Le régulateur hippique britannique, The British Horse Racing Board, s’est réjoui que le gouvernement Johnson et son ministère responsable des courses, « the department of culture, media and sports », envisagent une révision rapide du système de prélèvement des taxes à partir des paris hors-hippodrome pour reverser l’argent directement dans l’industrie des courses. Le plan vise à rétablir la stabilité des revenus hippiques suite à d’énormes pertes de recettes dues à l’absence du public et des paris sur les hippodromes britanniques depuis la mi-mars et les conséquences de la Covid-19. En effet, les pertes globales de l’industrie hippique en 2020 sont estimées à £300 millions pour chacun des champs de courses de Cheltenham, Aintree, Epsom et Newmarket, qui appartiennent tous au Jockey Club britannique.

Une bouffée d’oxygène à laquelle le gouvernement britannique se propose d’ajouter, après étude, une loi sur les jeux d’argent à l’ère numérique et de revoir l’impact de l’interdiction de la publicité sur les paris. Concernant les paris sur les courses par internet, des « contrôles d’accessibilité » par un plafond — le chiffre maximum de £100 est avancé — sont envisagés pour empêcher les joueurs de parier au-dessus de leurs moyens, alors que la possibilité du retour de la publicité sur les paris, qui ferait grandement grimper les droits médiatiques et redonnerait la santé nécessaire aux courses hippiques, n’est pas à écarter.

Ce n’est pas ici que le régulateur hippique masqué, la Gambling Regulatory Authority (GRA), se réjouirait d’une telle nouvelle et encore moins que le gouvernement apporterait la moindre aide au domaine hippique. Depuis la nuit des temps, l’État mauricien n’a fait que pomper des énormes revenus du monde hippique sans jamais y remettre le moindre Kopeck. Au contraire, chaque année qui passe, la ponction des taxes s’accroît sur le bon dos d’une industrie à genoux qui doit aujourd’hui sa survie grâce surtout aux revenus provenant des paris qui, comme tout le monde le sait à Maurice, est une grande machine à laver de l’argent sale, dont profitent surtout ceux qui ont la manne du contrôle du fixed-odd betting au Champ de Mars et à travers le pays. Pas besoin de préciser que les autorités préfèrent garder leur masque jusqu’aux yeux.

Une GRA qui est toujours tout ouïe quand il s’agit de se prononcer sur ce qui peut profiter aux organisateurs de paris, mais qui se referme comme une huître ou relève le masque dès qu’on évoque des mesures susceptibles d’améliorer les courses hippiques. Elle n’en a cure. S’il en fallait encore une preuve, il suffit de prendre connaissance de la réception glaciale, pour dire le moins, cette semaine, des propositions d’une délégation du Mauritius Turf Club (MTC) pour amender les fameux « directives of racing » qui ont récemment encore une fois fait la risée du monde hippique mondial quand on a annulé une course de cinq partants pour en laisser courir une autre à trois partants. Ne parlons pas de ces régulations et des pouvoirs illégaux de ce futur comité d’appel de la GRA, comme démontré avec acuité et professionnalisme par Me Nazroo dans la dernière édition de Week-End, qui devrait être caduque, car inacceptable par aucune juridiction hippique internationale.

Tout le monde sait aujourd’hui que la GRA fonctionne aux ordres, non pas de son ministère de tutelle ou du gouvernement, mais de celui qui soudoie la conscience des faibles. Celles d’avides de récompenses argentées pour obtempérer à ses vils objectifs, dont régler ses comptes avec son ennemi d’armes qui l’a beaucoup fait saigner cette saison. Celles de journaleux ratés, jaloux, girouettes et ingrats, pour salir ceux que son argent émasculé ne peut acheter. Mais ce qui choque aujourd’hui, c’est la posture du MTC, du moins de certains de ses représentants, avec en tête un président dévalué, sans amour-propre, qui ne jure que par celui qu’il y a quelques semaines encore le traitait de soûlard et de Poupette Dookhia. Jusqu’à présent, étrangement, le MTC, la partie masquée, ne s’est pas prononcé sur les pouvoirs du comité d’appel de la GRA qui enlèvent les siennes.

Par contre, à grandes enjambées, un comité comprenant dirigeants et des employés, dont certains ne seront plus là pour la prochaine saison, planche avidement sur la privatisation du MTC comme le préconise la GRA Act depuis peu. Pourquoi tant de précipitation pour une disposition légale qui concerne, à tout le moins, tous les membres du MTC ? La suspicion s’est grandement accentuée ces derniers jours lorsqu’un membre de ce comité, pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit du Finance Administrative Manager du Club, a été prié, à la dernière minute, de ne pas assister à une réunion cette semaine, sur les instructions de la hiérarchie du club. Depuis, ce membre humilié, mais qui n’en pense pas moins, a démissionné de ce comité. Que voulait-on cacher à ce haut cadre du MTC ? Un secret de Polichinelle qui trouve sa réponse dans un récent déjeuner démasqué au Labourdonnais Hotel avec un encombrant personnage qui a valu à Kamal Taposeea une motion de « No Confidence ». Qu’il a su éviter jusqu’ici, pendant la saison hippique, mais qu’il devra affronter quand même comme un grand, mardi prochain, en préambule à la réunion hebdomadaire où il devra aussi s’expliquer sur les raisons de l’éviction de cet employé du MTC de la réunion du comité. Y aura-t-il un ou plusieurs des quatre signataires de cette motion qui vont se déjuger pour sauver l’honneur du président ? Vont-ils enfin se démasquer ? Verdict mardi prochain !

La saison hippique se termine par une double journée et 19 courses, un comble pour un dimanche 20 qui aurait mérité, en cette année 2020, 20 courses. Mais ce feu d’artifice hippique est un gros danger pour les fonds de poches remplies du bonus de fin d’année des turfistes à qui nous recommandons la plus grande prudence en ces temps difficiles où il faut privilégier le bonheur de sa famille dans une année où les nerfs ont été mis à rude épreuve par la Covid-19, le lockdown, les licenciements et des perspectives moroses de 2021. Mais pour les amoureux fervents des courses hippiques, il faut surtout aller féliciter tous ces professionnels qui ont fait de cette saison une réalité malgré ses imperfections dans un contexte exceptionnel et contraignant où le port du masque est encore nécessaire.

On y a vu émerger des champions, d’autres s’effondrer. Au final, les consécrations probables de l’entraînement Rousset et son duo d’entraîneurs Gilbert Rousset et Soodesh Seesurrun — qui, dans cette édition, dit son inquiétude sur l’avenir des courses —, de leur jockey, notre compatriote Nooresh Juglall, qui le mérite amplement, et du cheval Patrol Officer, impressionnant vainqueur de huit courses consécutives, dont cinq cette saison, avec une aisance qui en dit long sur ses limites inconnues qu’on découvrira la saison prochaine, sont dans l’ordre des choses. Elles récompensent la régularité, même s’il n’y a pas de victoire classique dans l’escarcelle.

Quant à 2021, qui s’annonçait jusqu’ici sous de mauvais auspices avec la perspective d’un nombre de nouveaux chevaux restreint, vu le niveau de stakes money distribué cette année, les nouvelles pour un plus gros contingent se confirment. Qui est donc ce Zorro masqué, qui d’un coup d’épée, s’est porté acquéreur d’une cinquantaine de chevaux, dit-on, en Afrique du Sud, et dont une partie est déjà destinée à cinq écuries, quatre en difficulté et une qui a pourtant de solides investisseurs ? Ceux qui pensent pouvoir contrôler l’homme à l’épée l’apprendront à leurs dépens, car le Zorro mauricien n’agit que par procuration. Avis aux institutions mauriciennes comme la MRA, l’ICAC, la FIU, la GRA, etc. qui voudront savoir d’où proviennent les fonds d’un tel achat massif qui sera adroitement redistribué, à moins qu’eux aussi ne continuent à porter le masque lorsque les intéressés sont des proches du pouvoir. Qu’à cela ne tienne, viendra plus tôt que prévu le temps où le public criera en chœur : Bas les masques !

Au nom de mes collègues de Turf Magazine, qui se sont donnés corps et âme cette année pour vous pourvoir d’informations les plus précises possible dans un contexte exceptionnellement difficile où le programme officiel nous provient souvent hors des délais raisonnables de fabrication du magazine, nous vous disons bravo et merci. Merci pour votre soutien qui a été grandissant tout au long de cette saison et qui nous va droit au cœur. Il renforce dans notre conviction que notre travail et mission est nécessaire pour la bonne marche de l’hippisme mauricien. Nous vous souhaitons, chers lecteurs, annonceurs et placiers, une fin d’année plus joyeuse et festive, et une meilleure année 2021 !