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Des leçons à apprendre

L’événement hippique mondial de la semaine a été sans conteste la Melbourne Cup, la course la plus richement dotée de l’Australie, avec plus de Rs 210M de dotation, qui s’est courue mardi dernier, 2 novembre, sur l’hippodrome de Flemington. Pour ceux qui aiment les courses et qui ont une certaine connaissance hippique, la monte du vainqueur de l’épreuve est une leçon de jockeyship à montrer dans toutes les écoles pour futurs jockeys et même pour des jockeys expérimentés. Cette monte a été unanimement qualifiée par la presse australienne de « perfect ride ». Bien qu’elle n’ait jamais gagné au-delà de 2400 m avant la course, Verry Elleegant a remporté la plus grande victoire de sa carrière par quatre longueurs devant Incentivise, le plus gros favori depuis l’immense Phar Lap en 1930.

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Dès le départ, malgré sa 18e ligne, le jockey James Mc Donald a placé sa jument en midfield et en deuxième épaisseur, et l’a rapprochée progressivement de la tête sans effort inconsidéré pour s’envoler vers une victoire qui semblait facile, tellement le jockey lui a donné une course fluide sans incident. Il s’agissait de la 10e victoire de Verry Elleegant dans un groupe 1, y compris la Caulfield Cup de l’an dernier. La jument avait terminé troisième du Cox Plate dix jours plus tôt.

James McDonald, émotif et modeste, qui remportait sa première Melbourne Cup, a loué sa monture pour ses immenses capacités. « Elle était détendue tout au long. Quand j’ai regardé le 600, j’ai juste, juste… je lui ai envoyé des baisers tout au long. Je ne sais pas. Je ne peux tout simplement pas croire ce qui vient de se passer. » Cette victoire était également la première en Coupe de Chris Waller, qui a remporté une série de courses majeures en Australie. La victoire de la Melbourne Cup signifie que l’entraîneur vedette a maintenant remporté les trois grandes classiques du Spring Carnival, grâce à la victoire de Verry Elleegant à la Caulfield Cup et aux quatre Cox Plates du champion Winx. Il est intéressant de noter que le jument Verry Elleegant, le jockey James Mc Donald et l’entraîneur Chris Waller sont tous les trois originaires de Nouvelle-Zélande.

Cette belle victoire s’est heureusement disputée devant une foule de 10 000 personnes, car elle n’aurait pas eu la même saveur devant des gradins vides. Heureusement que l’autorité hippique australienne a fait preuve de clairvoyance et de magnanimité. Ils ont en effet choisi l’occasion de la Melbourne Cup à Flemington, l’équivalent de notre Maiden, pour faire partie d’un essai gouvernemental qui permettait aux vaccinés d’avoir accès à l’hippodrome de Flemington, bien que l’État de Victoria soit encore sous le coup de restrictions sanitaires en raison d’une situation de cas de Covid alarmante. Racing Victoria, qui organise les courses, avait accueilli avec beaucoup d’enthousiasme l’annonce du gouvernement victorien selon laquelle cette réunion majeure du calendrier hippique de l’État de Victoria, la Lexus Melbourne Cup, serait ouverte au public, mais aussi pour le soutien continu à l’industrie des courses victoriennes. Pour rappel, la Melbourne Cup de l’année dernière s’était déroulée à huis clos, tandis qu’en 2019, le nombre de spectateurs était de 81 408 personnes.

Ce clin d’œil à l’Australie n’est évidemment pas fortuit et démontre bien que les autorités mauriciennes avaient, elles, raté le coche lorsque les turfistes mauriciens, les professionnels des courses et le Mauritius Turf Club réclamaient à juste titre qu’une jauge de foule soit autorisée d’aller au Champ de Mars à l’occasion du Maiden, alors que le reste du pays avait été « libéré » des contraintes majeures, avec l’ouverture des frontières. Ce manque délibéré d’audace de la GRA n’est pas feint, mais bien calculé, pour étouffer financièrement le MTC-MTCSL et parallèlement favoriser SMS Pariaz, qui est le principal bénéficiaire du huis clos puisqu’il détient le monopole du fixed-odd betting sur le territoire mauricien — un sujet que la Competition Commission très efficace sur les abus des assurances-maladie devrait prendre en main — et donner libre champ à l’illegal betting pratiqué au nez et à la barbe de la Police des Jeux et de la Cybercrime Unit de la police, non pas parce qu’elles ne sont pas efficaces, mais bien parce qu’elles sont toutes en quelque sorte par intérim, comme leur chef suprême, ce qui, nous soutenons avec force, n’est pas conforme à l’esprit de la Constitution et à l’indépendance des fonctions clés du pays.

Certes, la Gambling Regulatory Authority (GRA) avait bien ouvert l’imposte pour caser quelques propriétaires acquis à leur cause, ce dont avait profité aussi le président du MTC, Jean-Michel Giraud, pour revenir chez lui au Champ de Mars alors qu’il en avait été injustement privé avec ce qui ressemble fort à un abus d’autorité — déjà mis à l’index devant la justice —, sous le prétexte qu’il n’avait pas de Personal Management Licence (PML).

Cette licence, qui n’a aucune utilité hippique, sinon d’être un outil de restriction aux mains de la GRA pour permettre à l’autorité hippique de pick and choose, est à notre sens totalement inutile, voire illégitime, puisque basée sur l’arbitraire. Elle permet entre autres à rendre assujettis à la GRA tous les professionnels des courses alors qu’une licence en bonne et due forme est déjà délivrée par l’organisateur des courses. Cette duplication d’autorité faite sous le prétexte de vérifier si les détenteurs de licence étaient bona-fide sur le plan financier et judiciaire a déjà été utilisée à des fins politiques contre le président du MTC, empêché du coup d’être aux commandes du Maurtius Turf Club Sports & Leisure Ltd, ce qui a créé une situation de crise.

La semaine écoulée n’a, semble-t-il, pas calmé les ardeurs, à la rue Eugène Laurent, de certains au management du MTCSL, toujours sans CEO, à moins que celui qui assumait l’intérim avant de démissionner n’ait réintégré son poste. Certains anonymes ont été investis du pouvoir d’enquêter sur les actes de leur hiérarchie au MTC, l’actionnaire majoritaire. Si ceux qui sont entrés dans cette logique d’acte de folie pensent que ce sera sans conséquence, ils se trompent lourdement. Des têtes vont tomber. Qui ? L’avenir nous le dira. On ne sait à ce stade si ces petits caporaux qui se prennent pour des agents de la Gestapo ont été mandatés par le board do MTCSL, ou si celui-ci laisse faire — ce qui est encore plus grave — pour interroger leurs collègues sur une réunion entre des employés et le président du MTC. Tout cela n’augure rien de bon et promet une descente aux enfers. Le résultat est que cela peut produire l’effet boomerang. Une déposition a été faite à la police pour harcèlement sur le lieu de travail et des enquêtes enterrées récemment pourraient refaire surface. Rien de tout cela n’est à la hauteur de ce qu’a accompli ce club, dont les agissements de ses animateurs ne finissent pas de jeter le discrédit sur une institution vieille de plus de 200 ans qui, quelque part, est en train d’accélérer sa mise à mort. La division est définitivement improductive et il faut retrouver la vision fédératrice pour survivre face une à GRA qui se frotte les mains dans un silence de cathédrale.

La GRA a raison de jouer petit bras, car elle n’est pas épargnée par des problèmes qui se profilent à l’horizon avec d’abord les difficultés de transferts de certains employés vers la Horse Racing Division, mais ce sont surtout les agissements d’un de leurs protégés qui risquent d’enrayer la bonne marche de leur machination sur le contrôle absolu sur l’hippisme mauricien. Ce protégé, c’est Jean Michel Lee Shim, qui a pu repartir en Grande-Bretagne bien qu’il y ait contre lui deux « arrestable offences » dénoncées par une de ses ex-employés, qui est la femme d’un membre de sa famille : harcèlement sexuel et illegal betting. Il est officiellement aller acheter des chevaux, une cinquantaine, dit-on, dans un premier temps, qui seront suivis d’une centaine après. Mais qu’il soit retourné à Londres au moment où le Premier ministre y est, moins d’un mois après y avoir été, serait-il le fait du hasard ? Dans les coulisses, on évoque un nouveau commerce lucratif qui se dessine à l’horizon. En attendant, d’autres accusations tombent sur JMLS avec des documents accablants qui vont mettre la GRA dans une position inconfortable.

Que JMLS utilise son journal et sa bande de petits fellateurs pendus à ses billets de banque, pas toujours bien gagnés, pour tenter de nous discréditer, physiquement et professionnellement, n’a aucun effet sur notre détermination à dénoncer la corruption, les passe-droits, le harcèlement sexuel ou d’autres délits tolérés par le pouvoir public et qui restent impunis. 

Décidément, il y en a qui ont des leçons à apprendre : ce ne sont ni les kilomètres de textes qui s’allongent lorsque le danger pointe, ni la pléthore de photos, ni les menaces caricaturales à peine voilées qui nous arrêteront. Bien au contraire…

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