Un brin arraché au balai fatak. Elle le place dans une soucoupe. Sept piments rouges sont ajoutés. Une cuillerée de moutarde en grain. Cette recette ‘grand-mère’ comprend aussi des pelures d’oignon et une pincée de sel pour bien conjurer le mauvais œil.

Décrivez avec votre soucoupe un mouvement circulaire, sept fois autour de la personne victime d’yeux envieux. Vous avez dit gros poumons ? Ce n’est pas scientifiquement prouvé par les labos pharmaceutiques.

C’est cependant humain de désirer ce que l’on ne possède point. Nous pouvons aussi éprouver un pincement à voir réussir sa voisine, sa copine, sa cousine, sa tantine. Subsiste néanmoins un sentiment de frustration. C’est humain que de vouloir ce que l’on n’a point.

N’est-ce pas cela désirer ? Désirer quelque chose ou quelqu’un, c’est vouloir un objet sinon une personne près de soi. On cherche toujours à remédier au sentiment de manque. En vue de se sentir heureux et épanoui. Ou simplement en vie.

C’est d’ailleurs un mécanisme maîtrisé par la publicité. Elle nous vend des rêves excitants. Et éveille, pour ce faire, nos envies de confort et de luxe. Cela conférera une certaine assurance. Notamment à ceux et celles s’étant conformés aux réalités du marché… en quête de valorisation?

Si s’uniformiser permet de se sentir bien dans sa peau, tant mieux. Notons que le but est ici de pousser le consommateur à acheter plus. Quitte à frustrer ce dernier un maximum. Notamment en matière de style vestimentaire et de style de vie…

Revenons à nos oignons.

Après la septième circonvolution, cracher trois fois dans ladite soucoupe, et balancer le tout dans les flammes. Vous ferez cependant gaffe lorsque vous ‘glacerez’ sur Fb ou Insta amie fashionista et autres afficionados du style. Car le mauvais oeil rôde aussi sur les réseaux internet.

Serions-nous entre-temps devenus un peuple solidaire, conscient des enjeux sociétaux du moment ? Le citoyen ne semble plus vouloir subir les maldonnes du système. Assisterions-nous à la naissance d’une nation agissant pour le bien commun et personnel.

Pourquoi ne pas conclure sur une balade pacifique dans les rues, à la veille de la Saint-Valentin ? Ce serait comme écrire une nouvelle page de notre histoire naissante à l’encre de notre ‘accorité’. Notre mauricianité chérie.

On entend du remue-ménage dans la « cuisine » politique. Cela sentait le roussi depuis belle lurette. Il faudra bientôt apaiser les esprits pyromanes. Gardons notre dignité mauricienne. Ne prêtons pas foi aux « mauvais airs » qui traversent la croisée de nos chemins.

Et si par hasard, le gouvernement se retrouvait en minorité au parlement (dans le courant d’une cascade de démissions)? Il faudrait huit députés pour renverser la vapeur. Qui aura suffisamment de droiture pour emboîter le pas à l’honorable Nando? Ce dernier serait selon certains, le fils spirituel du vieux sage. La suite des évènements sera à couper le souffle pour ne pas dire la respiration…