CORINNE CAMILLE

Nous naviguons actuellement dans un système de surproduction incitant à la consommation excessive – qui est étroitement liée à l’exploitation, à la pollution et à la dégradation de notre environnement terrestre et marin.

Nous vivons en cette année 2020 une expérience mondiale hors normes : une crise sanitaire qui a levé le voile sur l’illusion pour laisser la place à une crise économique et sociale intense. Beaucoup diront que la crise économique était déjà présente depuis un moment mais que la Covid-19 l’a mise à l’avant-plan et l’a accentuée.

Dans notre quotidien actuel hyper-stressant, nous courons après le temps pour effectuer plusieurs boulots en vue de survivre dans ce système à heures supplémentaires où le coût de la vie ne cesse d’augmenter et où nos droits fondamentaux sont régulièrement bafoués. Nous avons oublié l’essentiel de la vie ainsi que les métiers nécessaires au bon fonctionnement d’une société et les “frontliners”.

Durant toutes les grandes crises sanitaires et les guerres mondiales, les infirmières ont toujours été au chevet des malades ou des blessés. Nous avons vu l’importance des cleaners, des caissières, des éboueurs, des boulangers, des planteurs, des pêcheurs mais qui sont souvent invisibles en temps normal, stigmatisés ou dévalorisés. Ils n’ont pas besoin que des applaudissements après les périodes de crise mais de conditions de travail saines, un salaire décent et des équipements nécessaires pour accomplir leur tâche convenablement. Il importe que leur travail soit valorisé car les employés n’offrent que leurs services, chaque métier étant noble et nécessitant le respect. Nous avons vu au plus bas de l’échelle, les femmes se débrouillant seules pour élever leurs enfants, leur trouver un toit et tout le simple nécessaire malgré les échecs de toutes les procédures officielles depuis plusieurs années en vue de leur permettre d’accéder à un plan logement légal et décent…

Après cette expérience de la Covid-19, reprendre une vie normale dans le même état d’esprit mènerait à plus de dégradation sociale et à une non-préparation à d’éventuelles crises sanitaires et au changement climatique dans un proche avenir.

Étant une île dépendante des autres pays pour nous nourrir, il faut revoir la souveraineté alimentaire en incluant les gens de manière équitable et en encourageant la culture des terres agricoles dans plusieurs régions de l’île. Il convient de développer notre territoire marin et de favoriser la production et la consommation des produits locaux. Tout cela permettrait à ceux qui se retrouvent malheureusement au chômage forcé de pouvoir survivre. Et ce ne serait qu’un début….