REYNOLDS MICHEL

À quelques semaines de la 26e Conférence annuelle de l’ONU sur le climat (COP26) qui aura lieu à Glasgow, en Écosse, du 1er au 12 novembre 2021, sous la présidence britannique en partenariat avec l’Italie, l’archevêque de Cantorbéry, le Dr Justin Welby, le patriarche œcuménique Bartholomée de Constantinople et le pape François, lancent, dans une déclaration commune, un appel pressant en faveur de la sauvegarde de la planète. Dans cette déclaration, publiée le mardi 7 septembre 2021, les trois signataires de l’appel exhortent, en tant que responsables chrétiens, « chacun, quelle que soit sa croyance ou sa vision du monde, à s’efforcer d’écouter le cri de la terre et des pauvres, en examinant leur comportement et en s’engageant pour des sacrifices significatifs pour le bien de la terre que Dieu nous a donnée. »

Choisir la vie et la durabilité

Dans cet appel grave et urgent qui s’inscrit clairement dans le contexte de la pandémie du coronavirus et nourri de références bibliques, nos trois responsables religieux soulignent que « face à cette calamité mondiale, personne n’est en sécurité tant que tout le monde ne l’est pas, que nos actions ont réellement une incidence les unes sur les autres et que ce que nous faisons aujourd’hui a une incidence sur ce qui se passera demain ». D’où leur « appel au cœur et à l’esprit de chaque chrétien, de chaque croyant et de chaque personne de bonne volonté » à « choisir la vie », à « vivre différemment » pour l’avenir de la planète. Ils estiment qu’il est temps de « décider quel genre de monde nous voulons laisser aux générations futures ».

Malgré les mises en garde de nos Écritures Saintes (Luc, 12, 13-21 ; Luc 15, 11-32), « contre l’adoption d’options à court terme et apparemment peu coûteuses », nous avons choisi cette voie, notent-ils. « Nous avons maximisé notre propre intérêt au détriment des générations futures ». Nous avons construit sur le sable au lieu de bâtir sur le roc. « Aujourd’hui, nous en payons le prix, comme le montrent les récentes catastrophes climatiques de ces derniers mois », catastrophes qui « nous révèlent à nouveau avec une grande force et à un coût humain élevé que le changement climatique n’est pas seulement un défi futur, mais une question de survie immédiate et urgente ». Et « demain ce pourrait être pire », précisent-ils. « Les enfants et les adolescents d’aujourd’hui sont confrontés à des conséquences catastrophiques si nous n’assumons pas dès maintenant notre responsabilité, en tant que « collaborateurs de Dieu » (Genèse 2, 4-7), de soutenir notre monde ».

Une opportunité de transformation

C’est la première fois, disent-ils, qu’ils se sentent « tous les trois obligés d’aborder ensemble l’urgence de la durabilité environnementale, son impact sur la pauvreté persistante et l’importance de la coopération mondiale ». Nous vivons, font-ils ressortir, « un moment critique ». « L’avenir de nos enfants et l’avenir de notre maison commune en dépendent ». Toutefois, affirment-ils, il n’est pas trop tard : l’occasion nous est donnée « de nous repentir, de faire demi-tour avec détermination, de prendre la direction opposée. Nous devons rechercher la générosité et l’équité dans notre façon de vivre, de travailler et d’utiliser l’argent, au lieu de gain égoïste ».

La situation présente nous place « devant un choix » précisent-ils. Soit nous l’abordons « avec peu de clairvoyance », à la recherche de toujours plus de « profit », soit nous la saisissons comme une « opportunité de conversion et de transformation. » « Si nous considérons l’humanité comme une famille et travaillons ensemble à un avenir fondé sur le bien commun, nous pourrions nous retrouver à vivre dans un monde très différent. Ensemble, nous pouvons choisir d’agir avec amour, justice et miséricorde. Ensemble, nous pouvons marcher vers une société plus juste et épanouissante, qui place les plus vulnérables au centre », déclarent-ils.

Responsabilité collective et individuelle

Les crises actuelles ‒ « sanitaire, environnementale, alimentaire, économique et sociale, qui sont toutes profondément interconnectées » impliquent, notent-ils, de profonds changements. « Chacun d’entre nous, individuellement, doit assumer la responsabilité de la manière dont sont utilisées nos ressources. Ce chemin exige une collaboration toujours plus étroite entre toutes les Églises. Ensemble, en tant que communautés, Églises, villes et nations, nous devons changer de cap et découvrir de nouvelles façons de travailler ensemble pour faire tomber les barrières traditionnelles entre les peuples, cesser de nous disputer les ressources et commencer à collaborer ». Se tournant vers celles et ceux qui ont des responsabilités politiques, économiques, sociales et culturelles, nos responsables chrétiens leur disent : « choisissez des profits centrés sur les personnes ; faites des sacrifices à court terme pour sauvegarder notre avenir à tous ; devenez des leaders dans la transition vers des économies justes et durables. »

Pour conclure, l’archevêque de Cantorbéry, le Dr Justin Welby, le patriarche œcuménique Bartholomée de Constantinople et le pape François rappellent à nos responsables politiques cette parole de l’Évangile : «  A ceux qui ont beaucoup reçu, beaucoup sera demandé » (Luc, 12, 48). Et à nous tous que nous « pouvons jouer un rôle pour modifier notre réponse collective à la menace sans précédent du changement climatique et de la dégradation de l’environnement ».