Rendons à César ce qui appartient à César. Le titre de cet éditorial n’est pas le nôtre, mais de l’un des journalistes commentant samedi dernier le déroulement de la Duchesse 2021. Mais nous l’empruntons bien volontiers car il traduit parfaitement ce que nous avons vu et vécu lors de cette première épreuve classique de la saison. Tout ce qui fait la beauté des courses hippiques et toute cette émotion de bonheur indescriptible que seul un cheval champion peut susciter en vous étaient réunis dans cette épreuve mythique de début de saison. Comme l’aigle qui déploie ses ailes et plonge du ciel dans l’espace pour prendre de la vitesse, le cheval, lui, déploie ses foulées rapides et puissantes au ras du gazon à la vitesse de l’éclair, lorsque son jockey en parfaite harmonie avec lui le sollicite et lâche les rênes pour rattraper ses adversaires et les dépasser sans coup férir.

Comme bon nombre de téléspectateurs, car on ne peut, ces jours-ci, voir les courses collectivement qu’à travers le petit écran — devenu bien grand depuis —, le commentateur avait complètement ignoré le futur vainqueur de cette prestigieuse épreuve, Twist of Fate, qui a jailli de nulle part pour s’imposer avec une facilité qui a déconcerté, mais ravi les professionnels au Champ de Mars et le public turfiste contraint de rester à la maison.

Il est vrai que le cheval des Nagadoo et Damry semblait battu à l’entrée de la ligne droite finale tant son placement en dernière position, décidé avec clairvoyance par l’entraîneur Vincent Allet et réalisé avec maestria par Bernard Fayd’herbe, derrière un rideau de chevaux, ne lui donnait, à ce moment-là, pratiquement aucune chance de revenir sur les fuyards. Mais eux savaient ce qu’il y avait dans le moteur de ce cheval à qui la coupe semblait encore perdue à moins de 100 mètres de l’arrivée. Avec sa fougue habituelle, trop criarde parfois, le commentateur décrivait le duel épique qui opposait dans les cent derniers mètres Bag Of Tricks et Padre Pio sous la menace que constituait encore Master Of Illusion. Finalement, Padre Pio a pris le dessus sur ses adversaires et se dirigeait vers la ligne d’arrivée en vainqueur, quand il s’est vu doubler sur sa gauche par un Twist of Fate phénoménal.

Ce cheval compact doté d’une accélération foudroyante a déployé des foulées rapides et amples, avec finesse et élégance, en parfaite osmose avec son jockey, pour combler plusieurs longueurs de retard, tel un TGV, revenu du diable Vauvert, comme le dirait le regretté Léon Zitrone, pour rattraper les fuyards, avant de les déposer sur place, les rênes posées avant le poteau d’arrivée. Tout le monde avait le souffle coupé. Un courant d’air exceptionnel avait balayé le Champ de Mars admiratif de ce twist of class époustouflant. Un grand merci et bravo aux connexions de Twist of Fate, qui nous font l’honneur et l’immense plaisir d’avoir ramené sur nos terres ce cheval d’exception d’une qualité jamais égalée à Maurice.

Mais la grâce de la classe est un don du ciel qui n’est pas donné à tous. Même quand on a à sa disposition des millions. Certes, on peut tout acheter et tout vendre, même la conscience de certains opportunistes. Heureusement qu’il reste encore des hommes pour qui l’intégrité est un leitmotiv de la vie humaine. Le Britannique Paul Beeby, l’ancien Head Of Integrity de la Gambling Regulatory Authority (GRA) pour deux ans, après avoir passé douze ans dans les mêmes fonctions à la British Horse Racing Authority, est de ceux-là. Il a eu l’audace et le courage de raconter son expérience au sein de cette institution régulatrice qu’il décrit comme un centre névralgique d’une forme de corruption à travers le pouvoir usurpé d’un nominé politique et d’un haut fonctionnaire, soumis et complice, et une bande de directeurs fantômes, coupables d’avoir laissé faire ce duo, dont le but ultime, selon, Paul Beeby, se voulait être la mise à mort du MTC.

SA vérité, LA vérité de ce que sont devenus les courses mauriciennes avec comme régulateur une GRA gangrénée par la corruption et le racisme ordinaire contre tout ce qui est « blanc » est hallucinante. Pourtant, avant la GRA, le MTC, que certains esprits chagrins toujours englués dans leur schéma d’arrière-grands-parents, ont voulu rayer de la carte, a fait perdurer les courses pendant plus de 209 ans, avec des défauts, certes, que nous avons dénoncés sans peur ni reproche, pendant des années, pour justement mettre sur pied une institution qui veillerait au bon fonctionnement de ce sport, mais surtout qui viendrait en aide au développement hippique et à la facilitation des démarches administratives. Certainement pas pour devenir un organisateur ni un entremetteur !

Visiblement, la paire Bheekary-Dabidin avait elle une autre mission, un autre agenda. Favoriser à ce que le MTC devienne une entité commerciale qui serait poussée à la faillite pour qu’elle soit reprise par un bon samaritain financier du pouvoir en place qui aurait alors la totale mainmise sur l’hippisme mauricien : organisateur de paris et de loteries, propriétaire d’une part importante de nombreux nouveaux chevaux de course de l’île, le contrôle d’une dizaine de bookmakers et la mainmise sur l’organisation des courses. Ce scénario bien dessiné avait déjà été dévoilé dans nos colonnes à plusieurs reprises ces cinq dernières années. Espérons que les dénonciations de Paul Beeby sur les dysfonctionnements de l’institution GRA, de l’abus d’autorité de ses deux animateurs auront retenu l’attention du ministre des Finances, Renganaden Padayachy, qui aura le courage de nettoyer les écuries d’Augias et de donner enfin à la GRA les moyens humains et financiers d’être le garant de l’avenir des courses en partenariat avec le MTCSL, et non d’une affaire de petits copains et de petits coquins. La porte devrait être montrée à ceux qui ont abusé de leur pouvoir !

L’ « Ultimate Beneficiary Owner » (UBO) qui est le point focal de toutes ces dérives institutionnelles est l’un des « Blue-Eyed Boys » de l’institution régulatrice qui répond presque toujours favorablement à ses desiderata. Certes, ce proche du PM et de Dev Bheekary aura beau dire qu’il n’est qu’un consultant de toutes les compagnies de paris sur les courses de chevaux et de football, de loteries, des compagnies de bookmakers, des maisons de jeux, mais il ne pourra pas pour longtemps encore nier d’une façon ou d’une autre que son autorité, son emprise sur ces compagnies de jeux comme sur ces associations caritatives ne sont pas réelles. À quoi sont-elles dues ? Il y a une évidence qui sortira des ténèbres un jour ou l’autre. Comme pourrait dire le dicton revu et corrigé : cent jours pour l’autre, un jour pour le maître.

Il faut reconnaître qu’il a un magnétisme naturel pour des faibles, mais aussi pour des riches, que son argent, qu’il dépense comme il l’entend bien sûr, amplifie de façon exponentielle. Évidemment que ses revenus ne proviennent pas que de ses seules associations caritatives aux pauvres — très louables par ailleurs, à moins que cela ne serve de couverture à d’autres dérives — ne peuvent évidemment pas expliquer sa générosité maladive pour ceux qu’il souhaite asservir. Certains naïfs vous diront que c’est un homme gentil, formidable, généreux, doté d’une vision exceptionnelle pour les courses de demain à Maurice. C’est pour ce rôle de composition, admirablement bien interprété, que le surnom de bébé lactogène lui a été octroyé, quoique depuis quelque temps, ce sont les qualificatifs moins glorieux et plus mous, malgré les artifices bleus, qui lui sont associés.

Nous n’insisterons pas aujourd’hui sur ses relations plus qu’incestueuses dans le lit du pouvoir qui lui a tout donné sur un plateau au détriment de ses concurrents. Par contre, nous nous élevons avec force pour la forme sous laquelle il traite ceux qui ne mangent pas dans ses mains, ceux qui condamnent ses méthodes. Cela fait trois ans que ce personnage abject, à travers ses sbires « ti toutou », s’attaque à notre dignité sur la base de mensonges et de calomnies. Mais jamais, au grand jamais, ce personnage pervers n’a discuté les arguments soulevés contre ses méthodes et ses ambitions, et ses relations suspectes avec le pouvoir.

La salissure c’est son unique arme. Que n’a-t-il pas fait pour tenter aussi de salir Jean-Michel Giraud, Shan Ip et d’autres, dont plus récemment Rama Valayden qui a dénoncé, avec force et souvent avec raison, un certain nombre de ses actes qui seraient délictueux, s’ils étaient prouvés. Mais là où l’on découvre la face moins connue et veule de ce personnage, c’est la façon dont il s’en prend aux femmes. Après Keevy, Ringadoo, cette fois c’est sur Taslima Valayden qu’il épanche sa colère d’avoir été dénoncé et dévoilé en public par son mari.

Les psychologues auront sûrement une explication scientifique à ce comportement qui ressemble fort à celui d’un frustré. Les caricatures de l’épouse de l’avocat sont choquantes, misogynes et honteuses, à la hauteur du parrain qui les a commandées. Là, il ne s’agit plus de twist of class, mais d’une descente aux enfers qui n’est qu’à ses balbutiements. Il achète et vend comme le font les joueurs du jeu de société Monopoly. Si jusqu’ici les cartes « CHANCE » lui ont toujours été favorables, il y en a une qui s’approche du haut de la pile qui dit ceci : « Go to Jail, Go directly to jail ! Do not pass go, Do not collect 200. »