SIC ou le DBM. Ce n’est absolument pas le rôle de la Banque Centrale de le faire avec pour résultat qu’elle ne peut pas aujourd’hui accomplir sa mission première qui est la bonne conduite de la politique monétaire. Nous payons le prix d’une erreur stratégique. La Banque Centrale n’a pas les moyens financiers pour accomplir sa mission. Son capital économique a été érodé complètement et elle emprunte massivement en devises pour alimenter le marché.

Je répète qu’il fallait donner un soutien mais je ne suis pas certain que la façon dont cela a été effectué a été la bonne décision. Le montant débloqué était beaucoup trop élevé. Ce qui a contribué à provoquer l’inflation et la dépréciation, en sus de la guerre en Ukraine et du Covid.

Est-ce que c’est la faute de la Banque cCntrale ou du gouvernement ?
Il est clair que le gouvernement a donné des instructions. C’est vrai qu’il n’y a jamais eu une banque centrale pleinement indépendante. Il faut une coordination, une coopération, un alignement et une cohérence entre la politique monétaire et la politique fiscale. Le BoM et le ministère des Finances doivent travaillent en tandem. Cependant, jamais auparavant la BoM n’était devenue une extension du ministère des Finances.

Aujourd’hui la Banque Centrale a perdu sa crédibilité et n’a pas les moyens de conduire an effective and efficient monetary policy. Nous savons que son rôle est de combattre l’inflation et de défendre la roupie. Elle doit également éponger l’excès de liquidité sur le marché. Elle doit avoir les moyens pour le faire. Or le capital économique de la Banque Centrale a été complètement érodé. Aujourd’hui la valeur des avoirs de la MIC est en baisse parce que le taux d’intérêt est en hausse. La BoM se retrouve dans une situation affaiblie et doit emprunter sur le marché international.

De plus, elle oblige les banques commerciales à transférer leurs devises à la Banque Centrale à la fin du mois pour les leur rendre par la suite. Elle se retrouve dans une position cornélienne où elle a deux options : soit, elle augmente le taux d’intérêt pour combattre l’inflation avec les conséquences qu’on connaît. Elle devra tenir compte du différentiel entre le taux d’intérêt à Maurice et celui des États-Unis qui est trop élevé. Les opérateurs préfèrent placer leurs fonds en dollars en dehors de Maurice au lieu de venir ici. Sur le plan local, le taux d’intérêt réel est trop bas parce que l’inflation est trop élevée.
Cependant, la hausse des taux d’intérêt créera beaucoup de problèmes pour ceux qui sont endettés, y compris les entreprises et le gouvernement qui ont des dettes très élevées. L’autre possibilité consiste à laisser la roupie se déprécier considérablement comme Adjustment Factor. Choisir entre le Devil et le Deep Blue Sea.

On parle souvent de manque de devises. D’où vient le problème ?
Cette situation se poursuivra parce qu’on a un déficit structurel dans la balance extérieure. Nous ne disposons pas de suffisamment de rentrée en devises pour compenser notre déficit extérieur très élevé. Le déficit de la balance commerciale sera pour la première fois à hauteur de 35% du PIB. Le déficit du compte courant sera de 15% du PIB. Le déficit de la balance des paiements, qui est généralement en surplus, était à Rs 20 milliards durant les six premiers mois de 2022. C’est simplement insoutenable.

C’est vrai que nous sommes en partie victimes de la situation internationale. La situation risque d’empirer avec une récession alors que certains de nos partenaires sont déjà en récession. La grande question est la durée et la profondeur de la récession. Nous avons une économie très ouverte et donc dépendant de l’environnement international. Je suis heureux que le tourisme ait rebondi. Le million d’arrivées touristiques sera atteint à la fin de l’année. Il est bon aussi que les touristes dépensent davantage à Maurice.

Trois choses ont joué en notre faveur. Il y a bien entendu l’ouverture des frontières. Nous avons réussi à mettre en place le nombre de sièges au niveau aérien à travers Air Mauritius et les autres compagnies aériennes. Les gens ont économisé pendant la pandémie et ont des Savings. Il y a également ce qu’on appelle le Revenge Tourism. La grande question est de savoir ce qui se passera à partir de 2023 si nous avions une récession dans nos principaux marchés, c’est-à-dire l’Europe dont la Grande-Bretagne. Et si l’inflation réduit l’épargne des personnes et affecte leur niveau de vie. Il y a aussi de la spéculation contre la roupie.

Puisque vous parlez de l’affaiblissement de la Banque de Maurice, faudrait-il une recapitalisation de la banque comme cela a été le cas dans le passé ?
Le gouvernement est obligé de recapitaliser la Banque Centrale afin de lui donner les moyens « to carry out effectively and efficiently monetary policy ». C’est-à-dire combattre l’inflation, enlever les excès de liquidité sur le marché et assurer la stabilité dans le système. Il y a unanimité parmi les acteurs internationaux, que ce soit le FMI, Moody’s et les économistes mauriciens qu’il faut donner les moyens à la Banque Centrale. Il faut la recapitaliser, la BoM doit cesser d’imprimer de l’argent pour financer le déficit du gouvernement, elle doit Offload la MIC dans une autre structure et la BOM doit se concentrer sur la politique monétaire car l’ennemi no 1 de la population est l’inflation qui ronge le pouvoir d’achat. C’est une taxe contre les pauvres.

On s’attend à un Peaking de l’inflation en 2023 mais elle va rester très élevée, passant de 10,9% à 6% ou 7% . Il ne faut pas croire toutefois qu’avec une baisse du taux d’inflation les prix vont baisser. Ce qui se passe, c’est que les prix augmenteront moins vite qu’avant mais seront suffisamment élevés pour peser lourd sur les budgets des personnes au bas de l’échelle. D’où l’importance d’une coordination entre la politique monétaire et la politique fiscale afin de s’assurer que l’inflation est sous contrôle, surtout dans les dangereux Second Round Effects. Nous risquons alors d’entrer dans un cercle vicieux.

La crainte avec l’inflation est que les travailleurs vont réclamer des augmentations de salaires pour être compensés. Et les entreprises vont augmenter leurs prix après. Ce qui nous entraîne dans un cycle infernal qu’il faut à tout prix rompre.

Malgré toutes vos appréhensions, la croissance économique pour cette année est estimée à 7,2% et de l’ordre de 5% l’année prochaine…

C’est bien. Mais il faut le mettre dans son contexte et ne pas Spin trop cette croissance. Il y a d’abord l’effet de base. Après une contraction de 15% en 2020 et une très timide croissance de 3,7% en 2021, on s’attendait à une reprise plus forte en 2022 avec l’ouverture des frontières et le Bounce Back du tourisme. Trois observations.

C’est absolument faux de dire qu’en 2022 le PIB sera plus élevé qu’en 2019 parce que le PIB est calculé en termes réels. Avec une contraction de 15% en 2020, une croissance de 3,7% en 2021 et une croissance annoncée de 7% en 2022 , nous sommes toujours avec un PIB inférieur à celui de 2019. Le PIB en termes réels sera inférieur en 2022 par rapport à 2019 par environ 5%. Nous n’atteindrons le niveau de 2019 qu’en 2023. En dollar, nous sommes 15% moins qu’en 2019. C’est cela la vérité.

Ensuite, la croissance en 2022 est essentiellement Tourism Driven. De 180 000 en 2021 à un million en 2022, le calcul est vite fait. La croissance est très déséquilibrée, Very Uneven. Sur les dix secteurs analysés par le Bureau des Statistiques, neuf font moins bien en 2022 que l’année dernière. Seul le tourisme connaît une croissance très élevée sur une base faible en 2021.

Enfin les Maldives et les Seychelles ont un taux de récupération beaucoup plus élevé que nous. Les deux ont déjà dépassé leur niveau de 2019. Avec un million de touristes, nous serons à 72% de nos arrivées de 2019.
Je note aussi que le Forecast du FMI et la MCB sont plus près de 6,6% que le 7,2 % de Statistics Mauritius. Nous verrons si le ministère des Finances va jouer avec l’item Taxes Net of Subsidies pour augmenter la croissance. La différence entre “GDP at market prices” et “GVA at basic prices”.

Quelles sont vos appréhensions au niveau économique pour le pays ?
Nous avons déjà des problèmes structurels. La pandémie et la guerre les ont amplifiés. Le déficit budgétaire et la dette sont trop élevés et insoutenables. Le déficit extérieur est extrêmement élevé. Il y a un exode de nos meilleurs talents. La population vieillit et maintenant elle commence à baisser. Le système éducatif et de formation ne produit pas ce dont l’économie a besoin en capital humain. Nous avons un système de pension insoutenable. Maintenant il y a aussi des problèmes conjoncturels.

2023 sera très compliquée avec un contexte international difficile : l’inflation qui est élevée, la crise énergétique qui perdure, les taux d’intérêt qui grimpent, le dollar qui s’apprécie, la dette qui est insoutenable, la marge fiscale réduite, la difficile transition énergétique pour le pays, et les risques de récession avec ses effets sur notre tourisme, notre EPZ et les FDI.
Notre économie est malade et il faut la soigner pour éviter qu’elle entre à l’ ICU. Il faut à tout prix éviter une crise économique comme beaucoup de pays le subissent actuellement même s’ils ont bien fait dans le passé comme le Ghana et le Sri Lanka. Et éviter que the Men and Women in Black ne viennent imposer des conditions difficiles pour notre population comme cela se fait au Ghana et au Sri Lanka. Et ailleurs.

Il y a des risques d’un nouveau Downgrade par Moody’s. Si nous insistons de ne pas dire la vérité à la population et que nous continuons à Doctor les chiffres, le gouvernement se fera du tort à lui-même. Le pays entrerait dans une crise si les décisions appropriées ne sont pas prises. Je ne dis pas cela de gaieté de cœur. Il nous faut éviter que les représentants du FMI ne viennent diriger le pays.

The writings are on the wall, si on lit entre les lignes. Le FMI et Moody’s le disent également ainsi que des économistes mauriciens. Le secteur privé a peur de le dire en public « parski sakenn pe rod so bout ek gouvernman ».

Si nous ne faisons pas la consolidation fiscale en maîtrisant les dépenses et faisons les recettes en devises entrer dans le pays, si nous ne renversons pas la situation dramatique de notre balance extérieure et ne faisons pas les réformes structurelles et dynamisons l’économie et créons plus de piliers économiques, nous nous acheminons vers une crise économique d’ici quatre à cinq ans. Nous l’avons connu dans le passé. Tous les indicateurs sont là. J’espère sincèrement avoir tort.

Que devrait-on faire ?
Il y a des mesures qui doivent être prises à court terme et d’autres à long terme. A court terme, la Banque Centrale n’a pas d’autre choix que d’augmenter le taux d’intérêt pour combattre l’inflation même si c’est douloureux. Il faudra toutefois que le gouvernement lui donne les moyens afin de mener sa politique monétaire. Au risque de me répéter. Capitaliser la Banque Centrale et Offload la MIC de son Balance Sheet. Le gouvernement devra maîtriser les dépenses et réduire les dettes. Je ne sais si c’est le même gouvernement qui reviendra ou si un autre gouvernement sera au pouvoir. Dans le deuxième scénario, il y a aura un State of the Economy pour étaler toute la vérité.

Il faudra résoudre les problèmes structurels. Notre productivité est trop faible. Nous ne sommes pas suffisamment compétitifs. Il nous faut investir dans l’éducation, dans la formation, dans l’économie digitale et la technologie, dans la transition écologique. Ce sont des thèmes transversaux. Il y a trop d’écart entre the Rhetoric and the Actions. Il faut faire ce que nous disons.

Dans le discours du budget, le ministre affirme qu’il faut mettre l’accent sur la sécurité alimentaire. Cela ne se fait pas parce que les terres sont converties pour être consacrées à d’autres fins. Nous parlons de transition énergétique. Or, notre part d’énergie renouvelable dans le bouquet énergétique est encore faible. Si nous enlevons la bagasse qui est là depuis longtemps, nous verrons qu’il y a eu très peu de progrès. Il faut diversifier la base économique du pays.

Depuis l’introduction de l’industrie des services financiers, il n’y a pas eu de nouveau secteur à part l’IRS. Nous parlons d’économie bleue et verte, de stratégie africaine, de diversification du marché, de pharmaceutique et biotechnologie. Mais pas grand-chose n’a été effectué. En réalité, il nous faut tout faire pour augmenter nos exportations en biens et services. Il nous faut diversifier notre marché touristique et réduire notre dépendance sur l’Europe. Augmenter la production locale pour améliorer la sécurité alimentaire. Entamer la transition énergétique avec une augmentation des énergies renouvelables et une efficacité énergétique pour baisser la demande.

Il faut reconnaître que la caisse est vide mais on ne dit pas à la population que la situation est difficile. Que la Banque Centrale a érodé tout son capital économique. Il nous faut revoir trois galimatias, soit le premier, c’est le prix de l’essence. Une bonne partie de la structure de prix est composée de taxe et de contributions. Au lieu de baisser les prix, on utilise le surplus pour alimenter les fonds de la STC parce que le gouvernement a utilisé tous les fonds de réserves. Maintenant on vient nous dire que cet argent est utilisé pour financer davantage les subsides sur le riz, la farine et le gaz ménager. Demain, on nous dira que le surplus sera utilisé pour payer la compensation salariale ou les pensions.

Nous ne pouvons pas utiliser la structure des prix sur les produits pétroliers pour faire n’importe quoi. Il y a ensuite les Special Funds qui doivent être revus et consolider. Le troisième galimatias, c’est la MIC. Ce fonds est utilisé pour faire n’importe quoi. Même ce qui contraire a ses objectifs initiaux.

Pour terminer, votre pronostic pour la coupe du monde…
J’aime bien le Brésil bien que nous ayons une préférence pour le football anglais. J’aurais souhaité vous une finale avec une équipe européenne face à une équipe de l’Amérique latine. Toujours est-il qu’il y a des leçons à tirer du football, à savoir l’amitié, l’inclusion, la diversité et l’égalité sur le terrain. Et l’esprit d’équipe.

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