Dr LUTCHMAYAH APPANAH
Dr en droit—Sorbonne/ Sceaux/Paris
D.E.S.S en économie internationale à l’institut d’Études
des relations internationales de Paris—1983/5
Ex-avocat/France/Réunion

Un bref aperçu de la situation

Sans détour, le retour à la ‘normalité’ économique et sociale n’est pas pour demain. Elle peut aussi prendre des années et c’est toujours incertain, mais les graves séquelles (la montée graduelle, voire même brutale du chômage de masse, non seulement technique, mais aussi durable, etc.), vont se manifester – à voir seulement sur un de nos piliers principaux (top sectors) de notre économie : le tourisme. À l’œil nu, les plages sont vides et ce sont des chiens errants qui rôdent. C’est déjà un drame qui va rudement se faire sentir sur le plan des revenus et par ricochet sur la consommation et, in fine, sur la reprise, même interne de la consommation locale. Avec le tourisme déplumé, l’hôtellerie, la restauration et le transport aérien s’en vont et font grise mine.

Quitte ou double

Des mesures de soutien fortes et prolongées sur le plan financier deviennent obligatoires, en attente d’une reprise, même molle et incertaine. Et a contrario, il est impossible de faire autrement que de conserver une politique expansionniste, même si l’envolée de la dette publique est certaine. Mais jusqu’à quand ? Sur quel pied danser ?
Vraiment difficile à dire malgré l’espoir du vaccin pour freiner l’épidémie. Et ici, le pouvoir en exercice n’a malheureusement pas pu respecter la promesse de payer la compensation salariale de Rs 375 aux pensionnés et on voit mal comment il va trouver l’argent sain, Rs 4 à 5 milliards, pour le PRB.

A. Quelques solutions d’urgence, possibles et envisageables

Cette bonne contradiction – à la fois de préserver les vies humaines et en même temps relancer l’économie – sonne creux. Avec la croissance nulle, pour ne pas dire décroissance, la mobilisation des ressources publiques pour éviter la gravité de l’épidémie, en mettant un dispositif financier généreux, se heurte à des limites – il n’y a pas assez d’argent dans les caisses. C’est troublant.
Ceci dit, il est grand temps que toutes les instances du pays (syndicats, l’ensemble du corps politique, entrepreneurs, banques, entre autres) se réunissent pour trouver des solutions, viables et concrètes, même temporaires, jusqu’à ce que l’épidémie disparaisse. Voilà quelques exemples qui peuvent nous éclairer : commençons par la Suisse. Ce pays riche et développé, en pleine période du nouveau coronavirus, a mis en œuvre des Accords de paix – dits accords de travail. Ces accords ont abouti à convaincre une négociation salariale qui a fini par créer une CO-GESTION(patronat/salarié) des entreprises durant la COVID-19.
Par même réduire des salaires pour augmenter la compétitivité, voire la rentabilité des entreprises, pourvoyeuses d’emplois productifs.
Et même Ryanair, mondialement connu sur le plan de l’aviation, a réduit de 20% les salaires des pilotes et prévoit aussi des mesures compensatoires pour tout le personnel, une fois que la ‘normalité’ refera surface et si les futurs résultats deviennent excédentaires. L’île Maurice a tout intérêt à suivre ce courant sauveur suivant ses sensibilités.

La sonnette d’alarme

L’urgence pour nous, Mauriciens/Mauriciennes, c’est de mettre en œuvre et promulguer une loi d’urgence économique comme celle d’urgence sanitaire, ces derniers temps, satisfaisante. Il faut à tout prix VACCINER la Culture économique des Mauriciens, car, au quotidien, on aperçoit la montée d’une INCULTURE économique au profit d’une culture politique sensationnelle, pour créer de la Croissance économique, seul vaccin pour sauver le pays et ses générations car « La crise du VENTRE (manque de nourriture/la faim…) qui frappe sans pitié n’est pas loin de notre porte d’entrée ».