ENVIRONNEMENT — Projet RECOS — Rivière-Noire : 109 problèmes identifiés, dont 16 urgents

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Des inondations à la pollution, en passant par la gentrification, des défis à relever pour la Gestion intégrée des zones côtières Le ministre Rajesh Bhagwan : « Nous avons l’impression que les problèmes du littoral ont été instrumentalisés »

Dans le cadre du projet RECOS (Restaurer les écosystèmes côtiers pour renforcer la résilience des populations littorales), un plan d’action de Gestion intégrée des zones côtières (GIZC) pour Rivière-Noire a été élaboré. Il s’agit d’un projet pilote pour tester une méthodologie standardisée de GIZC. Le but étant de renforcer la résilience des écosystèmes côtiers selon une approche participative. Dans le cadre de ce projet, 229 Surveys ont été menées, 109 problèmes rapportés et 16 priorités identifiées.

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Rivière-Noire a été choisi en raison de sa forte concentration d’activités, de pressions et de vulnérabilités. L’ébauche du plan d’action a été réalisée et mise sur des actions concertées entre les institutions et les communautés locales. Le plan d’action, qui comprend 72 actions, 493 sous-actions et 90 actions localisées, a été présenté aux différents partenaires, hier, en présence du ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan.
Ce dernier a fait ressortir que pour un petit État insulaire comme Maurice, le littoral représente bien plus qu’une simple frontière entre la terre et la mer. Il a ainsi tenu à féliciter tous ceux qui ont contribué à la mise en pratique du projet RECOS. « Le littoral constitue un patrimoine naturel, économique, social et culturel d’une importance capitale. Nos zones côtières abritent des écosystèmes d’une grande richesse, font vivre des communautés entières et contribuent directement à des secteurs essentiels de notre économie, notamment le tourisme et la pêche », dit-il.

« Toutefois, notre littoral est soumis à des pressions croissantes. Nou lagon inn fatige ! » a-t-il concédé. Il a cité en exemple l’érosion côtière, l’élévation du niveau de la mer, le développement mal maîtrisé, ainsi que la dégradation des écosystèmes. De même, il a souligné que la zone côtière est aussi devenue une zone de conflits : « Il y a des conflits entre usagers, entre la préservation de l’environnement et le développement, entre le gagne-pain des pêcheurs et les activités hôtelières, entre le promoteur et le riverain, entre les communautés côtières et la gentrification », poursuit-il.
Le ministre note que les institutions ont besoin d’une nouvelle impulsion. « Les initiatives sont nombreuses, mais les résultats, peu probants », a-t-il fait ressortir, en évoquant l’impression que les problèmes du littoral ont été instrumentalisés et que certains en font même un fonds de commerce. « C’est la raison d’être de certaines institutions, de certains cabinets d’experts-conseils et de certaines organisations dites non gouvernementales, mais qui sont en fait des représentants de lobbies aux desseins obscurs », estime-t-il.
Parlant du Plan d’action de Rivière-Noire, il a mis en avant que celui-ci repose sur la concertation de plus de 200 parties prenantes du district et sur plusieurs sessions de travail avec le Comité GIZC. « La méthodologie développée pourra servir à élaborer des plans similaires dans les autres régions côtières et à Rodrigues, en tenant compte des besoins propres à chaque territoire », indique-t-il.

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Ce projet cadre avec un ensemble d’actions engagées par le gouvernement, avec notamment la réhabilitation de plus de 11,5 km de littoral dégradé sur 17 sites prioritaires, l’élaboration de la stratégie nationale de gestion du littoral et les efforts en matière d’économie bleue et de planification spatiale marine. De même, ce projet contribue à la mise en œuvre du Protocole régional sur la GIZC, adopté dans le cadre de la Convention de Nairobi. « Les enseignements de Rivière-Noire alimenteront les échanges régionaux, en particulier à l’approche de la COP13 de la Convention de Nairobi, qui se tiendra sous présidence mauricienne, à Maurice en 2028 », rassure-t-il.
Toutefois, s’est appesanti le ministre, un plan, aussi solide soit-il, ne protège rien tout seul. Il a souligné : « il est essentiel que les populations locales soient pleinement associées aux décisions qui touchent à leur environnement. C’est un principe fondamental de la GIZC et la condition pour que les actions soient appropriées et durables. »

Étendre à d’autres territoires
Pour sa part, Philippe Phan, de l’Agence française de Développement (AFD), a émis le souhait que les engagements de Rivière-Noire puissent servir à la gestion des côtes sur une base plus large pour Maurice. « Cela peut aboutir à une réflexion nationale, avec des actions cohérentes, sur le territoire », avance-t-il. Il a élaboré sur les différentes rencontres citoyennes à Flic-en-Flac et à Le-Morne, notamment, relevant la nécessité de confronter les idées, avant de faire des choix. « L’un des intérêts de RECOS est qu’une expérience sur un territoire peut servir à d’autres », a-t-il dit.
Adèle de Toma, de la Commission de l’océan Indien et coordinatrice régionale du projet RECOS, a fait ressortir qu’avec l’atelier de restitution, le projet franchit une nouvelle étape. Elle a fait le lien avec la 12e Conférence des Parties de la Convention de Nairobi qui se tiendra dans un mois. « La mise en application concrète du projet avec la collaboration du conseil de district de Rivière-Noire fait de Maurice un des pays précurseurs dans cette partie de l’océan Indien. C’est un exemple pour les pays de la COI. Maintenant, se pose la question de la pérennisation », fait-elle valoir.

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Khemraz Ortoo, président du conseil de district de Rivière-Noire, a mis en avant l’importance du projet RECOS, pour la protection de la zone côtière. « Le district de Rivière-Noire s’étend de Richelieu à Le-Morne et compte 2% de sa population en zone côtière », a-t-il déclaré. Il a également mis l’accent sur l’importance économique avec la pêche, le tourisme et le développement immobilier, entre autres.
Il a salué l’initiative prise par le ministre Bhagwan, il y a 25 ans, pour interdire l’extraction de sable. Dans le même esprit, il estime qu’il faut aujourd’hui bannir la pêche à la senne. « Je suis conscient que c’est difficile, mais il faut trouver les moyens, car il faut protéger nos coraux. Ce sont eux qui préservent nos lagons et gardent nos régions côtières vivantes », préconise-t-il.

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