MARIAM GOPAUL

Ayaan, 2 ans, était un enfant innocent qui ne demandait qu’à vivre, à jouer comme tous les enfants de son âge, à grandir entouré de parents affectueux, dans un cocon familial protecteur.

Mais Ayaan a subi les pires atrocités, il est parti en emportant avec lui le secret de sa souffrance, en poussant son dernier soupir, il a aussi poussé un ouf de soulagement. Il a été libéré de la violence humaine, il n’est plus le souffre-douleur d’adultes irresponsables.

Ayaan était un enfant innocent dans un monde d’adultes coupables, coupables de ne pas l’avoir protégé, de ne pas avoir érigé les garde-fous nécessaires autour des enfants en danger, coupables de ne pas avoir su dépister et dénoncer la détresse de cet enfant et de le retirer des griffes d’un beau-père violent avant que le pire ne soit commis.

Les parents et les futurs parents doivent être éduqués sur leurs devoirs et responsabilités vis-à-vis des enfants. Ils doivent apprendre à gérer leurs pulsions et à ne pas faire des enfants des objets faibles et vulnérables, des « punching balls » sur lesquels ils se croient autorisés à déverser leur trop-plein de colère et de mal-être.

Il est temps de sensibiliser tous les adultes sur leurs responsabilités, voire même leurs obligations, de dénoncer les cas suspects d’enfants à risque, de créer un réseau de « Child Watch » dans toutes les régions, pour s’assurer que tous les enfants de notre entourage soient des enfants bien encadrés, qui s’épanouissent dans un environnement sain. Les cas d’enfants à risque doivent être signalés, afin qu’ils fassent l’objet d’un suivi systématique pour dépister toute négligence, tout abus et toute forme de violence avant que l’irréparable ne soit commis.

L’enfant ne peut pas mettre des mots sur ses maux, il ne peut pas se défendre contre la violence verbale et physique, trop d’enfants souffrent en silence…

2020 tire sa révérence, début 2021, nous allons prendre de bonnes résolutions, prenons la résolution collective d’une société mauricienne qui n’engendra plus d’enfants martyrs.

Ayaan est parti, nous n’avons pas su veiller sur lui.

Il sera le petit ange qui veillera sur nous…sur tous les enfants mauriciens.