DEVI. M.

De Paris, France

Si Paris nous était contée, elle parlerait de l’amitié franco-mauricienne.

Si Paris nous était contée, elle parlerait de ce rassemblement fraternel sur le parvis des droits de l’Homme au Trocadero.

Si Paris nous était contée, elle parlerait de la solidarité de la diaspora mauricienne.

Le 29 août 2020, une date marquée à l’encre du quadricolore dans les annales mauriciennes. Maurice, notre île, a connu ces derniers temps des heures sombres après l’échouement du vraquier MV Wakashio au large de Pointe-d’Esny. Notre carte postale est griffonnée, souillée, mazoutée.

La souffrance de nou later-mama a résonné dans le cœur de la diaspora mauricienne en France. Nous ne pouvons rester insensibles à cette épreuve douloureuse que traverse notre pays. Les Mauriciens de France ont répondu à l’appel fraternel par une forte mobilisation. En soutien à nos concitoyens, d’autres Mauriciens à travers le monde (Genève, Londres, Australie, Dubaï…) se sont levés pour dénoncer l’inertie du Premier ministre.

Au pays de la liberté, les voix se sont élevées pour dénoncer l’action tardive du Gouvernement mauricien. Les organisateurs de ce rassemblement ne pouvaient mieux choisir cette place des Droits de l’Homme pour réclamer justice. Nous avons débuté en chantant notre hymne national. Si notre corps est ailleurs, notre cœur est à Maurice. Notre chant patriotique a vibré et coloré cette place emblématique.  Une minute de silence a été observée pour les pêcheurs, pour le lagon et pour la mort de notre écosystème. Une chorégraphie de la chanson Jerusalema a apporté du baume au cœur. Une ambiance festive a très vite envahi cette mobilisation. Notre indétrônable séga est venu pimenter l’engouement citoyen.

Si l’ambiance était joyeuse et pacifique, la colère était là. Les pancartes parlent d’elles-mêmes : «  PM leve paké alle », « Pinnocchio responsable des atrocités des dauphins dégage ! », « Crise économique, non à la dictature, Merci la France. » Des discours à la fois politiques et citoyens sont venus ponctuer cette manifestation. De discussions en discussions, les revendications ont fait écho. L’avenir politique et comment apporter le changement à Maurice étaient sur toutes lèvres.  De la catastrophe écologique, nous sommes passés à la catastrophe gouvernementale.

L’éveil citoyen était bien là. Cette marche pacifique était une vraie réussite. La diaspora en France était drapée d’une seule bannière, notre drapeau mauricien.  Et pendant ce temps-là, la dame de fer, toujours aussi majestueuse et sereine, contemple avec admiration cette liesse humaine, celle de la nation mauricienne.