Les quatre boxeurs posant avec le quadricolore.

Olivier Lafleur, Akilesh Bhantooa, Sharone Clair et Didier Brasse en quarantaine depuis vendredi, dans un hôtel du nord

 Sheila Sheik-Bajeet, présidente de la FMBFS, soulagée, mais aussi inquiète pour la suite de la saison

Les boxeurs Olivier Lafleur (-85 kg), Akilesh Bhantooa (+85 kg), Sharone Clair (+75 kg) et Didier Brasse (-56 kg), attendus au pays le 6 août, sont finalement rentrés au pays, avec une semaine de retard. Cela, en raison du délai non-réglementaire (72h) pour effectuer un test PCR avant le départ. Après une semaine en Turquie, les Mauriciens sont arrivés vendredi et observent actuellement une quarantaine dans un hôtel du littoral nord. Au niveau de la Fédération mauricienne de Boxe Française Savates (FMBFS), plus particulièrement la président Sheila Sheik-Bajeet, se dit soulager, mais aussi inquiète, quant à la suite de la saison.

Ils étaient partis défendre les couleurs de la République de Maurice aux Championnats du monde assaut, puis de combat, en Autriche. Et ils ont été tous médaillés — argent et bronze —, dont Olivier Lafleur, médaillé d’or aux Mondiaux assaut. Logiquement, ils auraient dû être accueillis triomphalement à leur retour au pays. Tel n’a malheureusement pas été le cas et on serait même tenté de dire qu’ils sont rentrés dans l’anonymat et dans la difficulté. Cela, d’abord, en raison des frais de quarantaine que la fédération a eu à trouver pour compléter les Rs 84 285 obtenu du ministère des Sports. Contrairement à ceux rentrant des Jeux olympiques de Tokyo (Japon) qui ont eu la chance de défiler sur le « tapis rouge » pour observer leur quarantaine !

Les « ambassadeurs » du pays, en boxe française ont, eux, connus beaucoup de péripéties avant de finalement regagner le pays. La faute à un test PCR effectué hors délai. Reste que là n’est pas la question, surtout pas pour une sélection de boxeurs qui a été contraint de voyager seule, sans entraîneur et sans chef de délégation ! Olivier Lafleur en garde d’ailleurs une éprouvante expérience extra-sportive. « Nous avons enchaîné deux compétitions de très haut niveau. Physiquement et psychologiquement, nous étions cuits. Et voilà qu’on s’est retrouvé bloquer en Turquie. Sincèrement, ce n’est guère évident pour un sportif de haut niveau et défendant, de surcroit, les couleurs de son pays de se retrouver dans de telle situation. On ne souhaite d’ailleurs à personne ce que nous avons vécu », fait-il ressortir.

Demeurer une semaine de plus à l’étranger, alors qu’on veut retrouver les siens et célébrer son succès, a été une expérience très stressante. « Nous avons été bloqués en Turquie, suite à une confusion. Nous étions sur le qui-vive, car nous voulions, à aucun prix, éviter un deuxième scénario identique. Finalement, tout s’est bien passé et nous sommes très contents de rentrer au pays », explique Olivier Lafleur. Ce dernier a tenu à remercier la fédération et surtout l’entraîneur national, Kursley Visenjoue, lequel a été, à chaque seconde, à leurs côtés depuis le départ pour l’Autriche. « Au nom de tous les boxeurs, je remercie infiniment Kursley pour son soutien. Si nous avons aussi pu réaliser une très belle performance, c’est bien grâce à lui. On lui dédie nos médailles », souligne-t-il.

Pour sa part, Sheila Sheik-Bajeet s’est dit soulager que les quatre boxeurs sont finalement rentrés. « Le plus important a été fait. Nous étions tous très stressés et on peut désormais souffler », dit-il. La présidente de la FMBFS a remercié tous ceux qui ont aidé à réunir la somme manquante après les Rs 84 285, mises à disposition par le ministère des Sports. « Les membres, proches et amis ont généreusement contribué et nous leur remercions de tout coeur», fait-elle ressortir.

En revanche, ajoute-t-elle, c’est la suite qui est à craindre, d’autant que ce déplacement a englobé pratiquement les Rs 220 400 obtenus comme budget du ministère des Sports pour l’année financière 2021/22. « La suite ne sera effectivement pas évidente. Il nous faudra désormais trouver des fonds pour pouvoir organiser les compétitions locales à venir. Nous n’allons pas baisser les bras. On procédera étape par étape », conclut-elle.