La double casquette de Sattar Hajee Abdoula (SBM/Grant Thornton) dénoncée au Kenya
Le groupe kenyan: « He (Sattar Hajee Abdiula) threatened to oversee the collapse of the Pabari Group of Companies unless borrowers paid the loans by May 2022 »
Le Chairman de la SBM Holdings Ltd, Sattar Hajee Abdoula, se retrouve en mauvaise posture avec l’étalage public des dessous de l’affidavit logé devant la High Court du Kenya, à Mombasa, dans le sillage de la Pabari Saga avec un Risky Exposure de l’ordre de Rs 4 milliards au préjudice de la banque d’État. Ces détails sont contenus dans le cadre d’une demande d’injonction initiée par Pabari Group of Companies et B. N Kotecha & Sons Ltd. En effet, de sérieuses allégations ont été formulées à l’effet que ce nominé politique de Lakwizinn du Prime Minister’s Office au niveau de la Holdings de la banque d’Etat s’est personnellement impliqué dans des discussions pour le recouvrement de dettes contractées par Pabari Group of Companies auprès de la SBM Bank en 2017. Avec ce Risky Exposure, la Banque d’État a dû prévoir des créances douteuses (Non-Performing Loans) du même montant au moins.
L’affidavit devant la Haute Cour du Kenya affirme que Sattar Hajee Abdoula aurait rencontré le 9 mars dernier Harshil Kotecha, directeur de B. N Kotecha, et Benson Musili, le Head of Legal du groupe Pabari à Nairobi. « He ( Sattar Hajee Abdoula) threatened to oversee the collapse of the Pabari Group of Companies unless Borrowers paid the loans by May 2022. Those threats are certainly not idle especially given the priviledged position the Defendant (SBM Bank) in the restructuring of KISCOL (a company within the Pabari Group) », lit-on dans ce document légal rédigé au nom de la société kényane.
L’affidavit s’appesantit sur le fait que Sattar Hajee Abdoula, en tant que président de la SBM Holdings Ltd, ne devait pas s’impliquer dans l’exercice quotidien de recouvrement des dettes de la SBM Bank. « He is not to pursue the Defendant’s debtors at a personal level », soutient le groupe Pabari. Les Kényans met également en cause la double casquette de Sattar Hajee Abdoula, soit ses fonctions de Chief Executive Officer de la firme Grant Thornton Mauritius en parallèle avec son rôle de Chairperson de la SBM Holdings Ltd.
« Interestingly, Mr Abdoula, who doubles up as the CEO of Grant Thornton Mauritius, referred or caused the Borrowers’ files to be referred to Grant Thornton Mauritius; the advised or caused Grant Thornton Mauritius to advise the Defendant to commence enforcement action; then came back to the Defendant and commenced that action », rajoute le représentant de Pabari Group of Companies, tentant de mettre en perspective une potentielle situation de conflit d’intérêts.
Cette affaire a en toile de fond le recouvrement des dettes de la société kényane Pabari Group of Companies et ses associés. La SBM Bank avait depuis mars activé des Enforcement Actions contre ces compagnies et leurs directeurs, notamment sur leurs biens. « Further demonstration of the Defendant’s unreasonableness, irrationality, bad faith and vindictiveness is in the threat to take multiple enforcement actions simultaneously », dénoncent les Kényans.
L’entourage de Sattar Hajee Abdoula met en avant que l’équipe légale de Pabari Group avait sollicité une rencontre avec le Chairman de la SBM Holdings Ltd alors que ce dernier se trouvait à Nairobi. On soutient que ce sont les Kényans qui auraient contacté Sattar Hajee Abdoula, et que les négociations se sont portées sur le recouvrement de ces dettes. Au niveau de la SBM Holdings Ltd, on explique qu’après avoir initié une affaire en Cour, on ne serait pas en mesure d’apporter de précisions afin d’éviter toute intergérence avec les procédures, mais que l’institution reste déterminée à explorer toutes les options légales à sa disposition dans le recouvrement de ses dettes et compte prendre les actions qui s’imposent contre ceux qui ont abusé du système pour commettre de graves irrégularités à son encontre.
Mais il semblerait que cette affaire soit devenue en cette fin de semaine le Talk du Banking Sector, notamment en ce qui concerne le statut d’indépendance du Chairperson. Des sources bien informées mettent en relief les Guidelines de la Banque de Maurice à cet effet. « As CEO of Grant Thornton Mauritius, a firm which has been appointed to advise and assist the bank in the recovery of the Pabari debt, the Chairman becomes an advisor of the bank and therefore loses his independence. This triggers a violation of section 50 of the Bank of Mauritius Act and section 100 of the Banking Act which render the Guideline compulsory and binding on banks », fait ressortir un professionnel avisé en lois bancaires.
Affaire à suivre…

