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Boyzini : « Je me sens libre »

Boyzini, pour ceux qui ne le savent pas, quel est votre nom à l’État civil ?
Borghini Naidu. J’ai 35 ans.

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Vous préparez un single, dites-nous en plus.
Ce single, qui s’intitule Lanbians dan site, est, en fait, une création du groupe Sega nou Zanset. Celui-ci m’a approché pour faire un featuring. C’est un gros séga avec une touche de modernité. Je n’avais pas l’intention de chanter, genre revenir en solo. D’ailleurs, j’avais décidé d’arrêter la chanson. Je dirais même que j’ai mis une fin à ma carrière de chanteur.

Que faites-vous depuis?
Je me suis lancé dans l’organisation de festivals, de concerts locaux ou de facture internationale. Je ne suis plus au-devant de la scène, mais en backstage. J’ai participé à des événements qui avaient pour invités des pointures comme Dadju, des chanteurs d’afrobeat nigérians, des artistes martiniquais. J’ai commencé à organiser de petits événements entre 2008 et 2012. Aster mo organiz bann gro zafer. J’ai dû revoir mon plan de carrière, il y a quelques années de cela. À un moment de la vie, un artiste se voit confronté à une réalité : il ne peut pas dépendre de la chanson pour vivre. Moi, je l’ai ressenti. Il vaut mieux se retirer quand tout va bien. Je veux dire quand on a encore des chansons qui marchent bien. Les plus grands artistes étrangers qui ont fait une pause ou qui ont pris leur retraite se sont arrêtés sur des succès. La chanson demande beaucoup de sacrifices et a un impact sur la vie familiale. Être sur scène c’est aussi sourire, même quand  ça ne va pas bien. Ou fini sante ou sorti lor lasenn ou pe bizin riye mem. Aujourd’hui, je me sens libre.

Qui sont vos collaborateurs ?
Je travaille avec sept gros labels. Ma boîte, Coulisses V.I.P propose des concepts qu’ils intègrent dans leurs événements. On transforme des espaces vides en aires d’accueil. Grâce à l’événementiel, en milieu artistique, et des initiatives que je propose, je peux participer à la création d’emploi pour les artistes.

Une boîte demande des investissements financiers, quelles sont vos sources ?
C’est vrai que nos activités peuvent coûter cher, voire des millions. Bizin servi lintelizans pou trouv finans. Ce sont des sponsors, des bailleurs de fonds qui croient en moi qui  me soutiennent.

Comment est-ce qu’un artiste qui chante « mon cheval n’est pas un âne » a pu convaincre des bailleurs de fonds ?
Pour celui qui croit en moi, il n’y a pas lieu de le convaincre. Si pa krwar dan mwa, mo pena okenn eksplikasion pou done. Chanter, interpréter, faire de la comédie sont des rôles. En dehors de ces rôles, j’ai une vie. E lt ‘humour qui me caractérise, c’est quand tout va bien et que rien n’est compliqué.

Votre nouvelle situation est plus confortable ?
Oui et c’est normal. La preuve est que si je ne chante plus, c’est que ça marche plutôt bien pour moi. Je peux voyager, visiter n’importe quel pays quand je veux.

Aujourd’hui, Tik Tok a changé la donne dans le milieu de la musique locale. On crée le buzz avec des succès éphémères. Votre observation ?
C’est le résultat de l’évolution. Il faut faire avec. Notre société évolue. Il n’y a pas de succès sans public. Si des jeunes arrivent à créer des succès par le biais de Tik Tok, c’est qu’il y a un public demandeur. Quand j’écoute les textes de certaines chansons lancées sur ce réseau, je constate que les paroles ne sont pas toujours insensées. Elles véhiculent des messages qui ont été pensés après, certainement, un déclic. Ceux qui ne sont pas de la génération Tik Tok seront en déphasage avec cette plateforme et son univers. Cela a toujours été ainsi. À l’époque, les plus âgés critiquaient les OSB parcequ’ils se présentaient avec la casquette vissée à l’envers sur la tête et des lunettes noires !

Que faisiez-vous juste avant de nous parler en aparté ?
Mo ti pe netyway mo lakour ar de trwa kamarad. Ena enn kantite salte pou tire.

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