MONIQUE DINAN 

Que connaît la jeune génération du déroulement de la grossesse ?

Lors de leurs conversations, les Mauriciennes parfois parlent des douleurs qu’elles redoutent lorsqu’elles vont accoucher. C’est bien qu’elles en parlent, car cela permet de porter à leurs connaissances les techniques modernes disponibles pour être moins tendues et plus participantes à la venue au monde de leur bébé. Les femmes modernes sont prêtes à lutter pour leurs droits et leur pleine participation dans le monde du travail, de la politique, des arts et des sports. Elles sont souvent moins courageuses que les femmes des siècles passés, qui avaient à faire face à des accouchements avec peu de soins médicaux et de médicaments.

Voici quelques propositions pour se préparer dans un climat positif à l’accouchement de son bébé :

• Être bien renseignée avant de se retrouver enceinte sur les éléments positifs pour bien vivre sa grossesse et la mener à terme dans les meilleures conditions possible. En fait, cette éducation devrait être faite pendant l’adolescence pour que garçons et filles réalisent combien les cigarettes, l’alcool, la drogue et les diverses gourmandises sont nocifs pour leur santé d’abord et pour celle de leurs enfants qui sont fragilisés très tôt avant même leur naissance.

• Comprendre tout le développement d’une grossesse depuis la rencontre du spermatozoïde et de l’ovule, lors de son voyage dans l’utérus, de son développement au fil des mois jusqu’à ce qu’il puisse se prendre en charge lui-même et déclencher quand il est prêt sa sortie de l’utérus de maman.

• Maman relaxée, parce que bien informée, sait que des exercices — du yoga spécialement destiné aux futures mamans et des massages — lui permettront d’établir un contact avec son bébé au fil des mois de sa grossesse. Bébé qui se construit sent que sa maman prend soin de lui, réagit à ses caresses et déjà s’établit un dialogue affectif silencieux.

• Maman saura reconnaître les premiers signes de l’accouchement, connaît les différentes étapes par lesquelles bébé mène sa venue au monde. Elle connaît l’importance de son active participation au lieu de se braquer dans la peur. Elle a appris comment respirer, elle sait reconnaître la fréquence des contractions et aider le parcours de bébé hors de son utérus par des respirations qui la relaxent au lieu de s’emprisonner dans une peur qui retarde la sortie de bébé.

• Elle espère pouvoir compter sur la présence de sages-femmes expérimentées qui vont l’aider de leurs compétences et de leur solidarité.

• La présence de papa, lui aussi bien informé sur les étapes de l’accouchement, est un antidote apaisant.

• Viendra par la suite la découverte du bébé qui s’annonce de vive voix par son cri dès sa naissance, les étapes post-accouchement, puis le sommeil réparateur du travail enfin terminé et de la nouvelle page qui s’ouvre avec tous les soins dont bébé aura besoin : un nouveau chapitre dans l’histoire d’amour de sa vie de femme avec ses joies, ses peines, ses efforts.

Grossesses précoces

Selon le Health Statistics Report de 2020 :

• 309 filles ont accouché en 2019

• 27 bébés sont nés de mères âgées de 10-14 ans

• 1 054 sont nés de mères âgées de 15-19 ans

• Combien d’autres se sont retrouvées enceintes et ont perdu leur bébé pendant la grossesse par fausse couche ou par avortement ?

• Combien se sont retrouvées enceintes suite à des agressions sexuelles ?

• Combien ont connu l’avortement, le curetage et l’accouchement par césarienne alors qu’elles ne sont que des adolescentes ?

Autant de questions qui démontrent le travail important de l’éducation à être effectué avant l’entrée en adolescence.

Avortements

Dans le monde en 2020, l’OMS a précisé qu’il y a eu 42,6 millions d’avortements, le plus fort taux depuis qu’il a été légiféré. Cela implique trois résultats :

• 125 000 avortements sont effectués chaque jour

• 22% des grossesses finissent par des avortements

• Le peu de considération pour la vie des bébés

La législation mauricienne définit les cas précis où un avortement peut être effectué, mais il y en a certainement plus qui sont pratiqués dans l’illégalité.