Alors que la situation depuis la résurgence de la pandémie de Covid-19 dans le pays reste grave, avec quelque 172 cas positifs enregistrés du 5 mars à vendredi, la semaine aura été dominée par l’accélération de la campagne de vaccination. Le nombre de personnes vaccinées devrait d’ailleurs approcher les 95 000 personnes en cette fin de semaine.

Tout en cherchant à prioriser la santé publique, le gouvernement semble vouloir tout faire pour que les activités économiques ne soient pas paralysées. Ce qui explique que la campagne de vaccination vise essentiellement ceux disposant d’un Work Access Permit (WAP). Avec l’aide du secteur privé, et en particulier de Business Mauritius, des milliers d’employés ont ainsi été acheminés vers les 14 centres de vaccination ouverts à travers le pays. Ainsi, on a vu défiler des employés des administrations régionales, des corps para-étatiques, des services de police, ainsi que ceux travaillant dans les supermarchés et le commerce de distribution, et de nombreux travailleurs étrangers opérant dans des usines. En fin de semaine, on a aussi vu arriver des personnes qui ne sont pas nécessairement détentrices d’un WAP, mais qui ont toutefois une autorisation spéciale de circuler. La grande majorité de diplomates en poste à Maurice, ainsi que les membres du barreau, ont également été vaccinés. Cependant, dans beaucoup de PME, dont les employés ne sont pas encore détenteurs du WAP, on se plaint du retard enregistré dans la vaccination du personnel.

Au niveau de l’opposition, on déplore que, pour le moment, les personnes les plus vulnérables, dont celles âgés de plus de 60-65 ans, n’aient pas obtenu un traitement prioritaire. Il faut reconnaître que, dans l’ensemble, l’exercice de vaccination s’est pourtant bien déroulé durant la semaine. Fort de cette expérience, les autorités gouvernementales devraient pouvoir désormais doubler ou tripler le nombre de centres de vaccination à travers les villes et villages. La proposition de l’ex-ministre des Affaires étrangères Nando Bodha de recruter quelque 10 000 officiers de manière à vacciner le maximum de personnes le plus vite possible reste valable.

Aujourd’hui, un large consensus s’est dégagé dans le pays à l’effet que la vaccination est le seul moyen pour le moment d’immuniser la population et de permettre une reprise des activités économiques et sociales. Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, fait d’ailleurs partie de ceux qui considèrent que les effets secondaires du vaccin sont bien minimes par rapport aux dangers que représentent le virus et les effets à long terme qu’il peut avoir sur ceux qui en sont victimes. Aussi encourage-t-il les Mauriciens à se faire vacciner et à signer le Consent Form.

Alors que la priorité des priorités reste la vaccination, il faut aussi reconnaître que la dénonciation de Roshi Badhain concernant certaines clauses du formulaire en question ne laisse pas insensible beaucoup de personnes. Elle vient ainsi s’ajouter aux doutes et aux appréhensions qu’entretiennent, à tort ou à raison, nombre de personnes. Surtout qu’il insiste sur le fait que ces clauses exonèrent le gouvernement de toute responsabilité, même en cas de mortalité à la suite de la vaccination.

Il faut bien sûr respecter leur droit de douter. Malheureusement, les propos tenus par Maneesh Gobin, qui a opté pour un ton politique et insultant, n’a pas contribué à rassurer les indécis. En tant qu’Attorney General, il aurait dû, dans sa réponse, qui était d’ailleurs très attendue, prendre de la hauteur et se mettre au-dessus de la politicaille pour donner une réponse crédible basée sur le droit et la science. Mais il n’est pas trop tard pour le faire.

D’autre part, avec l’assurance donnée par les instances internationales en Europe, et en particulier en France, et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la confiance concernant l’Oxford/AstraZeneca devrait revenir. Il faut toutefois souligner que ni le Covaxine, ni le Spoutnik, ni le Sinovac n’ont encore reçu l’aval de l’OMS. Sur ce chapitre aussi, la population attend d’être rassurée. Faudra-t-il prendre le risque d’aller de l’avant avec ces vaccins ou attendre encore un peu et solliciter l’avis de l’OMS, qui a un représentant à Maurice ? This is the question.