L'Union Sportive Beau Bassin Rose-Hill retrouve sa place dans la cour des grands

Une phrase qui revient comme un leitmotiv chez les joueuses et dirigeants de l’équipe féminine de volley-ball de l’Union Sportive Beau Bassin Rose-Hill. «Nous étions venus pour apprendre et finalement nous avons remporté le championnat». Remarquable pari réalisé donc par la formation des villes-soeurs qui avait donc abordé ce championnat 1B sans réelles prétentions et qui a au bout du compte réalisé un sans-faute en cinq sorties pour décrocher sa promotion chez l’élite. Pour ce groupe qui a pris un bain de jouvence avant l’entame de cette nouvelle saison, de nouvelles perspectives s’offrent désormais à lui.

Pourtant, rien ne prédestinait à l’USBBRH à ce retour vers les sommets, après une saison au purgatoire. Lors de la sortie inaugurale face à l’Union de Curepipe, les dés semblaient jetés, quand le score évoluait positivement au quatrième set en faveur de l’équipe de la ville-lumière qui menait alors par deux manches à une. Loin de jeter les armes, Ketty Céleste et ses coéquipières réalisaient alors une remontée spectaculaire pour forcer le set décisif qu’elles survolaient par la suite. Scénario encore plus hitchcockien lors de la rencontre suivante face au Club Sportif de Mahébourg, avec des sets remportés ou concédés sur le fil du rasoir. Soit 27-25, 26-24 et 31-29. Avec de tels cas de figure, on pourrait peut-être avancer que l’USBBRH soit bénie des Dieux. «Cette victoire face à l’Union de Curepipe et ses joueuses chevronnées a surpris plus d’un. Par contre, face au Club Sportif de Mahébourg, nous avons connu des frayeurs, sans doute en raison d’un excès de confiance«, réplique Lindsay Wilson qui avait connu pareil bonheur avec les deux équipes du Quatre Bornes VBC.

Prenant le relais à Carla Brasse, l’entraîneur de l’USBBRH, qui s’était retiré du circuit ces dernières années, avait cru dans le projet présenté par les dirigeants de cette formation, notamment Gervais Dorasamy et Philippe Boudou. Ce dernier, président de l’équipe, se dit heureux que les premiers fruits ont été récoltés. «La décision avait été prise la saison dernière de construire une équipe constituée de jeunes  et nous avons approché Lindsay Wilson pour s’occuper de cette formation. 35 joueuses ont répondu à l’appel, et nous avons retenu une vingtaine. Je peux avancer qu’après neuf mois de formation, l’équipe a connu une totale transformation», souligne-t-il fièrement. Reste qu’un contrat de formation sur trois ans a été signé avec les parents des volleyeuses, également impliqués dans le projet, d’autant que les études ne seront pas négligés. «Nous obtenons les récompenses après rien qu’une année. Cela nous motive davantage, car l’objectif sera de bâtir une équipe vraiment compétitive dans deux ans», ajoute Philippe Boudou qui se dit également fier du travail accompli par la commission de volley-ball présidée par Gervais Dorasamy.

Si les jeunes éléments ont su se surpasser, il n’en demeure pas moins que l’apport de Ketty Céleste, qui assumait le rôle d’assistante-entraîneur au début et de Liza Bonne (spécialiste de beach-volley et championne au sein du Quatre Bornes VBC) a valu son pesant d’or. «Cela m’a fait plaisir d’évoluer de nouveau en salle et surtout d’aider et de guider des jeunes qui  en étaient à leur première expérience de la compétition. Cela m’a rappellé mes débuts avec Lindsay Wilson au Quatre Bornes VBC», souligne Liza Bonne qui devrait ne pas poursuivre l’aventure chez l’élite, pour se consacrer uniquement au beach-volley. N’empêche que l’entraîneur de l’USBBRH salue sa contribution dans ce succès. «Nous l’avons contacté tout juste avant le coup d’envoi du championnat, et à partir de là, tout s’est déclenché», souligne celui qui a su justifier la confiance des dirigeants et qui a également une pensée spéciale pour le Très Haut et la team-manager Laeticia Dimba.

Toujours est-il qu’au sein de l’USBBRH, on veut garder les pieds bien sur terre. «L’apprentissage continue, car ce sera une toute autre paire de manches en division 1A. Une autre aventure va débuter et il s’agira de franchir d’autres étapes», soutient Lindsay Wilson. «Valeur actuelle, nous nous entraînons au rythme de trois fois la semaine au Quorum, et nous essaierons d’obtenir un autre jour d’entraînement», avance de son côté Philippe Boudou, qui souhaite réaliser le même projet  avec l’équipe masculine. Dans la cour des grands la saison prochaine, il s’agira de croire encore en la bonne étoile, tout en gagnant en maturité et en expérience.

Père John Michael :
le porte-bonheur

Vicaire à la paroisse Notre Dame du Rosaire à Quatre Bornes, le Père John Michael peut être qualifié de porte-bonheur de l’USBBRH. Originaire de l’Inde, il est tombé sous le charme de cette formation dès son entrée en compétition au début du mois dernier. «J’ai assisté à leurs cinq rencontres, et j’ai vraiment adoré», lance-t-il dans un grand éclat de rire. Tant et si bien qu’il a vite été adopté par les responsables et joueuses de cette formation. Proche de Lindsay Wilson, il loue le travail de ce dernier dans la conquête du titre. «Il a effectué un très bon travail, malgré une préparation limitée. La cohésion au sein de l’équipe me pousse à penser qu’elle possède un bel avenir». Lors de la remise des récompenses, mardi dernier, il semblait être l’homme le plus heureux du monde.

Le parcours

b. Union de Curepipe 1979 VBC 3-2 (25-16, 15-25, 19-25, 28-26 et 15-6)

b. Club Sportif de Mahébourg 3-2 (27-25, 18-25, 24-26, 31-29 et 15-6)

b. La Tour Koenig SC 3-0 (25-11, 25-13 et 25-23)

b. Trou aux Biches Sharks 3-0 (25-17, 25-19 et 25-11)

b. Trou d’Eau Douce VBC 3-0 (25-12, 25-8 et 25-11)