Selon le SG, Didier Pragassa, ces sommes sont destinées à soutenir uniquement les coûts opérationnels de la fédération

Un “Solidarity Fund” est actuellement à l’étude à la FIFA, ajoute-t-il, afin de venir en aide aux clubs

La Fédération internationale de Football Association (FIFA) a, depuis fin avril dernier, décidé de distribuer, en avance, 150M US dollars à ses 211 fédérations nationales dans le cadre du programme Forward 2.0. Une décision prise, afin de les aider à faire face aux effets de la Covid-19. Dans cette optique, la Mauritius Football Association (MFA) devait recevoir une somme de 500 000 US dollars, équivalant à environ Rs 20M. La semaine dernière, c’est la Confédération africaine de Football (CAF) qui a, cette fois, pris la décision de venir en aide à ses fédérations nationales. La MFA recevra, dans ce contexte, une aide de Rs 8M. Toutefois, selon le secrétaire-général de cette fédération, Didier Pragassa, cet argent servira uniquement à soutenir les coûts opérationnels de la fédération. Les clubs locaux qui pensaient pouvoir soulager leur masse salariale après avoir subi de plein fouet les conséquences de la Covid-19
auront, eux, à patienter.
Il y a une semaine, Didier Pragassa apportait un élément de réponse par rapport aux aides accordées aux fédérations, d’abord par la FIFA, puis par la CAF. Dans une déclaration à notre confrère Le Mauricien, il précisait: « les enveloppes que nous avons reçues de la FIFA et de la CAF sont réservées à la gestion de la fédération, dont le salaire de nos employés, l’emplacement et les diverses dépenses. Ce mois-ci, la FIFA devrait distribuer un chèque afin d’aider les différents clubs ou sélections.»

Cette déclaration, qu’on le veuille ou non, interpelle quand on sait que la FIFA avait, entre autres, évoqué, fin avril dernier, que «ce soutien financier immédiat doit être utilisé pour atténuer l’impact financier du Covid-19 sur le football…» Et quand on sait que ce sont les joueurs qui font vivre les clubs et ensuite la fédération, on ne peut qu’être encore plus perplexe. Malheureusement, les clubs devront encore attendre pour pouvoir savoir s’ils seront soutenu financièrement ou pas, après deux mois et demi de confinement. Sans oublier que nombreux sont les joueurs, donc des familles, qui vivent de cet argent.
Contacté, Didier Pragassa a lui une toute autre lecture de la situation. Il a d’abord tenu à préciser, mercredi, que l’aide de la FIFA et de la CAF n’ont pas encore été reçues à la MFA. « Ce soutien, je le précise, est destiné uniquement à couvrir les coûts opérationnels de la fédération, notamment le salaire des employés, l’emplacement et autres dépenses. Cette somme aidera ainsi au fonctionnement de la fédération jusqu’au début de l’année prochaine », fait-il remarquer. Des questions subsistent toutefois sur la masse salariale de la MFA et son impact sur le budget annuel.

La MFA pas en mesure d’aider
Ce qui interpelle aussi, ce sont les coûts relatifs à l’emplacement dont parle Didier Pragassa. Surtout quand on sait que les locaux qu’occupent la MFA à Trianon ont été construit dans le cadre du Goal Projet, projet ratifié le 9 juillet 1999 lors d’un congrès extraordinaire de la FIFA, sous l’ère de l’ancien président Sepp Blatter.
Répondant à cette question, Didier Pragassa a tout simplement déclaré: « Nous ne payons pas d’emplacement. Hormis les salaires des employés, nous avons d’autres dépenses courantes liées à l’électricité, l’eau et autres locations pour le transport. » Pour ce qui est du soutien aux clubs, le SG de la MFA a expliqué que la FIFA a fait comprendre qu’un “Solidarity Fund” est actuellement à l’étude, mais que rien n’est décidé.
« Des pays ont commencé à venir en aide à leur clubs nationaux. À titre d’exemple, le Botswana l’a fait en puisant des fonds de sponsoring qui était destinés à l’organisation de son championnat. À Maurice, on ne peut malheureusement pas le faire étant donné qu’on ne reçoit pas de revenus à travers le sponsoring. De plus, on ne peut prendre l’argent de la FIFA, destiné aux coûts opérationnels, pour le donner aux clubs », déclare-t-il.
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500 000 USD du Forward 2.0 : Pas que pour les coûts opérationnels…
Le SG général de la MFA n’a pas tort lorsqu’il avance que l’argent de la FIFA est destiné à soutenir les coûts opérationnels de la fédération. Sauf que les règlements du programme 2.0, plus précisément l’Article 6 (aspects financiers), vont au delà des dépenses administratives. Il est, en effet, indiqué que chaque fédération est habilitée à recevoir jusqu’à un million USD par an pour ses coûts opérationnels.

Toutefois, il est précisé, à la section 3 (a): USD 500 000 sont versés en janvier de chaque année afin de couvrir les dépenses courantes de l’association membre, ce qui comprend : (i) gouvernance, structure et administration, (ii) équipes nationales, (iii) compétitions nationales, (iv) personnel administratif et technique permanent, (v) gestion financière (audits), (vi) site internet et autres plateformes de communication, (vii), formation des principaux acteurs du football (administrateurs, personnel technique, bénévoles, etc.).

Il est aussi indiqué à l’article 3 (b): Jusqu’à USD 500 000 sont versés en juillet de chaque année, sous réserve que l’association membre organise entre autres : (i) des compétitions masculines régulières à l’échelle nationale (championnat, tournoi ou coupe) et (ii) des compétitions féminines régulières à l’échelle nationale (championnat, tournoi ou coupe). Dans les deux cas, les championnats devront s’étaler sur une période d’au moins 6 mois, opposer au moins 10 équipes et aussi comporter au moins 90 matches.

Or, nous savons tous que la MFA a déjà pris la décision de mettre prématurément fin à tous ses championnats. Dans cette conjoncture et dans un élan de solidarité envers ceux qui font vivre le football, n’aurait-il pas été plus juste que la MFA utilise une partie de cet argent pour leur venir en aide en attendant le « Solidarity Fund » de la FIFA ?