MONIQUE DINAN

Décès en hausse des bébés de moins d’un an

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) souligne que le taux idéal de césariennes se situe entre 10 % et 15 %. À Maurice, le nombre de

Monique Dinan

césariennes continue à augmenter, le taux étant cinq fois supérieur à la norme. Le pourcentage de césariennes enregistré en 2019 est de 56,4%, soit cinq fois supérieur à la norme, contre 52,2% en 2018 et 44,1% en 2010.

Beaucoup de femmes préfèrent la césarienne parce qu’elles ne veulent pas souffrir ou parce que cela se fait plus rapidement qu’un accouchement normal. En 2018, les hôpitaux ont effectué 49% des césariennes, en 2019, le taux a atteint les 53,9%. Les cliniques privées ont effectué 62,1% en 2019. Les césariennes effectuées dans les cliniques privées coûtent bien plus cher qu’un accouchement normal, car il faut payer la salle d’opération et le personnel médical qui collabore au travail du gynécologue.

Une des causes des césariennes est que de plus en plus de Mauriciennes souffrent d’anémie, 26% de la population de 40-45 ans est diabétique, elles sont à risque quand elles sont enceintes et cela peut causer des complications, mais il y a surtout le fait qu’elles ont peur des douleurs associées aux accouchements. Avec le nombre grandissant de grossesses précoces, les mères célibataires ne peuvent accoucher normalement dans la majorité des cas.

Quel est le lien entre ce taux élevé de décès des nouveau-nés et la montée continue dans le nombre de césariennes se répartissant ainsi en 2013 :

– 4 110 césariennes soit 42,4% dans les hôpitaux

– 1 686 césariennes, soit 54,4% dans les cliniques

– 218 césariennes, soit 31,8% à Rodrigues.

Comment réduire le taux de naissances par césariennes, alors que notre République figure vraiment dans un hit-parade qui ne fait guère honneur à notre pays ?

Décès en hausse des bébés de moins d’un an

Dans notre République, qui a un besoin urgent d’avoir un taux de naissance plus élevé, les chiffres de naissances à Maurice, comparés à ceux d’autres pays, tracent les chemins où un travail important doit être effectué pour réduire le taux de décès des nouveau-nés. À quoi attribuer ces décès ? Ces chiffres comparatifs soulignent les efforts qui doivent être faits pour que les bébés mauriciens soient mieux protégés dans leur première année de vie. Comment parvenir à un meilleur suivi des grossesses pour que les enfants ne meurent pas à un taux aussi élevé par rapport à d’autres pays ? Que pouvons-nous apprendre de l’Australie, qui a un taux de naissance plus élevé que nous, avec un taux de décès de seulement 3,6 enfants ?

Taux de naissances pour quatre pays

À Maurice, il y a 10,6 naissances pour chaque groupe de 1 000 personnes.

En Australie, il y a 13,3 naissances pour chaque groupe de 1 000 personnes.

Au Japon, il y a 10 naissances pour chaque groupe de 1 000 personnes.

À Singapour, il y a cinq naissances pour chaque groupe de 1 000 personnes

Taux de décès d’enfants de moins d’un an par rapport à toutes les 1 000 naissances

À Maurice, 14,5 enfants meurent avant l’âge d’un an.

En Australie, 3,6 enfants meurent avant l’âge d’un an.

Au Japon, 2,1 enfants meurent avant l’âge d’un an.

À Singapour, au moins 2 enfants meurent avant l’âge d’un an.

(Statistics Mauritius ‘Population and vital statistics’ Tab. 7.1 p. 6)

S’il est important de travailler pour l’égalité hommes/femmes, il est aussi important de s’assurer, en premier lieu, de l’importance d’une parenté responsable, où tout est mis en œuvre pour que l’enfant qui s’annonce puisse naître dans les meilleures conditions et se développer dans un climat serein et aimant. Au-delà de la réalité des chiffres, il y a beaucoup de souffrances et de séquelles physiques et morales pour les familles endeuillées par ces décès d’enfants. Qu’est-ce qui sera dorénavant mis en train pour que les grossesses commencées se terminent le mieux possible pour le mieux-être de la maman et du bébé ?

Enfants secoués

Un autre domaine qui nécessite une campagne nationale de sensibilisation concerne les problèmes qui peuvent affecter, pour la vie, « les enfants secoués ». Nous avons eu, en 2015, une forte conscientisation sur les dangers et les séquelles de l’alcoolisme fœtal où le message a été passé que les bébés, dans le sein maternel, s’enivrent de tout l’alcool que boivent les femmes enceintes.

Nous avons maintenant besoin, sans plus tarder dans tout le pays, d’être informés de graves problèmes qui résultent de ces jeunes enfants qu’on prend à bras le corps et qu’on envoie dans l’air en croyant ainsi les divertir et les mettre en valeur. Les papas surtout s’en donnent à cœur joie, fiers de leurs prouesses et croyant ainsi amuser leur enfant. Ces envois dans l’air ont des effets néfastes, car le cerveau de bébé n’est pas complètement fermé avant l’âge de deux ans. Les enfants projetés en l’air, secoués et ballottés sont exposés à des traumatismes crâniens qui peuvent avoir des séquelles pour la vie.

Comment faire passer ce message aux jeunes, aux parents et aux grands-parents, car c’est la médecine moderne qui est venue mettre en évidence les divers problèmes associés à ces bébés secoués. Cet extrait du site Internet « bébés secoués », très complet sur la question, révèle les séquelles à vie qui s’ensuivent :

« Ce sont les bébés de moins de six mois qui sont les plus vulnérables. Les garçons sont plus touchés que les filles et représentent 60% des victimes. Chez le garçon de moins d’un an, il y a plus d’espace entre le cerveau et la boîte crânienne que chez les filles. Ces raisons physiologiques de contenant trop important par rapport au contenu expliquent cette proportion plus importante de victimes chez les bébés de sexe masculin », précise le Pr. Dominique Renier.

« Dans les jours ou les semaines qui suivent un épisode de secousses violentes :

10% des bébés meurent,

25% souffrent d’hémiplégie, retard mental majeur, cécité, épilepsie rebelle…

50% hériteront d’un mauvais pronostic : épilepsie contrôlée, paralysie ponctuelle, retard mental modéré, etc… ;

seul moins d’un enfant sur quatre s’en sortirait sans séquelle. »

Il y a un message important à faire passer dans notre contexte mauricien pour que cesse la pratique de bébés secoués. Voilà un domaine où les firmes cherchant des thèmes publicitaires concernant le bien-être des nouveau-nés auraient tout intérêt à investir.