L’Office of the Director of Public Prosecutions (ODPP) persiste et signe dans l’enquête sur l’octroi en mode express d’un passeport au trafiquant de drogue, Mike Brasse. Ainsi, le Central CID devra entendre un surintendant de police qui avait travaillé sur l’affaire de passeport octroyé au trafiquant de drogue Mike Brasse avec l’intervention alléguée de l’ancien commissaire de police, Karl Mario Nobin. Il se révèle que ce haut gradé n’aurait pas pris en compte certains éléments contre l’ex-CP avant que le dossier n’atterrisse au bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP). Ce SP ne se serait basé que sur le processus établi pour l’octroi d’un passeport à une personne qui a égaré ce document. Ainsi, un commissaire de police peut donner des directives au responsable du Passport and Immigration Office (PIO), lui demandant de faire une vérification sur le “background” du demandeur avant de lui remettre un passeport.

Au cours de son enquête, le haut gradé s’est appuyé sur le fait que Mike Brasse n’avait aucun passeport en sa possession lors de son arrestation à l’île de La Réunion en novembre 2016. Mais les enquêteurs ont minimisé la version de l’ASP Narendra Kumar Boodram, qui avait évoqué les appels du bureau du commissaire de police sur son portable avec des instructions : « Monn dir li vinn laba (au PIO). Fer li gagn so passpor. » En temps normal, le processus de vérification prend entre deux et trois mois. Sauf que dans ce cas particulier, un “restrictive passport” avait été remis à Mike Brasse le 17 septembre 2016, soit deux jours après l’appel du bureau du CP.

Le trafiquant présumé s’était rendu à l’île sœur une première fois le même jour avant de revenir quelques jours plus tard. Son départ était supposément lié aux démarches afin de ramener son embarcation à Maurice. En dépit du fait qu’il a eu un “restrictive passport”, il a quitté clandestinement le pays pour l’île de La Réunion le 11 novembre 2016 lorsqu’il a été arrêté pour trafic de 42 kg d’héroïne.

Par ailleurs, le CCID devra écouter une nouvelle fois l’ASP Boodhram, qui avait été muté à la Southern Division durant cette enquête l’année dernière. Il avait dû rendre son portable au “store department” de la police, n’étant plus en charge du PIO. Or, le téléphone portable n’a pas fait l’objet d’un décryptage qui pouvait confirmer l’appel de Karl Mario Nobin en septembre. L’officer-in-Charge du PIO avait donné moult détails à l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) sur toute cette affaire, alors qu’étrangement le CCID n’avait pris qu’un simple statement. En plus, aucun document relatif à l’affaire Brasse n’a été vérifié au bureau du PIO.

Une source avance que c’est un CP qui doit donner son feu vert pour qu’un enquêteur puisse examiner un tel document au PIO. Sauf que l’année dernière, Mario Nobin était toujours en poste. En plus, le CCID n’a jamais fait une telle demande. Une convocation de l’ex-CP Nobin n’est pas à écarter, même si aucune source au CCID n’a voulu donner plus de précisions sur le Timing à ce stade.