RÉFLEXIONS : Kouraz « pa get figir »

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Deux exemples, un même résultat : botter hors du pouvoir ceux qui se croient tout permis et qui font peu de cas que ce soient les citoyens qui fassent les frais.
Le premier épisode s’est joué l’an dernier, dans les rues d’Antananarivo, capitale malgache. Des milliers de jeunes Gasy de la Gen Z n’étaient armés que de leur courage, leur témérité. Encouragés par le ras-le-bol généralisé vécu tant par eux que leurs parents, accentué par un gouvernement mené par l’ancien président Andriy Rajoelina, ils sont parvenus, avec le soutien des militaires, à faire fuir le pouvoir en place.
Scénario quasi identique, la semaine dernière, dans les rues de New Delhi, en Inde. Ce sont cette fois les jeunes Indiens de la Gen Z qui, sous la bannière du Cockroach Janata Party (le parti populaire des cafards, en traduction littérale), ont eu raison du ministre de l’Éducation. Sous la pression de la rue, le politique, sur qui pesaient de lourds soupçons, n’a eu d’autre choix que de “lev pake”. Et ce, malgré un Narendra Modi qui, poussé dans ses derniers retranchements, a eu la même « brillante » idée que l’ancien Premier ministre mauricien, Pravind Jugnauth, de sucrer Internet ! Panik dan baz ! Au final ? Le Cockroach Janata Party a gagné la bataille. Même si la guerre continue.
Les toiles de fond se recoupent : corruption, favoritisme, impunité, crimes en tous genres, mais surtout exploitation de la classe ouvrière. Trop, c’est trop. Les adhérents du Cockroach Janata Party ont expliqué que c’était par boutade, au tout départ, qu’ils avaient choisi le mot cafard. Devenu entre-temps symbole de révolution ! L’humour bien trempé, couplé au courage de ces jeunes – et moins jeunes aussi, qui se sont bien entendu joints au mouvement – force l’admiration. Pour les meilleures raisons.
Parce qu’à force de « traire » le peuple, qu’il soit malgache, indien ou mauricien, au bout du compte, ce qui arrive, quand le vase déborde, ce sont les politiques mal avisés qui encaissent. Le troisième 60-0 de notre histoire l’a prouvé le 11 novembre 2024. Mais depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et un scénario sinon identique, tout au moins aux mêmes relents, pourrait bien se répéter.
Ce vendredi 31, les débats autour du Finance Bill, qui remettent dans le viseur l’énorme polémique autour de la pension, relancent les dés. La Platform Komin Sindikal, après son excellent trailer du 11 juillet, maintient la pression. Dans la périphérie, des individus, à l’instar de Malina, viennent se greffer au mouvement. La rue ne demande, au final, qu’une chose simple : des consultations larges et claires avec les gouvernants du jour. Qu’elle soit écoutée, mais aussi entendue. Car ce qu’elle a à dire n’est pas quantité négligeable. Que ses craintes et doutes reçoivent une oreille attentive, et qu’elle n’ait pas qu’espoir, promesses et annonces creuses en retour. Qu’au bout des échanges – qui doivent avoir lieu si ce gouvernement respecte la liberté et nos valeurs républicaines –, des mesures, des accords, des dispositions claires et concrètes soient engagés. Pour une sortie de crise démocratique.
Et non un semblant d’écoute. Un pseudo-dialogue. Une sympathie populaire feinte. La rue veut du vrai, du sincère, du crédible. Et elle le mérite.
Le courage, c’est aussi tous ceux et celles qui font partie de la grande famille de Prévention, Information et Lutte contre le Sida (PILS). Cette ONG phare du pays commémore, cette année, ses 30 ans d’engagement, d’action et de participation dans la vie active du pays. L’accueil serti d’hypocrisie et de pudibonderie de sa présente campagne axée sur la santé sexuelle, censurée par certains prestataires commerciaux, attriste. Il est triste de penser qu’en 2026, des Mauriciens, pères et mères de famille, pensent qu’il faut cacher des mots, censurer des formules et interdire des expressions, parce que « trop osé ». Plutôt que d’aider nos jeunes à ne pas tomber dans les pièges d’une sexualité débridée – la mission que s’est donné PILS via cette campagne – ces esprits chagrins préfèrent encourager et cultiver la misère sexuelle.
Les meilleures lois pour se protéger des violences, des viols au sein du couple, des abus sur les enfants, entre autres ignominies, sont freinées par de telles attitudes. Le courage, c’est d’affronter nos réalités et protéger nos enfants, en étant francs et directs.

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Husna Ramjanally

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