Empruntons à Mark Hollis, le défunt leader british de Talk Talk, le titre de l’un de ses tubes les plus emblématiques pour évoquer le climat sociopolitique actuel ! Such a shame, en effet, d’abord de la part de nos politiques, qui n’ont pas su résister à l’irrésistible envie (besoin ?) de se déchirer, de foutre en l’air leur précieuse « entente » auquel beaucoup commençaient à adhérer, malgré leur scepticisme et leur méfiance instinctifs, et qui n’aura donc duré que quelques malheureux jours ! Donnant de ce fait raison à tous ceux (et ils sont nombreux !) ayant crié gare : politicien, un jour, politicaille toujours ! Et de nous livrer leurs affligeantes scènes et paroles hypocrites par médias interposés.

À aucun moment donc la cause citoyenne, l’engagement du peuple qui descend dans les rues depuis juillet 2020, depuis l’appel du Kolektif Konversasion Solider, n’a primé sur leurs ego et desseins individuels ! Le vœu de la nation mauricienne aspirant à une ère nouvelle post-Covid, qui aura ramené les uns et les autres vers nos essentiels, n’a donc aucun prix pour ces politiques ? Ils n’ont à cœur que de se chamailler pour des postes constitutionnels et basta les ambitions d’une génération qui souhaite un nouvel ordre politique local ? Fondé sur les vraies valeurs, un désir commun de construire des lendemains durables et justes, régis par la nature et non le béton. Non, tout cela ne veut rien dire au fond…

Et pour enfoncer le clou, voilà que celui que de nombreux Mauriciens ont pris pour « l’homme providentiel », Bruneau Laurette, a annoncé non seulement qu’il se jetait dans l’arène (ça lui pendait au nez, évidemment), mais qu’il en a après l’électorat de deux partis, très précisément. Pourquoi uniquement le MMM et le PMSD ? Chacun y va de son interprétation…

Le MSM était, le 13 février dernier, « l’ennemi public » de tout le monde ! De tous les partis politiques de l’opposition et des formations modestes, aux citoyens évidemment. Et en un tournemain digne de lui, le leader emblématique mauve, Paul Bérenger, a relégué au second plan les scandales pré et post-Covid du gouvernement MSM, le dossier Angus Road, la mort intrigante de l’agent orange Soopramanien Kistnen, et l’implication de l’ex-ministre Yogida Sawminaden dans l’affaire d’emploi fictif, pour ne citer que ces seuls items ! “Overnight”, un PTr qui était tiraillé de l’intérieur et qui partait en vrille, a été requinqué autour d’un « lion » que beaucoup croyaient dormant.

On est mal barrés ! Ceux qui attendent un renouveau politique peuvent toujours rêver… À une plateforme commune des dits « petits partis », comme Rezistans ek Alternativ, En Avant ! Maurice, de Patrick Belcourt, par exemple, et également le mouvement Mo Ti Zil de Percy Yip Tong, entre autres… Et si Nando Bodha ne cède pas aux sirènes des leaders des partis classiques, à son tour, il pourrait bien être un meneur qui fédère…

Et en parlant de Bodha justement, « shame » sur ceux qui l’ont pris à partie dans un haut lieu de recueillement et de prières comme Grand-Bassin dimanche dernier ! Mélanger religion et politique partisane : quelle honte ! Dieu n’appartient pas aux seuls nantis du pouvoir que l’on sache.

Cette semaine sera marquée par la tenue du Maha Shivaratree et les 53 ans de l’indépendance de notre « tizil » avec, en prélude lundi, la Journée de la Femme. Tant pour le 8 que pour le 12, l’on ne peut que prier, comme le feront, on le devine, les dévots qui marcheront des quatre coins de Maurice jusqu’au Ganga Talao, que nous entendrons de moins en moins de crimes crapuleux contre les femmes, épouses, mères, sœurs… Que les Mauriciennes arrêtent de tomber sous les coups de maris, amants ou autres proches animés de pulsions barbares. Et qu’enfin nos enfants puissent grandir au sein de familles où respect, amour, compréhension et gratitude ne sont pas que de vains mots. « Shame » à tous ces êtres qui tabassent et tuent, et essaient de se rattraper ensuite prétextant la colère, la jalousie…

Ensemble, nous pouvons vaincre ces démons et marcher vers une Maurice meilleure que nous léguerons à nos enfants. Où les enfantillages des monstres de la politique ne seront que de vieux souvenirs enfouis… Nous le devons à nos enfants !