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N°1 mondial et champion olympique de saut en hauteur : Gianmarco Tamberi choisit Maurice pour préparer sa saison

L’Italien qui s’est confié en exclusivité à Week-End, jeudi après-midi à Bambous, vise une médaille d’or aux Mondiaux d’Oregon, en juillet, aux Etats Unis Plusieurs records nationaux au compteur, mais surtout une grave blessure en 2016 qui l’a privé des Jeux olympiques de Rio, au Brésil

Maurice héberge, depuis le 22 décembre dernier, le champion olympique et No 1 mondial du saut en hauteur, l’Italien Gianmarco Tamberi. Un champion tout simplement pas comme les autres, serait-on tenté de signaler. Avec son concurrent, mais surtout ami, le Qatari Mutaz Essa Barshim (No 3 mondial), les deux avaient décidé de se partager la médaille d’or aux Jeux de Tokyo, en juillet dernier ! Week-End a eu l’occasion de rencontrer, jeudi et en exclusivité au stade Germain Commarmond, à Bambous, ce champion hors-pair. Très abordable, Gianmarco Tamberi nous a surtout étonné par son humilité et sa grande simplicité.

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Qui ne s’en souvient pas de Tamberi et de Barshim ? L’image a fait le tour du monde et restera à jamais dans les mémoires comme l’un des faits les plus marquants de l’histoire des Jeux olympiques. Avec Mutaz Essa Barshim, Gianmarco Tamberi n’avait pu franchir la barre des 2,39m. Epuisé, les deux spécialistes s’étaient alors dirigés vers l’officiel pour demander, s’il y avait la possibilité de repartir tous deux avec la médaille d’or. Réponse affirmative.

De là, les deux compères se sont pris dans les bras et ont ainsi entamé un tour d’honneur pour célébrer ce titre très spécial. « J’ai énormément de respect pour mon ami Mutaz. Ce geste restera à jamais graver dans ma mémoire. Nous étions au bout de nos forces, après un concours long et exceptionnel », nous confie-t-il. « Avec Mutaz, c’est une double récompense, car tous deux, nous avions été gravement blessés. Revenir à un tel niveau, était magnifique et incroyable », ajoute-t-il.

Une année 2016 maudite

Que s’est-il donc passé et qui a pu marquer Gianmarco Tamberi autant que cela ? Interrogé, il fait référence à sa sortie sur civière lors du Meeting Herculis de Monaco, en 2016, et qui l’avait privé d’une participation aux JO du Brésil. « Cette blessure a été pour moi, l’une des plus mauvaises expériences de ma carrière. J’avais été pris de découragement, mais avec le soutien de mes proches, je me suis ressaisi et j’ai repris les entraînements avec beaucoup plus de motivation et de détermination. J’ai sacrifié énormément de chose pour arriver à ce niveau, même ma famille. Il y avait un choix à faire et au final, il s’est avéré payant », se réjouit notre interlocuteur.
Détenteur du record d’Italie en salle (2,38m) et en pleine air (2,39m), il a entamé sa préparation depuis le 22 décembre et a choisi Maurice pour une raison très spécifique. « Durant plusieurs années, je me rends en Afrique du Sud, pour préparer ma saison. Toutefois, avec le taux élevé de la Covid dans ce pays, j’ai dû prendre la décision de venir à Maurice, qui offrait plus de sécurité au niveau sanitaires », fait-il remarquer. Et il ne le regrette aucunement. « Ici, les conditions climatiques sont idéales pour s’entraîner et pour se reposer également. J’arrive à faire plus de répétition lors des séances et c’est beaucoup plus dur, en terme d’intensité », nous dit-il.
Tel père tel fils

Issu d’une famille de sportifs, Gianmarco Tamberi a, pour entraîneur, son père, Marco, lui-même détenteur du record d’Italie, en salle en 1983. Petit rappel: sa performance de 2,28m équivaut au record de Maurice de Khemraz Naiko, de 1996 et qui tient toujours. Pour le champion olympique, être supervisé par son père est assez particulier. « M’entraîner avec mon papa est un plus, même si c’est beaucoup plus difficile qu’on peut le penser. C’est quelqu’un de très exigeant. De plus, il connaît tous les rouages de la discipline », explique Gianmarco Tamberi.

Selon lui, les liens privilégiés qu’il partage avec son père sont spéciaux et très forts surtout. « Les séances ne sont jamais les mêmes, mais le niveau de difficulté est toujours haut. J’ai connu des hauts et des bas, mais mon père a toujours eu les bons mots pour me motiver. Je lui dois tout, si je suis aujourd’hui champion olympique », explique-t-il. Son frère aîné, Gianluca, a aussi été un sportif de haut niveau, mais spécialiste du javelot, avec une marque personnelle de 78,61m. « C’est un plus de l’avoir à mes côtés. Je dirai même qu’il m’a beaucoup aidé à progresser, car il y a eu une compétition saine entre nous, remontant à notre enfance. Notre père nous taquinait d’ailleurs souvent. Il disait que Gianluca avait fait une meilleure performance et moi je m’efforçais à faire mieux. On continue toujours à se soutenir et c’est cela le plus formidable », fait ressortir
le champion olympique.

Pour conclure, Gianmarco Tamberi a indiqué que cette préparation, à Maurice, a pour but de le mettre dans les meilleures conditions, en vue des prochains Mondiaux d’Eugène, en Oregon aux États Unis (15 au 24 juillet). S’il a déjà remporté le titre mondial en salle en 2016, en revanche, il a dû se contenter de la huitième place, lors de la compétition en plein air, trois ans plus tard au Qatar.

Pour l’édition 2022 donc, son souhait le plus cher est de monter sur la plus haute marche du podium. « En tant qu’athlète de haut niveau, je me dois de me surpasser. Lorsque je participe dans une compétition, c’est pour la gagner. Je suis un compétiteur né et, décrocher l’or à ces Mondiaux, serait la cerise sur le gâteau. Sauf que je suis conscient que mes adversaires sont coriaces et veulent aussi cette médaille, dont Mutaz », conclut le champion olympique italien.

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Performances et résultats : une carrière déjà bien remplie

Si c’est à 29 ans qu’il a pu enfin décrocher son premier titre olympique, la carrière de Gianmarco Tamberi a, elle, pris son envol en 2011. Cela, en décrochant une médaille de bronze, lors des Championnats d’Europe junior, avec une performance de 2,25m, soit à deux centimètres du record national de son père, Marco, qui était alors de 2,27m. En 2012, il connaît sa première sélection en équipe d’Italie et participe aux Championnats d’Europe.

Il se classa cinquième lors de la finale. Durant cette même année, il porte le record national à 2,31m et se qualifie, pour la première fois, aux JO de Londres. Toutefois, il n’est pas parvenu à se qualifier pour la finale.

De 2012 à 2015, il enchaîne les podiums, puis en 2016, il efface deux records nationaux soit l’un de son compatriote Marco Fassinotti, en réalisant une marque de 2,35m en pleine air, et en salle, de 2,38m, ce qui constituait à l’époque la meilleure performance mondiale de l’année. Le 15 juillet 2016, il porte sa marque nationale à 2,39m lors du Meeting Herculis à Monaco, et se blesse gravement. Lors des années suivantes, il brille sur la scène européenne, en remportant le titre en salle en Écosse, avec un saut de 2,32m.

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