AEL DDS Properties Ltd projette la construction d’un dépôt pétrolier dans la zone industrielle de Baie-aux-Huîtres, à Rodrigues. Le projet, qui fait actuellement l’objet d’une étude d’impact environnemental, vise notamment à accroître la capacité de stockage de carburants de l’île et à réduire sa vulnérabilité face aux perturbations de l’approvisionnement. Le projet est porté par AEL DDS Properties Ltd, qui a soumis une étude d’impact environnemental (EIA) portant sur la mise en place de cette infrastructure sur un terrain de l’État d’une superficie de 4 214 mètres carrés.
Le document indique que le site se trouve à environ 2,7 kilomètres de Port-Mathurin et est destiné au stockage en vrac de gasoil, de mogas et de gaz de pétrole liquéfié (LPG). La Rodrigues Regional Assembly a aussi identifié Baie-aux-Huîtres comme une zone stratégique pour le développement industriel, notamment en raison de l’importance croissante des activités portuaires et de l’approvisionnement en produits essentiels.
Le projet prévoit la construction de sept réservoirs de stockage, chacun d’une capacité de 50 mètres cubes, soit une capacité totale de 350 mètres cubes. Quatre réservoirs seront destinés au gasoil et trois au mogas. Une digue de rétention (bund wall) doit également être aménagée autour des réservoirs afin de servir de confinement secondaire.
Le dépôt comprendra également 15 conteneurs de stockage de bouteilles de LPG, un bâtiment administratif, une salle pour générateur, un point de décantation, des séparateurs eau-huile ainsi qu’un réservoir d’eau de 100 000 litres destiné à la lutte contre les incendies. Deux postes de sécurité, des espaces de stationnement pour voitures, poids lourds et motocyclettes, ainsi que deux entrées et deux sorties sont également prévus.
L’un des principaux arguments avancés en faveur du projet concerne la vulnérabilité de Rodrigues en matière d’approvisionnement énergétique. L’île dépend largement des importations en provenance de Maurice, les produits pétroliers étant acheminés par voie maritime.
Le document rappelle qu’en 2024, Rodrigues a connu une importante pénurie de carburant, attribuée notamment à l’augmentation de la demande, aux capacités de stockage limitées ainsi qu’à des difficultés logistiques et de fret. Cette situation avait affecté la vie quotidienne des habitants, mais également des secteurs comme l’agriculture, la pêche et le tourisme.
Le projet est ainsi présenté comme une réponse destinée à booster la sécurité énergétique de l’île. Une capacité de stockage locale permettrait de constituer des réserves suffisantes et de limiter les risques liés aux retards de transport ou aux conditions météorologiques défavorables.
Le promoteur estime également qu’un dépôt local pourrait contribuer à réduire certains coûts de transport et de manutention liés à l’acheminement du carburant depuis Maurice, avec un potentiel impact sur les dépenses de subvention de la Rodrigues Regional Assembly.
Le projet devrait également générer des emplois, tant pendant la phase de construction qu’une fois le dépôt opérationnel. Des postes dans les domaines de l’ingénierie, de la construction, de la maintenance, de la logistique, de la sécurité et de la gestion sont notamment envisagés.
Selon l’EIA, l’unité de stockage de LPG devrait employer 15 personnes, contre 12 pour l’unité de stockage de carburant. Le document souligne par ailleurs que le développement de l’infrastructure pourrait stimuler la demande pour certains services locaux, notamment le transport et l’hébergement.
La justification du projet s’appuie également sur l’évolution des activités économiques de Rodrigues. Le document relève notamment la progression du nombre de véhicules enregistrés sur l’île, passé de 10 989 en 2014 à 20 475 en 2023. Il fait aussi état de 124 731 visiteurs en 2023.
Avec le développement de l’agriculture, de la pêche et du tourisme, la demande en produits pétroliers devrait continuer à progresser. Le promoteur estime qu’une infrastructure de stockage locale permettrait donc de répondre plus efficacement à cette demande tout en renforçant l’autonomie énergétique de Rodrigues.

