Pravind Jugnauth a donc « redéfini » l’expression 24/7. Cela ne veut en effet plus dire 24/24h, de minuit à 23h59, 7/7 jours, du lundi au dimanche. Non, le chef du gouvernement a décidé qu’il y a une (ou plusieurs, allez savoir !) définition(s) à cette expression, dont on a surtout entendu parler via les promesses électorales lancées fin 2014 quand L’Alyans Lepep vantait haut et fort qu’elle assurerait la fourniture d’eau potable 24/7. C’était le super-refrain de celui qui occupait précédemment le fauteuil ministériel des Énergies, “remember” ? Celui à qui il a été demandé de “step down” dans l’enquête autour du scandale de l’affaire St Louis…
Il faut croire qu’on aura été naïf de penser que cette promesse allait se concrétiser sous le mandat de deux régimes successifs MSM/ML ! En réalité, on s’est encore une fois tout bonnement fait berner par des politiques ayant des mots faciles pour nos maux. « Reve mem, mam ! » Et pendant ce temps-là, le béton continue d’envahir notre île… Pour ces immenses chantiers qui fichent tout le pays sens dessus dessous, où les automobilistes sont contraints de zigzaguer sur l’asphalte, là, on n’entend pas nos politiques évoquer de coupures d’eau par contre !
Et parlons-en de nos multiples maux. Alors que la liste ne fait que s’allonger en cette année noire de 2020, face aux doléances populaires, si ce n’est pas carrément la sourde oreille, ce sont à des explications abracadabrantes qu’on a droit ! Prenons le cas des squatteurs. Cela fait cinq bons mois déjà que ces pauvres diables survivent sur des terrains à Pointe-aux-Sables, à Malherbes et à Riambel. Plus de 150 jours que des pères et mères de famille « pe riss diab par lake » afin de subvenir à leurs besoins, et surtout veiller à ce que leurs enfants ne soient pas pénalisés.
Oui, ces familles sont dans l’illégalité ! Oui, ces familles n’avaient pas le droit de venir squatter des terrains de l’État ! Mais l’État avait-il pour autant besoin de « bulldozé » leurs modestes cases et de les réduire à vivre sous des tentes, et ce, dans un hiver des plus rudes, comme l’ont fait ressortir une foule de Mauriciens ? Des citoyens tout aussi patriotes et qui défendent les valeurs républicaines de notre État plus que nos politiques et leurs nominés, qui semblent, à notre sens, être davantage attachés à leurs maroquins, à leur allégeance partisane et à leur « paraître politiquement correct » qu’ils sont soucieux du bien-être de leurs mandants !
Comment peut-on laisser des Mauriciens dormir à la belle étoile aussi longtemps ? De mémoire, il nous semble que c’est la première fois dans l’histoire du pays qu’un gouvernement laisse pourrir une situation aussi longtemps ! Est-ce pour punir ces personnes ? Pourtant, des maisons sont déjà prêtes dans certaines régions de l’île. Est-ce parce que les agendas des ministres, qui n’ont qu’une hâte – soit de bien se faire voir à la télé paillasson nationale et dans certains journaux – ne correspondent pas ? Quel gouvernement peut être à ce point sans cœur ?
Une chose est sûre : c’est tout simplement une politique « dominer » encore une fois ! Oui, quelques familles ont été « shortlisted » pour bénéficier de maisons, étant dûment enregistrées auprès des autorités. Mais quand ? Aucune date spécifique n’a été avancée ! Ces familles auront-elles leur maison en 2020 ou « enn zour dan enn pei » ?
Autres Mauriciens qui souffrent : nos compatriotes du sud-est, région sinistrée dans le sillage de l’échouement du MV Wakashio. Un drame pour toutes ces familles vivant de la mer, où la marée noire a noyé les revenus, aspirations et ambitions légitimes. L’allocation de Rs 10 200 promise par l’État ? Est-ce décent de faire vivre des familles entières avec une somme aussi dérisoire, d’autant qu’aucun projet de relance des activités ni d’études sur l’état de la mer en ces endroits ne sont proposés ! Ces Mauriciens veulent du travail, pas de l’assistanat !
Non, Pravind Jugnauth et son gouvernement n’entendent pas les souffrances du peuple. Ils ont les oreilles scotchées aux demandes de leurs « proches », qui n’ont d’autre intérêt que de se remplir les poches et engraisser leurs comptes bancaires. Quand bien même cela équivaut à laisser mourir le peuple.