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Une rentrée sur les chapeaux de roues

La semaine écoulée a été marquée par la reprise des activités aux niveaux administratif, économique, judiciaire et scolaire du pays. Sur le plan politique, l’Entente de l’Espoir a donné le ton samedi dernier en invitant les forces de l’opposition parlementaire et extraparlementaire à se mobiliser afin de forcer le départ du gouvernement à travers les élections générales.
Le Parti travailliste, qui effectuait sa rentrée politique jeudi, s’est, par le truchement d’Arvin Boolell, prononcé pour le principe d’une alliance entre le PTr et ses partenaires de l’opposition, tout en précisant que les discussions formelles n’ont pas commencé. Il s’est par la même occasion démarqué du régime de Pravind Jugnauth et du MSM, « qui a un effet maléfique sur la politique ». Le porte-parole du PTr doit rencontrer le leader actuel de l’opposition, Xavier-Luc Duval, ce lundi pour jeter les bases des pourparlers. Le MMM et le MSM démarrent eux aussi leurs activités politiques ce samedi. Des points de presse sont prévus à Ébène et à Port-Louis.
Toutefois, c’est devant la Cour suprême, où était débattue la pétition électorale de la candidate battue du MMM Jenny Adebiro, qu’a eu lieu l’événement le plus marquant de la semaine. Ainsi, plus de deux ans après les élections générales du 7 novembre 2019, des disparités ont été observées pour le décompte des voix. Ce qui a amené le commissaire électoral, Irfan Rahman, à consentir, au nom de la transparence et de l’équité, à un nouveau décompte des voix dans cette circonscription.
À ce stade, on ne connaît pas la décision de la Cour suprême, mais celle du commissaire électoral est tout à son honneur. « Without admitting the averment set out in the election petition, in the light of the discrepancies, I have decided not to oppose the prayer for recount of all valid ballot papers counted in respect of the Petitioner and Respondent No 1. » On ne sait quelle sera l’issue de cette pétition électorale. Mais cette situation nous renvoie à une citation tirée du texte d’une chanson de Leonard Cohen, poète et chanteur : « There is a crack in everything. That’s how the light gets in. »
Par ailleurs, on commence à voir la lumière au bout du tunnel concernant l’enquête de l’ICAC sur l’achat en urgence des comprimés de Molnupiravir. Les développements au sujet de ce scandale sont attendus la semaine prochaine. On ne sait toujours pas si le ministre de la Santé sera interrogé, comme le réclame l’opposition. Beaucoup pensent que ce n’est que le sommet de l’iceberg de la corruption qui ronge les finances de l’État.
Georges Chung Tick Kan, dans une interview accordée au Mauricien, attribue le pourrissement de la situation à la perte de la notion de honte. On n’a pas honte d’abuser de l’argent des contribuables. La honte est le pendant de la dignité et du respect de soi. On n’a plus honte d’étaler ses richesses, même acquises frauduleusement. Cette mentalité est plus dangereuse que le Covid-19.
Un mot sur la situation scolaire, que Nando Bodha décrit comme « cauchemardesque ». Le système d’éducation passe par des moments difficiles et anormaux en raison de la pandémie, et parents et enseignants sont abasourdis et stressés afin de s’assurer que les enfants, même ceux de la maternelle, puissent suivre les cours à la télévision.
L’ouverture des écoles est réclamée à cor et à cri par tous ceux concernés, y compris par les institutions privées dont les écoles françaises. C’est durant cette situation anormale que les inspecteurs du ministère de l’Education ont choisi, sans prévenir, d’inspecter toutes les crèches et garderies qui contribuaient à alléger le fardeau des parents en accueillant des enfants entre trois et quatre ans en attendant le 2 février. Ils ont ordonné le renvoi de tous les enfants de plus de deux ans, à la surprise et au grand dam des parents. C’est une démonstration que les responsables de l’éducation, y compris la ministre, sont coupés de la réalité et s’entêtent à agir à partir d’une tour d’ivoire sans consultation avec les principaux concernés, comme le dénoncent les responsables des institutions privées et confessionnelles.
Le mot « dialogue » a été enlevé de leur vocabulaire, comme c’est le cas pour la jauge des cérémonies religieuses. Or, la République est supposée être une bonne mère pour tous ses citoyens, en particulier les enfants, surtout les plus démunis.

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