Monique Dinan

Les 6 défis à relever 

1.Trop peu de bébés en notre République

2.Sans les hommes pas de bébé … besoin d’avoir des papas bien préparés.

3.Essentielle préparation des jeunes à la grossesse et à l’accouchement ; grossesses précoces.

4.Dans quelles familles vont naître nos enfants ? De moins en moins de mariages ; de plus en plus de divorces …

5.Trop de césariennes en notre République – un problème chronique. Décès en hausse des bébés de moins d’un an.

6. « 2021 : Année de la famille »: au travail pour agrandir nos familles

1.Trop peu de bébés en notre République

Un constat pour commencer : dans notre monde moderne les humains sont de plus en plus soucieux de sauvegarder les espèces animales et végétales en voie de disparition, mais …  l’espèce humaine a amorcé un comportement de stagnation, sinon de diminution. Les couples ne veulent plus avoir beaucoup d’enfants.

D’une part, ces enfants leur coûteront cher à élever et à éduquer…                      

D’autre part, les parents ont tous deux d’autres centres d’intérêt en dehors de leur vie de famille.

Maurice est le seul pays du continent africain à ne pas atteindre le seuil de renouvellement de 2,1 enfants par femme. Trois enfants, c’est déjà l’exception, surtout dans les familles de la classe aisée. Le taux de fécondité est en baisse depuis de longues années : de 28 par 1000 en 1971 à  10 par 1000 en 2020. La croissance de la population est à 0%. Les chiffres crient haut et fort à quel point les Mauriciennes donnent naissance à moins d’enfants que par le passé : les 22 600 naissances en 1990 sont passées à 12 862 en 2019.

La projection pour la population mauricienne totale en 2024 est égale à 1 261 884.

Malgré les méfaits de la pandémie de la COVID-19 qui, espérons-le, sera contrôlée grâce aux vaccins cette réflexion sur l’importance du rajeunissement de notre population reste d’actualité.

Nous avons plus que jamais besoin de familles stables pour accueillir les bébés et leur offrir une qualité de vie où ils se sentent acceptés, en retour de quoi cette jeunesse apportera une nouvelle vitalité à notre pays menacé par le vieillissement. C’est la planche de salut aux défis démographiques qui nous guettent. Ce sera aussi le moyen de réduire le nombre de travailleurs immigrés qui viennent s’exiler chez nous pour faire marcher notre économie, mais font en  même temps partir nos précieuses roupies pour l’étranger.

Restons toutefois positifs tout au long de cette série d’articles qui vont passer en revue le bilan actuel.

Voyons d’abord le tableau de la population mauricienne répartie selon les groupes d’âge :

•Les 0-14 ans représentent 17,3 % de la population du pays

•Les 15-64  ans – la population active qui peut travailler – représentent 70,7 % de la population du pays

•Les plus de 65 ans sont 12,5 %

Ces quelques relevés puisés du rapport établi par Statistics Mauritius révèlent une situation qui mérite des prises de position fermes. La présentation des chiffres comparatifs n’a pas pour but de venir ternir les services mauriciens des trois ministères de la Famille, de la Santé et de la Sécurité sociale qui travaillent auprès des femmes enceintes et des enfants nouveau-nés, mais vient souligner une fois de plus l’urgent problème associé au vieillissement de la population : « … there has been a decline in the proportion of children in the age group 1-14 while the proportion of old persons aged 60 and above has increased steadily… ageing will affect pension schemes and there will be increasing demand on health care ».

S’il faut un rajeunissement de notre population, constatons tout d’abord que notre République peut être fière de voir progresser d’année en année le nombre de ses pensionnés et de ses centenaires, quelque 237 025 bénéficiaires, dont 167 centenaires, c’est une preuve évidente de la bonne démocratie de notre pays où  l’État, les familles et les associations qui les ciblent ont fait de leur mieux pour promouvoir le bien-être et la bonne santé de nos aînés au cours des récentes décennies.

Toutefois, les personnes âgées deviennent de plus en plus dépendantes et nécessitent tout un accompagnement qui implique des dépenses. Les femmes vivent plus longtemps que les hommes. Il faut que les familles, d’une part, et l’État, d’autre part, trouvent de l’argent pour encadrer au mieux les dernières années de leur vie. Une pension mensuelle est versée à tous les Mauriciens  de plus de 60 ans, ce qui est normal car les plus fortunés parmi eux continuent à payer les taxes imposées selon les sources de revenus.

Les visites médicales aux personnes âgées coûtent à l’État quelque 150 millions annuellement, les médecins étant payés Rs 610 par visite.

Plus d’argent doit donc être trouvé pour ouvrir plus de maisons de retraite, pour trouver un personnel qualifié et bien encadré pour travailler dans ces maisons.

C’est à cette génération de nos aînés que nous devons le développement exceptionnel qu’a connu notre République pour commencer le 21e siècle comme le premier pays d’Afrique connu pour son développement économique dans un climat de paix sociale.

Que fera de notre pays la génération actuelle des 15 à  64 ans qui représente 70,7% de notre population, mais dont le nombre va en décroissant?

Combien d’enfants sont nés hors mariage ?

Le nombre de divorces va en augmentant…

Cette série d’articles a pour but d’ouvrir un débat pour que des solutions soient trouvées au trop petit nombre de naissances. Il est essentiel de garder à notre République tout le dynamisme dont elle a besoin pour se construire.