Ce sont là les mots du « héros » de la première vague de la Covid-19 chez nous, le Dr Vasantrao Gujadhur : « Siklonn klass 4 dan nou pei ! » Nous sommes entrés de plein fouet dans la deuxième vague de la pandémie. Ceux (et ils sont nombreux) qui pensaient à tort et qui sous-estimaient les dangers du virus invisible ont, tout comme ceux qui n’ont jamais cessé, une seule minute, de faire preuve de vigilance, pris une gifle magistrale ces derniers jours. Au lieu d’une fête de l’indépendance classique, ce 12 mars restera tristement gravé dans nos mémoires. Parce que nous nous sommes réveillés avec la gueule de bois d’apprendre que le seuil symbolique des 100 cas positifs de Covid-19 allait, en un clin d’œil, être franchie. En moins d’une semaine !

Cette douche glacée, même en plein été, n’est pas du tout agréable. On aurait pu (et dû) avoir évité cela. L’heure étant très, très grave, nous n’allons pas jouer à « à qui la faute », mais plutôt nous serrer les coudes et relever la tête, dans un seul et même élan : c’est là que réside notre salut. Nous ne pouvons pas oublier les dix morts de la première vague. Aussi, il nous est impératif d’agir de manière sérieuse et consciencieuse afin d’éviter toute nouvelle fatalité, autant que possible. Tout le pays, chaque Mauricien, citoyen et politique, doit faire preuve de responsabilité, de solidarité, de bon sens et d’initiative.

Cette deuxième vague, avec surtout la rapidité et le grand nombre de personnes contaminées, accentue la psychose auprès de chacun de nous. Et il convient de ne jamais oublier que nous ne sommes pas du tout tous égaux face au confinement. Pour ceux, justement, qui vivent un calvaire avec cet enfermement imposé, il serait louable que ceux qui peuvent aider, de n’importe quelle façon, tout en respectant évidemment les gestes barrières et en ne transgressant pas les règlements spéciaux en vigueur, de faire preuve d’entre-aide, d’écoute et de soutien. Nul ne prend ce reconfinement comme une période de fête ou d’amusement. Nul, sauf peut-être, et malheureusement, quelques inévitables « cocovid »…

Mais qu’il s’agisse d’écervelés ou de ceux qui trouvent difficile de se plier aux règlements, on souhaite surtout qu’il n’y ait pas de débordements de la part de certains membres de la police, comme cela avait été le cas l’an dernier. Encore une fois, un appel, vibrant et sincère, est fait à tout un chacun, parce que nous sommes tous embarqués dans une (més)aventure dont on voudrait voir vite arriver un dénouement positif. Et pour y arriver, nous devons, chacun, faire preuve de beaucoup de patience, d’écoute, de compréhension, de responsabilité, de résilience et de compassion. Sinon, nous sommes foutus !

La situation étant telle qu’elle est, l’actualité politique, avec les tiraillements récents entre les membres de l’opposition, de même que les scandales, dont la mort intrigante du chef agent orange Soopramanien Kistnen, n’occupent plus (pour le moment) les feux des projecteurs. Néanmoins, le citoyen attend justement de ces autres compatriotes, qu’il s’agisse des politiques de l’opposition comme les avocats du panel des Avengers, qu’ils mettent à profit leurs plateformes d’interventions afin d’agir, cette fois, comme ponts et liaisons auprès de nous tous.

Nous ne sommes qu’au tout début de ce qui s’annonce comme une longue, très dure et très éprouvante période de confinement. Qui sera beaucoup plus difficile que la première. On aurait souhaité ne pas en être arrivés là. Peut-être que cette situation catastrophique agira comme un déclic attendu auprès de ceux qui, hélas, ont baissé la garde, ont fait preuve de relâchement et n’ont pas agi comme des citoyens responsables. Covid-Safe ne veut aucunement dire Covid-Free. Si cela avait été martelé par nos politiques; si les autorités avaient appliqué les lois envers ceux qui ont enfreint les règles sanitaires; si certains n’avaient pas fait preuve de légèreté, se moquant carrément de ceux qui respectaient scrupuleusement les gestes barrières; alors on n’en serait probablement pas là. Cette deuxième vague servira, espérons-le, à garder cela en tête et à ne pas faire preuve de négligence, d’imprudence et d’irresponsabilité.

Souhaitons également, dans la foulée, que des contrats juteux à des petits copains et proches ne seront pas à l’agenda ! Dans son message du 12 mars, Pravind Jugnauth a évoqué une situation économique dramatique… Ce n’est pas le moment pour les arrivistes et opportunistes de tous bords d’en profiter !