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À bas l’impunité !

Le dimanche de la première semaine de décembre annonçait jadis la fin en apothéose de la saison hippique avec le week-end international, mais en cette année 2021 maudite pour plusieurs raisons, dont celle de la pandémie de Covid-19, ce dimanche 5 décembre sera celui de la Coupe d’Or, qui désignera à coup sûr le cheval de l’année, puisque, comme le mentionne la une de ce magazine, ce sera le « title decider ». L’édition 2021 de ce dernier Groupe 1 de la présente saison, The Duke Of York Cup (G1), disputée à poids d’âge sur 1600 mètres, réunira un petit champ, avec des chevaux de qualité certes, mais cet événement a été dans le passé très convoité et faisait stalles pleines. En effet, seulement sept compétiteurs de l’élite seront alignés.

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On y retrouvera les deux vainqueurs classiques de la saison, Twist of Fate, de l’entraînement Vincent Allet, brillant dans la Duchesse et qui vient de renouer avec la victoire après une série d’échecs suspects où il n’a pas toujours été monté au mieux de ses chances, et Undercover Agent, de l’entraînement Maingard, brillant vainqueur de la Barbé Cup, qui a enfin couru sur sa vraie valeur cette saison, mais qui a connu un petit coup de mou lors de sa dernière sortie. Mais on peut compter sur Ricky Maingard pour l’avoir ramené au top niveau pour sa dernière sortie de la saison. Sa tâche sera compliquée par le Gujadhur de service, le tenant du titre, Black Cat Back, qui affectionne lui aussi la course à l’avant. En cas de train soutenu, ce qui est probable avec la présence de Padre Pio, de l’entraînement Simon Jones, Alyaasaat, de l’écurie Rousset, verrait ses chances décupler avec la monte du plus motivé des jockeys cette saison, Bhawan Sooful, qui a une main sur la cravache d’or, à moins que le dark horse de la course, l’autre Maingard de l’épreuve, Frosted Gold, ne vienne créer une belle surprise sur commande de son propriétaire.

Bien que la qualité ne fasse pas défaut, cette épreuve majeure de nos courses qui déchaînait les passions il n’y a pas si longtemps va se dérouler in camera, dans une quasi indifférence, comme toutes les autres courses de la saison et autant dire que sans ambiance, ces épreuves sont sans saveur, comme un bon plat auquel on aurait oublié d’ajouter la sauce. Mais derrière ce qui est aujourd’hui unanimement partagé par la population comme étant une gestion calamiteuse de la pandémie par le gouvernement, il ne pouvait en être autrement, la seule fenêtre possible, au moment de l’ouverture des frontières pour les touristes, ayant été jugée irrecevable par les experts de la Gambling Regulatory Authority (GRA) qui, d’ailleurs, est devenue l’agent recruteur par visioconférence de la HRD. Il est de notoriété publique que la GRA se préoccupe plus du sort de son protégé sur le contrôle de la masse des paris, afin de s’assurer que les caisses oranges restent garnies pour les prochaines échéances électorales.

Dans des conditions normales, nous aurions fait de Twist Of Fate notre favori, car ce cheval n’a pas toujours été monté au mieux de ses chances et son jockey fétiche a eu raison de prendre la poudre d’escampette puisque l’autorité hippique l’avait dans son collimateur. Par contre, ceux qui marchent aux ordres abusent chaque semaine des parodies de courses avec une multiplication de karos maryaz, doublé d’un rideau de chevaux devant le favori à battre, comme cela a été vu dans la deuxième course de dimanche dernier. Faut-il se faire une raison ? Assurément non. Mais, malheureusement, les vérités des courses à Maurice cette saison ne se décident pas sur la piste, mais dans les officines de paris pilotées depuis la tour de contrôle du côté de Mare Gravier, où celui qui est devenu le prince de Petit Gamin fait joujou avec les jockeys et les entraîneurs qui ont accepté ou ont été contraints de fonctionner sous ses ordres. Il est donc devenu hasardeux, voire très difficile, de pronostiquer quoi que ce soit aujourd’hui, où il vaut mieux avoir l’oreille à l’écoute que les yeux qui scrutent. Les courses mauriciennes sont plus que jamais à la merci du pouvoir, même pas de l’argent, mais des caprices du protégé du régime, qui excelle dans l’art de semer les grains pour mieux récolter les fruits argentés par la suite. Et ce, au détriment des parieurs qui parient sur des bases éprouvées pour dénicher des gagnants, mais qui sont en fait bernés avant même le départ de la course !

Mais l’étau se resserre sur cet intouchable dont l’image angélique pâlit. Même si la police par intérim fait la sourde oreille — en dépit des obligations de sa mission publique — aux droits fondamentaux bafoués de certains citoyens malmenés et harcelés pour l’avoir dénoncé, la masse critique de dénonciateurs des méthodes mafieuses dans lesquelles fonctionnent les courses hippiques, les loteries, les casinos et les officines de machines à sous qui fleurissent à travers l’île grossit de jour en jour. La face cachée de celui qui se croit au Pays du sourire et, qui maîtrise l’art d’embobiner des pontes naïfs de l’hippisme mauricien avec des projets mirobolants, est enfin en train d’apparaître au grand jour pour celui qui se la joue Robin des Bois, mais qui est en fait une pâle copie d’Al Capone. Désormais, ses faits et gestes sont surveillés de très près et ce ne sont pas ses fellateurs à la petite semaine dans son torchon, dont le caricaturiste — ils auront à rendre personnellement des comptes pour leurs obscénités écrites et caricaturées dignes de leur marionnettiste — qui pourront le sauver de sa descente aux enfers qui pointe à l’horizon, bien qu’il soit encore bien ancré dans les arcannes du pouvoir.

S’il fallait encore une preuve, il faut se référer au développement de grande ampleur qui est en train d’être entrepris sur un vaste terrain de Petit Gamin, Le Goulet, à toucher avec le centre d’entraînement appartenant déjà au grand manitou à Balaclava, où une piste de 700 mètres et des boxes pour une cinquantaine de chevaux ont déjà été érigés. Cela mérite des explications de la part des autorités, qui doivent dire si oui ou non un Environnemental Impact Assessment a déjà été fait ou pas, et s’il est accessible au public. Le ministre des Terres et du Logement ou celui de l’Environnement, ou encore le conseil de district du Nord peuvent-ils dire à la population si le massacre écologique perpétré à Petit Gamin, où on abat des arbres à grande échelle, du côté de Balaclava, à l’arrière des terres onéreuses du Domaine de Royal Park, a été approuvé par leurs services ? Est-ce que ces mêmes services ont approuvé la construction de ce qui ressemble à une autoroute, ou mieux, une piste digne d’un hippodrome pour l’entraînement des chevaux ou pour les courses ? Dans tous les cas, il leur appartient de vérifier que ce qui est en train de prendre forme en ce lieu retiré et peu fréquenté correspond, ou pas, à ce qui est déclaré sur la demande faite au district de Pamplemousses de « permit for building and land use » planté sur ledit terrain. L’application faite par JMLS Co. Ltd, qui date du 18 août 2021, évoque « a proposed construction of 3-concrete Adjacent building to be used as animals shed in a mixed used farming activity » au Goulet, Baie-du-Tombeau.

S’il n’est déjà pas commun pour un organisateur de paris d’être propriétaire de chevaux, de les acheter à l’étranger, de trouver des propriétaires consentants localement, de s’occuper de la nourriture et des soins des chevaux, il est rare d’en trouver un qui s’intéresse de si près à leur vie de tous les jours, depuis l’entraînement jusqu’à leur participation en course, voire le choix de leur jockey à qui des instructions sont aussi données, et surtout viser à faire partie de l’organisation des courses. Bref, si on peut saluer cet intérêt pour être présent à toutes les étapes des courses hippiques, malheureusement, il faut mettre en garde sur ce qui constitue un véritable conflit d’intérêts caractérisé du type « limem aste, limem vande. »

Si on avait un conseil à donner au bouillant financier, homme d’affaires, on lui demanderait d’investir dans un centre correctionnel 5 étoiles pour VVIP. Le pays finira par avoir besoin d’un tel centre. Le plus tôt sera le mieux. Il pourrait à cet effet demander au gouvernement de lui octroyer un terrain dans ce qui est déjà devenu le pôle de développement du pays, si ce n’est la capitale, c’est-à-dire, Côte D’Or. Et monter une infrastructure d’incarcération avec des ailes différentes et des cellules munies de toutes les aménités, les unes destinées à ceux qui occupent les hautes fonctions de l’État, les autres pour les hommes d’affaires et responsables d’institutions publiques véreux, etc. On y installerait des cantines/restaurants, des salles de soins haut de gamme et pour les adeptes, il faut prévoir des machines à sous et pourquoi pas des guichets SMS pour parier sur les courses… Parce que là-bas, le temps paraîtra long… très long… sans garde du corps, sans les « suceurs maillots ».

Trêve de plaisanterie. Les responsables d’institutions de l’État et parapublics, les gens du pouvoir, des financiers corrupteurs, ceux qui n’accomplissent pas leur mission ou sont complices de passe-droits, ceux qui renoncent à l’indépendance pourtant prévue par la Constitution, ceux qui se croient dieux parce que sortis de la cuisse de Jupiter, doivent se rappeler qu’ils sont aussi redevables envers la justice et donc à ses sanctions pénales, dont la prison. Le temps de l’impunité pour ceux-là est largement révolu…

 

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