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Dr Vinesh Sewsurn:« Je remercie les Mauriciens pour leur soutien »

Dr Vinesh Sewsurn est le président de la Mauritius Health Officers Association (MHOA) qui représente d’environ 1 800 médecins généralistes du secteur public, ces frontliners au-devant de la tragique scène de la pandémie.

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Dans une interview accordée à Week-End cette semaine, il expose avec finesse et émotion le vécu difficile des médecins pendant les rafales les plus fortes de la pandémie sur notre sol« où beaucoup n’ont pas survécu ». Humblement, il met en exergue les prouesses de ses confrères dans des conditions difficiles et malgré le manque de moyens. Il fait comprendre que le pic de la pandémie est le résultat de la croyance des gens qu’avec la vaccination, ils étaient protégés.

Or, il affirme dans un franc-parler rare sur ce sujet tabou que tel n’est pas réellement le cas. « La vaccination protège, mais n’empêche pas la contamination », dit-il. S’il évite soigneusement tout commentaire positif ou négatif sur son ministre de tutelle, quoique son « tout law abiding citizen doit suivre les lois et chacun doit assumer ses responsabilités » peut être une indication, c’est avec plus de verve qu’il prend la défense des membres de son syndicat face au PRB, aux décisions de la fonction de publique de geler leurs congés, à leur engagement et intégrité dans le travail, même s’ils sont épuisés et en situation de burn-out… Le Dr Sewsurn rend hommage au Dr Bruno Cheong et remercie les Mauriciens pour le soutien aux médecins dans leur travail et ceux tombés au combat.

Comment les médecins et vous-même avez fait face à la situation et l’évolution du Covid pendant ces deux ans ?

Lorsque le Covid a fait son apparition officiellement en décembre 2019 avec les premiers cas évoqués en Chine, c’était quelque chose de nouveau. Non pas le coronavirus lui-même car nous avons eu dans le passé deux épisodes avec le SRAS, mais, là, il s’agissait d’une nouvelle infection. Comme tous les autres pays, nous avons pensé que cela ne s’étendra pas sur une échelle mondiale, mais on s’est trompé. Nous avons eu le 1er cas à Maurice en mars 2020 et le virus a commencé à se propager sur le territoire. Nul n’était préparé à cette pandémie. Ni Maurice, ni les autres pays. Et au niveau des hôpitaux à Maurice, il y avait un manque d’équipements pour les médecins et autre personnel qui s’est fait ressentir dès les premières semaines suivant le premier cas et le confinement de mars 2020. Nous étions non pas dans une frayeur en tant que telle, mais plutôt dans l’ignorance, car on connaissait très peu le virus. Face à ces contraintes majeures, nous avons dû nous adapter pour prodiguer les soins. En dépit du manque d’équipements et le manque de connaissance, nous avons essayé d’aider de notre mieux, de donner le meilleur de nous-même à toutes ces personnes qui ont été infectées. Parallèlement, au fil des semaines, les protocoles sanitaires évoluaient et la prise en charge des patients a changé et a été plus adaptée pour limiter la propagation du virus. On a réussi dans la première année à contenir le virus. Maurice, pendant les fêtes de fin d’années de 2020, par exemple, était Covid safe.

Est alors intervenue la deuxième vague…

La deuxième vague, il fallait s’y attendre, car nous avions eu des cas atypiques avec des personnes qui étaient positives au 24e ou 27e jour. Avec ce type de contamination, on prévoyait qu’il y en aurait d’autres dans la communauté. La deuxième vague a été fulgurante dès mars 2021, mais plus gérable au commencement, car nous étions équipés. Ce qui a été tragique c’est lorsque les personnes à hauts risques, telles les dialysées, ont été infectées. Lorsque des personnes avec des comorbidités contractent le virus, l’infection devient sévère et il est plus difficile de les traiter. Parallèlement, la campagne de vaccination avait démarré à Maurice et même si nous savions que nous n’étions pas à l’abri d’une autre vague, à un moment, il y a eu un relâchement, les gens estimant qu’avec la vaccination, ils étaient protégés. Or, ce n’est pas réellement le cas. La vaccination protège, mais n’empêche pas la contamination. Et nous avons vu arriver la variant Delta qui a été plus contagieux et virulent.
Physiquement et psychologiquement, ces phases ont été très dures pour nous tous. Surtout après le décès du Dr Bruno Cheong, qui était très respecté et apprécié parmi le personnel soignant. Cela a été un choc pour nous ! Dès lors, nous avons redoublé d’efforts pour les gestes barrières, mais toute cette période a été très dure. Surtout pour ceux qui travaillaient à l’hôpital ENT où il fallait passer une semaine, puis se rendre en quarantaine, donc passer trois semaines isolé, loin de la famille. On ne s’attendait pas à cela.
Avec la dernière vague en août, septembre, octobre et novembre, nous avons eu beaucoup plus de cas et les décès s’accumulaient. Quand il y a plus de cas, le volume de contamination augmente et le pourcentage de cas sévères augmente parallèlement, surtout avec le variant Delta, et malheureusement, nous avons perdu beaucoup de patients. C’était du jamais vu, on voyait arriver les patients dans un état instable sévère, on savait que les conditions étaient critiques et malgré les soins qu’on leur donnait, beaucoup n’ont pas survécu. Cela n’a pas été facile à vivre…

Après l’accalmie à la suite du nombre conséquent de décès d’août à novembre derniers, il semblerait que les fêtes de fin d’année vont relancer l’épidémie. Quel est l’état des lieux dans les hôpitaux pour y répondre ?

Effectivement, il y actuellement une accalmie, une baisse de cas, plus particulièrement des cas sévères et d’hospitalisation. Et cela nous met moins la pression. On ne sait pas jusqu’à quand. Mais nous sommes préparés. Lorsqu’il y a eu l’augmentation des cas, les salles dans les hôpitaux ont été redéployées et converties en salles Covid dédiées aux patients. Actuellement, elles ont retrouvé leur utilité première pour d’autres pathologies mais en cas de nouvelle vague, avec plus d’hospitalisation, nous reviendrons au Preparedness Plan. On doit se préparer à cette vague, vu la présence du variant Omicron à Maurice. Comme c’est le cas dans d’autres pays, Maurice aussi aura un nouveau pic où le variant Omicron sera prédominant, surtout après les fêtes de fin d’année. Tout dépendra du volume des cas. Le variant Omicron est moins virulent, mais très contagieux, et les personnes ne développent pas de forme grave ou sévère en comparaison avec la variant Delta. Si le nombre de cas n’augmente pas exponentiellement, comme c’est le cas en France ou en Angleterre, vu que le variant est moins virulent, on aura moins d’hospitalisations. Mais si le volume de cas augmente proportionnellement, le nombre de cas sévères risque aussi d’augmenter. C’est à cela qu’il faudra faire face.

Y a-t-il suffisamment de personnel, de moyens et de médicaments pour traiter une remontée brutale du nombre de patients à l’ENT et dans les centres de Santé en ce mois de janvier ?

Contrairement à 2020 où nous n’étions pas prêts, nous avons aujourd’hui tous les équipements. Du moins, pour le moment, nous sommes équipés. Au niveau des médecins, il y a eu un recrutement de plus de 150 en juin dernier et nous serons suffisants pour cette phase de l’épidémie. C’est du côté des infirmiers et autre personnel soignant qu’il y a un manque. Je ne sais pas quels départements spécifiques sont concernés, mais c’est sûr qu’il faut pallier un manque au plus vite. En revanche, pour ce qui est de la prise en charge des patients, nous devons shifter notre angle d’attaque sur le traitement. Certes, il y a la campagne de vaccination avec la 3e dose qui se poursuit et qui est nécessaire, mais on voit aussi avec les nouvelles études que le vaccin n’arrête pas la propagation. Il aide la personne à ne pas développer de forme grave mais n’arrête pas la propagation. Donc, c’est vers le traitement qu’il faut se concentrer. Il y a le Molnupiravir que nous avons reçu, mais il y a aussi le nouveau médicament de Pfizer, le Paxlovid, qui a été approuvé par le FDA des États-Unis. Il faudra se pencher sur cela.

Le séquençage indique toujours une prévalence du variant Delta par rapport à Omicron. C’est contraire à la tendance mondiale où Omicron fait exploser les statistiques et le nombre de malades. Avez-vous une explication ?

C’est normal que le variant Delta soit prédominant pour le moment car après le pic des mois d’août, septembre octobre et novembre, nous sommes en train actuellement de vivre la décroissance du Delta. Depuis quelques semaines à Maurice, nous avons recensé quelques cas d’Omicron seulement. Mais il faut prévoir que ce variant sera prédominant dans quelques semaines. On n’a qu’à comparer la France et l’Angleterre. L’Angleterre était une à deux semaines en avance sur la France dans la vague épidémique d’Omicron. À Maurice aussi, la vague Omicron arrive.

Que faudrait-il faire, selon vous, pour faire évoluer positivement la situation sanitaire actuelle ?

C’est à plusieurs niveaux qu’il faut agir. D’abord, il ne faut pas oublier les gestes barrières. Le port du masque est primordial car le virus se transmet par voies respiratoires. Or, on constate encore des gens qui viennent par exemple dans les hôpitaux sans porter de masque ou alors qui ne le portent pas correctement, et même des masques non-adaptés… Quelquefois, des adultes portent des masques d’enfants. Ce n’est pas possible, cela ne protège pas suffisamment ! L’utilisation du gel hydro-alcoolique est aussi importante. En deuxième lieu, la campagne de vaccination doit se poursuivre. C’est important pour réduire les cas sévères de contamination. La booster dose aide à augmenter le niveau d’anticorps et, surtout, s’est montrée efficace contre le variant Omicron.
Mais avec cela, le traitement est aussi très important. Le vaccin est bon pour l’individu mais collectivement cela ne réduira pas la transmission du virus. Pour les cas sévères, les médicaments sont impératifs. Il faudra se pencher dessus. On a déjà commencé mais il faut, comme je l’ai dit plus tôt, se pencher sur le Paxlovid. Ce sont les trois axes essentiels pour faire évoluer la situation.

Il y a eu nombre de décès parmi le personnel soignant et aussi des médecins. N’étiez-vous pas suffisamment protégés pour des vrais frontliners?

Je voudrais d’abord, au nom de la MHOA et en mon nom personnel, rendre hommage à tous ceux qui nous ont quittés, alors qu’ils étaient au front. À tous ceux qui sont morts au combat, alors qu’ils s’adonnaient à leur travail corps et âme. Mais c’est cela le problème avec le virus, même si on croit que l’on est protégé et qu’on observe toutes les précautions, on n’est pas à l’abri. Il y a eu, par exemple, ce cas d’un personnel soignant à ENT où l’équipement utilisé est plus hermétique que dans les autres centres de santé, qui a contracté le virus et est malheureusement décédé. Même si on se protège, il y a toujours un risque, car étant donné la nature de notre travail, on est très proche du patient. Nos procédures génèrent des aérosols (Aerosol generating procedures) tel que l’intubation, le sectionning, la nébulisation… Le virus peut être suspendu dans l’air pendant plusieurs heures. Un faux mouvement, la transpiration rendant notre masque moins hermétique… peut faire que nous soyons infectés. Techniquement, c’est difficile de se protéger à 100%.

Dans quel mood travaillent le personnel de Santé et les médecins actuellement ? Y a-t-il une amélioration des conditions de travail pour le Covid où est-ce que la relative accalmie des cas vous permet de souffler ?

Même si nous connaissons une accalmie avec le Covid, il y a d’autres cas, d’autres pathologies dont les AVC, les accidents, la gynécologie… qui font que les centres de Santé tournent normalement. Il y a toujours beaucoup de personnes qui se rendent dans les hôpitaux. Et même s’il est épuisé, le personnel est toujours opérationnel car nous savons que nous avons un devoir. Pendant un moment durant le pic de l’épidémie, il y avait une saturation de nos services, car,d’une part, les patients affluaient et, d’autre part, beaucoup parmi le personnel soignant, testés positifs, étaient en isolement. Nous sommes plusieurs à être aujourd’hui en situation de burn out, d’autant que depuis deux ans, l’option de vacation leave a été annulée. Malgré cela, malgré la charge de travail redoublée pour pallier le manque de personnel, dû aux absences de ceux qui étaient en isolement, nous avons continué à opérer car les patients ne doivent pas être pénalisés.

Quelle est la position de la MHOA face à la décision du gouvernement d’annuler les vacation leaves ? Et dans le sillage de considérer les absences dues au Covid comme des sick leaves ?

Je dois dire que le mood n’est pas au top. Non seulement à cause du Covid et des décès, mais aussi en raison des dernières décisions. Si nous comprenons que les vacations leave ont été annulées, aujourd’hui avec l’accalmie face au Covid, cette décision doit être revue et les médecins autorisés à prendre des vacances. Pas tous en même temps, évidemment, mais c’est indispensable pour se ressourcer.
Ce qui nous agace davantage, c’est la dernière circulaire émanant de la Fonction publique concernant les sick leaves. Notre travail ne peut pas être comparé à celui de tous les fonctionnaires. Nous sommes, dans le vrai sens du mot, les frontliners car peu importe le centre de santé où nous opérons, nous sommes en contact direct et permanent avec les patients. Selon le protocole, si l’on est positif, il faut s’auto-isoler. Auparavant, vu la nature de notre travail, les dix jours d’auto-isolement étaient considérés comme des special leave. Mais avec la circulaire 64 du ministère de la Fonction publique, cette special leaves a été annulée. Ce que nous contestons. Nous avons fait une demande auprès du ministère du Service civil et, récemment, accompagnés sde la FCSOU, nous avons eu une rencontre avec le Secretary for Public services durant laquelle cette question a été abordée. Nous avons demandé aux représentants du ministère de la Santé qui étaient présents de faire un dossier en vue qu’on obtienne une dérogation à cette circulaire car ce n’est pas possible que nous soyons considérés au même niveau que tous les autres fonctionnaires. On s’attend à ce que cette dérogation soit approuvée par le Conseil des ministres bientôt.

Ne pensez-vous pas qu’il aurait fallu un front commun des syndicats du secteur de la santé pour une meilleure considération du ministère de la Santé concernant les congés et d’éventuelles primes ou même le 14e mois évoqué ?

Bien que nous représentions les médecins généralistes, lorsque nous avons demandé cette dérogation au Service civil, nous avons fait la demande pour tout le personnel soignant. D’autres syndicats ont aussi fait des demandes et incessamment, il devrait y avoir une réunion avec tous les syndicats en ce sens. Nous travaillons dessus pour obtenir une réunion au niveau de la Santé. Par rapport aux primes, si les autorités considèrent que nous avons continuellement fait notre travail, à la fonction publique de nous récompenser. Mais pour la MHOA, ce sont avant tout les conditions de service qui doivent être améliorées. Les primes seront pour dans un deuxième temps.

l Le syndicat des médecins semble être en mode discret. Qu’y-a-t-il derrière cette posture soft pour une organisation plus tapageuse et revendicatrice dans le passé?

Notre association est tapageuse lorsqu’elle doit l’être. Mais quand le pays fait face à une pandémie et qu’il y a la panique parmi la population, moralement et ethniquement, on ne doit pas ajouter à cela. Parce que nous sommes médecins avant tout. Avant d’être syndicaliste, je suis, comme les autres membres, médecin avant tout. On a un devoir moral et éthique envers nos patients. C’est pour cette raison qu’on a voulu régler tous les problèmes au niveau du ministère. Lorsqu’on avait un problème, on s’est rendu directement au ministère pour en discuter. Certains problèmes ont été résolus, d’autres pas vraiment, mais c’est comme cela qu’on a pu travailler pour contrer cette vague épidémique. Nous restons toujours revendicateurs. Nous jouons toujours notre rôle de syndicat.

La MHOA est-elle satisfaite du dernier rapport du PRB? Si non, pourquoi ? Y a-t-il des points positifs ?

Le dernier rapport du PRB est déconnecté de la réalité. Ils n’ont rien compris. Aucun de nos problèmes, liés notamment aux conditions de service, malgré notre memorandum, n’a été pris en compte. Ce qu’on déplore aussi avec véhémence, c’est que le rapport du PRB n’a pas considéré l’impact du Covid sur nos conditions de travail et n’a pas essayé d’améliorer les conditions dans lesquelles nous opérons. Ils ont fait un Copy & Paste de l’ancien rapport avec quelques changements mineurs. Mais nos problèmes restent entiers. Nous avons déjà soumis un deuxième memorandum en marge du Errors & Omission Report. On attend voir.

La crise sanitaire actuelle a été révélatrice d’une politique tournée vers des intérêts commerciaux et financiers avant toute autre considération : après la Pack & Blister saga, les commandes de la STC, les quincailleries, bijouteries et magasins de chaussures devenus importateurs de médicaments, voilà l’affaire du Molnupiravir et le création d’un manque artificiel de médicaments pour en importer en mode urgence. Quel est votre sentiment ?

Le syndicat n’interfère pas avec les procurements ou l’achat des médicaments. Nous sommes concernés avec le personnel soignant et l’accès du personnel soignant aux médicaments et aux équipements.

Vous n’allez pas dire que, comme tout Mauricien, ces scandales ne vous interpellent pas ?

Il y a, évidemment, toujours des questions à se poser. Mais comme il y a des cas référés devant les instances concernées pour enquêtes, nous n’allons pas nous prononcer au préalable. Pour nous, s’il y a un protocole concernant l’achat des médicaments, il faut le suivre. Je ne connais pas le protocole, c’est administratif, mais s’il y a eu déviation dans la façon de faire, les personnes concernées doivent répondre pourquoi. Je laisse les instances compétentes décider.

Donc, pour vous, la gestion du Covid est correcte ?

On ne peut pas dire correcte s’il y a eu beaucoup de morts. On ne peut pas dire correcte s’il y a eu des morts parmi le personnel. Mais c’est quelque chose que l’on ne peut pas évaluer, Il faut être humble vis-à-vis du virus. On ne peut pas dire qu’on est les meilleurs ou les pires. On doit travailler pour améliorer constamment les services et la prise en charge. C’est pour cela que je mets l’accent sur le traitement des patients, surtout sur le nouveau médicament de Pfizer. C’est cet aspect de target treatment qu’on n’a pas encore utilisé à Maurice. C’est dans cette direction que l’on doit se concentrer.

Récemment au Parlement et également en conférence de presse, le ministre de la Santé a insisté que lorsqu’on le critique sur le dossier Covid, notamment, ce sont des critiques également adressées à tous les membres du personnel soignant. Le leader de l’opposition fait pourtant les éloges des médecins et infirmiers. Êtes-vous de l’avis du Dr Jugatpal?

C’est son opinion. Le personnel soignant, les médecins, nous répondons de nos actes. S’il y a, par exemple, un cas d’allégation de négligence médicale, ce ne sont pas les autorités sanitaires qui répondent pour nous, mais le médecin concerné lui-même. Ce qu’a dit le Dr Jagutpal, c’est son opinion, Nous, nous faisons notre travail. Nous savons que nous devons respecter le code d’éthique et prodiguer les meilleurs soins. Et on le fait comme nous l’avons appris.

Que vous inspire la fête de fin d’année privée où le ministre a participé sans les gestes barrières et ce qui peut paraître un manque de respect pour les familles des victimes du Covid ?

Je ne vais pas faire le procès du ministre dans le domaine médiatique. Tous les adultes sont des personnes libres et ont des droits et des devoirs. Le ministre a donné des explications. Il y a une enquête policière initiée, on laisse faire. Le plus important c’est que chaque citoyen soit responsable de ses actes.

Ne pensez-vous pas qu’en tant que médecin, comme vous aussi d’ailleurs, le Dr Jagutpal, qui plus est, est le ministre de tutelle, le chef de la Santé, devrait donner et suivre l’exemple ?

Tout le monde doit donner l’exemple. Nous en tant que médecins, nous sommes des frontliners, nous prodiguons des conseils. Nous disons aux patients ce qu’il faut faire et ne pas faire. Et comme tout law abiding citizens, nous devons suivre les lois et chacun doit assumer ses responsabilités.

Le public mauricien a salué le travail des frontliners de la Santé, leur dévouement et leur courage. Ils ont aussi lors des fêtes de fin d’année, fait preuve de retenue pour nos compatriotes emportés par le Covid. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Je salue cet élan de solidarité mauricienne et, au nom de tous les membres de la MHOA et du personnel soignant, je remercie les Mauriciens pour leur soutien. Cela nous encourage, dans ces moments difficiles, à faire de notre mieux. Cela nous donne de la force. Il y a une union sociale ancrée à Maurice. Cette union est primordiale et impérative non seulement pour une pandémie, mais aussi pour tout autre souci auquel le pays est amené à faire face.

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