Non ! Jamais nous n’accepterons que soit brandi l’argument du « développement » pour justifier ou excuser des crimes contre la nature, tel l’abattage d’arbres, la destruction et la dégradation de l’écosystème. Et ce qui se passe depuis le week-end dernier à Vacoas, où les travaux pour l’arrivée du métro s’accélèrent, provoquant la destruction des habitats (oiseaux et animaux) dans son sillage, est définitivement un crime contre la nature. Après le douloureux épisode de la Promenade Roland Armand, à Rose-Hill, au début des travaux du métro, on avait souhaité et prié ardemment de ne plus revoir ça. Reve, mam !
C’est un spectacle de désolation, de cruauté injustifiée et de pure barbarie, qui est donné à voir à des milliers de Mauriciens qui empruntent au quotidien l’avenue Sivananda, depuis le 30 janvier. La vue des énormes troncs de camphriers centenaires qui bordaient cette portion de la route principale qui longe le marché de Vacoas, affalés, en mille morceaux, banalement jetés à terre, est insoutenable. Parallèlement, d’autres camphriers et arbres avoisinants continuent d’être brutalement déchiquetés par des monstres mécaniques géants qui s’acharnent contre eux… Le parfum frais et irrésistible émanant de ces magnifiques arbres a certainement arraché des larmes, même aux plus coriaces d’entre nous, que l’on ait l’âme écolo, ou pas.
Seule Joanna Bérenger, la députée mauve du No 16, Vacoas/Floréal, a eu l’audace et le courage de s’opposer publiquement, via les médias (journaux, radios et plateformes sociales), à ce carnage sans nom et de suggérer, dans la foulée, que les autorités auraient pu avoir pensé à une autre solution moins atroce, ménageant de la sorte ces arbres merveilleux. Et réponse du berger à la bergère ? Cette destruction était inévitable, pour cause de tracé d’une nouvelle route, pour accueillir le métro… Comme si les techniciens et ingénieurs qui œuvrent pour le gouvernement, en sérieuse panne d’imagination, n’auraient pas pu modifier ce fichu tracé !
Quand on veut, on peut, dit le dicton. Pour preuve, ceux qui fréquentent, par exemple, le complexe commercial So’Flo, à Floréal, sont émerveillés par le fait que propriétaires et concepteurs ont inclus dans leurs travaux la présence d’un immense arbre en plein milieu de l’entrée principale du complexe ! Pourtant, ils auraient pu s’en être débarrassés. Ce qui aurait donné davantage d’espace pour accueillir plus de voitures sur l’aire de stationnement ! Mais non, ils ont préféré conserver le cachet vert de cette région connue et réputée pour cela. D’autres projets de développement urbain, dans diverses régions de l’île, ont également pris le parti de respecter la nature, voire, de la protéger. Ce sont surtout et essentiellement des projets privés. Parce que quand on en vient à ceux gérés par le gouvernement en place, les maîtres-mots sont détruire et bétonner !
Et pour se dédouaner, les autorités concernées giclent la réplique sempiternelle que « des centaines de plantes et d’arbres sont mis en terre pour remplacer ceux qui ont été coupés.» Comme si ces abattages sauvages n’ont aucun effet immédiat sur l’environnement, l’écosystème, la qualité de l’air… Certains disent que Pravind Jugnauth s’en balance que le pays prenne l’allure d’une jungle de béton et que l’on y suffoque. Parce que ce qui l’intéresse, c’est que l’Histoire retienne que c’est lui qui aura doté le pays d’un métro…
Et pendant que Joanna Bérenger se démenait pour protéger les camphriers de Vacoas, Tania Diolle, la députée non élue de Quatre-Bornes, celle qui est passée par l’école mauve pour ensuite atterrir au MP, qu’elle trahit sans scrupule à la veille des élections, entraînant avec elle, Alan Ganoo, pour rejoindre la maison orange, a eu la géniale idée de lancer… un concours de zumba pour décider qui allait maigrir le plus vite ! Ça frise l’indécence.
Rien à dire, le « moralite napa ranpli vant » de SAJ a définitivement fait nombre d’émules au sein de son parti ! Mais il ne faut pas oublier que, un jour ou l’autre, “For whom the bell tolls” et qu’inévitablement alors sonnera… “And justice for all !”*

Husna Ramjanally

* Deux titres du répertoire du groupe de hard-rock US Metallica, qu’affectionne la députée Bérenger