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Expédition océanographique 100 % mauricienne : Plongée dans les mystères de St Brandon

La toute première expédition océanographique 100 % mauricienne a été menée entre le 25 mai et le 4 juin par l’ONG Oceanyka qui a comme présidente Nancy Brochu. Nommée Biome, l’expédition avait pour objectifs d’aller à la découverte de nouvelles espèces marines de St Brandon, d’étudier la biodiversité de l’archipel ainsi que quantifier le potentiel de captation carbone de cet espace.

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Le 25 mai dernier 8 explorateurs mauriciens ont mis le cap sur St Brandon, archipel se situant à mi-chemin entre Maurice et les Seychelles. Un projet sponsorisé par l’Agence Français de Développement, Super U et London Way. Le groupe Beachcomber donnera lui un coup de main dans l’interprétation des données récoltées. Vassen Kauppaymuthoo (océanographe et directeur de mission, Vikash Munbodhe (fish stock assessment specialist auprès du Albion Fisheries Research Centre), Tirouvi Kaully (spécialiste en carbone bleu, biodiversité Marine et herbiers à Albion Fisheries Research Centre), Sruti Jeetun (spécialiste en coraux), Melanie Ricot (spécialiste en poissons), Murughen Sadien (océanographe physique), Shane Sunnassee (chef technicien et spécialiste en éponges) et Andy Michel (photographe et vidéographe) ont embarqué sur un catamaran de 46 pieds, pour découvrir ce lieu situé sur le plateau des Mascareignes.

Le poumon de la planète.

Leur mission : aller à la découverte de nouvelles espèces marines de St Brandon, d’étudier la biodiversité de l’archipel ainsi que quantifier le potentiel de captation carbone de cet espace situé sur le plateau des Mascareignes qui n’est autre que le plus grand puits de carbone de la planète. On parle ici du fameux carbone bleu. “Il y a là-bas des herbiers marins, aussi appelé goémon tortue qui ont les plus grandes capacités d’absorption de dioxyde de carbone, même plus que les forêts tropicales. Ce plateau constitue le poumon de la planète”, souligne Vassen Kauppaymuthoo. Il s’agit également de jauger le potentiel des lieux en biotechnologie, découvrir des médicaments, des antibiotiques, des anticancéreux qui proviennent de la mer.

Sur place, les scientifiques se sont attelés à plusieurs tâches comme mesurer les courants ; faire des prélèvements d’éponges et de coraux ; faire des analyses de plancton, de l’eau, des sédiments ; étudier le stock de poissons et l’érosion côtière. Il faut dire que l’expédition a été très fructueuse, les résultats préliminaires sont très encourageant selon les explorateurs. Le territoire étant vierge de toute expédition scientifique, la découverte de ce qui semble être des espèces endémiques à l’endroit, était prévisible. “On pense avoir trouvé de nouvelles espèces marines. Il y avait également beaucoup de tortues de mer, de raies, des requins qui circulaient dans 50 cm d’eau dans les lagons.

Il est aussi important de signaler que, malgré la courte distance qui nous éloigne de l’archipel, la biodiversité marine est très différente. “On a découvert une perle de notre république qu’il faut à tout prix protéger.” Par contre, l’expédition aura permis de constater un niveau de pollution très élevé principalement sur la partie est de l’île. “Les plages sont recouvertes de déchets plastiques, fort probablement entrainés depuis l’Asie par le courant sud équatoriale.”

Création d’airs marines protégées.

Les retombées de l’expédition permettront de développer des plans de gestions et de créer des airs marins protégés dans cet espace. Il sera aussi question de “ne pas commettre les mêmes erreurs du passé mais plutôt de mettre en chantier des projets innovants et pas nocifs pour l’environnement. On ne parle pas d’exploiter mais plutôt de protéger ces ressources à travers l’innovation.” Vassen Kauppaymuthoo fait aussi ressortir que cette expédition permettra de mettre en avant le potentiel des Mauriciens s’agissant des recherches scientifiques tout en soulignant les aspects d’éducation et de sensibilisation qui y sont liés.

Par ailleurs, le chef de mission tient à faire savoir que les activités de pêche légales qui s’y déroulent sont relativement durables puisque les pêcheurs utilisent des cannes et des lignes mais soutient avoir tout de même remarqué des bateaux qui n’avaient pas le droit d’être là.

La prochaine étape consiste en l’écriture du rapport de mission qui sera suivie des analyses des données. Selon Vassen Kauppaymuthoo, le rapport scientifique complet devrait être prêt d’ici novembre. “Nous organiserons un atelier ou une conférence, les données scientifiques sont faites pour être partagés et non pas être mises dans un tiroir. Elles font partie du bien commun au même titre que la mer.” Fort de cette première mission très encourageante, Oceanyka envisage déjà une deuxième expédition d’ici la fin de l’année. La recherche de sponsors a été déjà été enclenchée. 

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