DR PARVÈZ DOOKHY
Cofondateur du Ralliement Citoyen pour la Patrie

Tout comme une femme battue (ou un homme battu) régulièrement ne peut continuer à rester en couple avec son agresseur, sauf à être éventuellement complice de ce mode de vie, le leader de l’Opposition ne peut être victime d’expulsions et de suspensions à répétition à l’Assemblée sans avoir une réaction à la hauteur de la gravité des faits !

Le leader de l’Opposition exerce une fonction éminemment constitutionnelle. Il ne peut y avoir de Parlement sans leader de l’Opposition dans un système d’inspiration westminstérienne. Il n’a pas d’adjoint. Lorsqu’il est suspendu par la majorité sur une motion du Speaker, il doit soit saisir en urgence (in chambers) le juge pour faire constater l’abus et le détournement de pouvoir, soit, sur un plan politique, agir pour rendre caduque l’absence du leader de l’Opposition au Parlement.

Son absence au Parlement est une entrave à la Constitution ! À ce titre, j’invite Arvin Boolell à présenter sa démission comme chef de l’opposition auprès du Président de la République. Ce dernier a l’obligation, dans la foulée, de lui nommer un successeur, de désigner un autre leader de l’Opposition, choisi parmi les députés du groupe majoritaire au sein de l’Opposition à l’Assemblée. Le nouveau leader de l’Opposition, à son tour, aurait pour tâche de démissionner comme tel, une fois la suspension du titulaire du poste, en l’occurrence Arvin Boolell, arrive à son terme de manière à ce que ce dernier soit de nouveau nommé leader de l’Opposition, regagnant son poste. Il faut qu’il y ait en permanence, officiellement, un leader de l’Opposition chargé d’adresser des questions directes au Premier ministre lorsque le Parlement siège. L’idée de cette feuille de route est de rendre inopérantes les suspensions du leader de l’Opposition à l’avenir. Le Gouvernement, la majorité, ne pourrait utilement priver l’Assemblée de la présence du leader de l’Opposition. Arvin Boolell a rendez-vous avec l’Histoire !