Qualifiée pour les Jeux Olympiques, qui se tiendront du 23 juillet au 8 août à Tokyo au Japon, l’haltérophile Roilya Ranaivosoa peut enfin mettre la dernière main à sa préparation en vue de sa participation au rendez-vous quadriennal.

« Soulagée. » Voilà le sentiment qui anime Roilya Ranaivosoa, alors que le communiqué de la Fédération internationale d’haltérophilie (FIH) annonçant la qualification de la Mauricienne est tombé en fin de semaine dernière. « La confirmation est venue, je peux enfin respirer, mais aussi m’atteler à mettre la dernière main à ma préparation », dit l’haltérophile, alors qu’elle se préparait à rejoindre son camp d’entraînement à Pointe Jérôme.

Mais ce soulagement est aussi couplé à un sens de responsabilité. Car plus qu’un ticket pour les JO, cette participation au plus grand rassemblement sportif au monde demeure pour elle un rêve qu’elle aura réalisé. « Ce sont les JO. C’est le rêve de tout athlète. Et il ne s’agit pas d’y aller pour faire de la simple figuration. » Roilya Ranaivosoa veut donc casser les codes. « J’y vais pour faire le show sur la plateforme. En tout cas, je vais me donner à 200% », promet-elle.

Le chemin qui l’a menée aux JO de cette année a été parsemé de participations à toute une série de compétitions et de tournois, dont les Jeux du Commonwealth 2018 à Gold Coast en Australie. Elle remportera la médaille d’argent. Mais l’aventure olympique de 2016, à Rio, a commencé à forger le caractère de Roilya Ranaivosoa. « Il y a une différence entre la Roilya de 2016 et celle d’aujourd’hui. C’est dans la façon de voir les choses. Aujourd’hui, je vais aux JO avec l’idée de faire une bonne performance, de finir parmi les meilleures mondiales. »

C’est d’ailleurs depuis sa médaille d’argent aux Jeux du Commonwealth qu’elle songe à faire valoir son expérience. « J’ai appris des choses, j’ai évolué. Je suis plus en confiance », relate celle qui va concourir chez les 49 kg. D’ailleurs, c’est avec une confiance presque aveugle en ses capacités qu’elle abordera la compétition. « Je me dis que mes adversaires sont comme moi : des êtres humains. Mais nous sommes différentes par le fait qu’elles ont pu effectuer une préparation digne de ce nom et pas moi. »

Elle cite pour exemple des pays comme la Chine et les États-Unis, qui ont permis à leurs athlètes d’effectuer une préparation qu’elle considère comme optimale. « Malgré la Covid-19, les dirigeants de ces pays ont trouvé des moyens pour permettre à leurs athlètes de se préparer dans les meilleures conditions. Moi, j’irai rivaliser avec mes adversaires avec les moyens du bord. Voilà toute la différence. »

Plus d’un mois est passé depuis les championnats d’Afrique et elle ne semble pas avoir digéré son absence au rendez-vous kenyan. « On m’a privée d’une partie de ma préparation et d’une médaille. » Pour elle, le fait que Madagascar, un pays considéré comme ayant peu de moyens, ait délégué une sélection parle pour la politique sportive de ce pays. « Il y a eu une conférence de presse par la Fédération malgache et le président a fait affréter un avion spécialement pour que quatre haltérophiles puissent se rendre à Nairobi », soutient la leveuse de fonte.

Elle lance un pavé dans la mare, soutenant ses dires par une métaphore. « On a choisi d’investir dans des bâtiments et pas dans les athlètes. » Mais pour faire honneur à ce ticket acquis à la sueur des années d’entraînements et de compétitions acharnées, elle n’abdiquera pas devant son devoir. « Je suis consciente d’une chose : je serai sur une plateforme avec les meilleures mondiales. Mais je promets de me battre jusqu’au bout. »