Une médaille visée aux Jeux paralympiques de 2024 à Paris après les promesses de soutien de l’état

Les fonctions d’entraîneur national lui sont confiées par la PHYSFED parallèlement à la MSFPID

L’entraîneur national du Mauritius Sports Federation with People Intellectual Disability (MSFPID), Jean-Marie Bhugeerathee, s’est vu récemment confier d’autres responsabilités. En effet, il a été également nommé entraîneur national au sein de la Physically Handicapped Person Sports Federation (PHYSFED).

Une nouvelle responsabilité qu’il accueille favorablement et qui, selon lui, entre dans la logique des choses, étant donné qu’il a déjà, sous sa direction, plusieurs athlètes de haut niveau souffrant d’une déficience physique. Il est même d’avis que le fait d’être nommé à ce poste facilitera beaucoup de choses, tout comme cela a été le cas, au cours de ces dernières années, après la décision de la MSFPID de lui confier les rênes de sa direction technique nationale.

L’objectif, selon lui, est de continuer à travailler avec le même sérieux, afin de décrocher une médaille aux Jeux paralympiques de France. D’autant, dit-il, que le sport local peut désormais compter sur un soutien de taille avec l’engagement de l’Etat et la création du comité Horizon Paris 2024

4 bénéficiaires pour Paris 2024
Pour Jean-Marie Bhugeerathee, le poste d’entraîneur national à la PHYSFED lui permettra de voir les choses différemment. « C’est un travail que je fais déjà depuis des années, sauf que là, c’est officiel. Sur un plan purement technique, cela me facilitera énormément les choses. Je remercie les membres de la PHYSFED pour cette confiance et je tâcherai d’être à la hauteur comme j’ai toujours essayé de le faire. Cela, au mieux de mes capacités », déclare-t-il. D’autant que l’objectif commun, au sein de ces deux fédérations est de décrocher une médaille aux Jeux paralympiques de l’année prochaine, à Tokyo au Japon. « Il faudra d’abord valider une qualification.Si tout se passe bien, l’objectif sera ensuite de décrocher une médaille. Ce sera très difficile, mais pas impossible », explique-t-il.

En revanche, ajoute Jean-Marie Bhugeerathee, l’objectif devrait être beaucoup plus réalisable en 2024 aux Jeux de Paris en France, notamment avec les gros moyens déployés par le comité Horizon Paris 2024 et l’Etat mauricien, à travers le ministère des Sports. Quatre handisportifs font d’ailleurs déjà partie du projet, soit Noemi Alphonse, Anaïs Angéline, Roberto Michel (physique) et Denovan Rabaye (intellectuel). « Il faut savoir reconnaître les gros efforts déployés par le ministère et les membres d’Horizon Paris 2024 pour faciliter notre tâche. Si tout se passe selon les prévisions et avec le soutien massif qui y est prévu, je ne vois pas pourquoi on ne pourra pas viser un podium en 2024. Nous avons des athlètes classés parmi les 10-15 meilleurs mondiaux et si on ne peut atteindre cet objectif, cela voudra dire qu’on n’a pas été à la hauteur ou qu’on n’était pas suffisamment déterminé », explique-t-il.

D’autre part, Jean-Marie Bhugeerathee a indiqué que, cumuler le poste d’entraîneur national au sein de deux fédérations et celui d’entraîneur, au sein de Magic Parasports Club, n’est pas un problème, d’autant qu’il dit pouvoir compter sur une grosse équipe. « Nous constituons une grande famille. Le fruit de nos efforts repose sur un travail d’équipe et non sur une personne seulement », fait-il remarquer. Celui qui avait commencé son parcours en 2006, avec trois athlètes seulement, encadre aujourd’hui une équipe de 20 handisportifs de trois types d’handicaps différents (intellectuel, physique et visuel). Il peut également compter sur plusieurs cadres pour mener à bien son projet, dont Audrey Grandcourt entre autres, préparatrice physique. « Tout le monde est là pour aider, même Nicolas Angéline, ancien sauteur et père d’Anaïs. Il vient une fois la semaine et je peux vous dire que cela m’aide énormément », dit-il.

Minima réalisés pour les Jeux de Tokyo
L’entraîneur national n’a pas manqué non plus, de saluer l’autonomisation de ses athlètes et de ses guides. Car selon lui, tout le monde y met du sien. « Voir un athlète aider un nouveau qui n’a pas le même handicap que lui est formidable. C’est cela la beauté du sport. Avant d’avoir un groupe conséquent, j’avais pris la décision de prendre mes distances du handisport après les Jeux des Iles de 2015 à La Réunion. Sauf que ces athlètes m’ont donné le courage de continuer », souligne Jean-Marie Bhugeerathee. Tout comme la décision de ces athlètes de contribuer financièrement de leurs bourses de sportifs de haut niveau, pour payer des soins médicaux et paramédicaux supplémentaires. « Chapeau aussi à tous ceux qui nous aident en acceptant une réduction à 50% de leurs tarifs habituels », précise-t-il.
C

e dernier ne manque pas de remercier Jean-Marie Malépa, président de la MSFPID, sans qui, dit-il, l’aventure aurait certainement pris fin depuis très longtemps. « Jean-Marie m’a offert le poste d’entraîneur et un salaire. Ce n’est certes pas suffisamment pour subvenir à mes besoins, nécessitant même un emploi à mi-temps. Sauf que le plaisir de voir mes athlètes progresser à ce rythme n’a pas d’égal. Tout comme le fait de voir des athlètes se qualifier, pour la première fois, aux Championnats du monde de para-athlétisme, en novembre de l’année dernière où ils étaient sept de mon groupe présent à Dubaï », fait-il ressortir. Il parle également de ce sentiment de fierté de voir six de ses athlètes réaliser les minima des Jeux paralympiques de Tokyo 2021. Ces derniers sont Noemi Alphonse, Anaïs Angéline, Roberto Michel (physique), Anndora Asaun et Rosario Marianne (visuelle) et Denovan Rabaye (intelectuel).

Pour conclure, Jean-Marie Bhugeerathee dit être disposé à accueillir d’autres handisportifs, mais déplore l’attitude de certains. « C’est dommage que tout le monde ne pense pas dans la même direction. Je ne suis pas là pour débaucher des athlètes de leurs clubs, mais pour aider le handisport à progresser davantage. Il faut que les gens arrivent à comprendre que s’entraîner en sélection ne veut pas dire changer de club. C’est cette mentalité qui est difficile à changer. »

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Infrastructures à Côte d’Or : Une belle opportunité selon l’entraîneur nationale
Jean-Marie Bhugeerathee est d’avis que l’entrée prochaine en opération du centre international, sis à Côte d’Or, constituera un tournant décisif dans le cadre de la préparation de ses athlètes de haut niveau. « Cela fait des années que nous sommes contraints de demeurer au stade et ce, entre deux entraînements. La récupération se fait à l’ombre sur un tapis et ce n’est guère évident lorsqu’on témoigne de ce qui se fait à l’étranger ! », dit-il. Selon les dernières informations, dont il dispose, cette situation est appelée à changer dans un proche avenir. « Le centre international de Côte d’Or devrait bientôt être opérationnel avec tous ses aménités et équipements. Forcément, cela nous permettra de récupérer dans des conditions optimales et même nous permettre de nous entraîner à la raison de trois fois quotidiennement sur certains jours », explique-t-il.