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La question

— Dis-moi un coup, tu peux me dire une affaire ?
— Quelle affaire encore ?
— Je sais qu’on va avoir une bagarre et j’espère qu’on va pas gâter zamis, mais il faut absolument que je pose la question.
— Je ne comprends pas un mot de ce que tu es en train de dire. Quelle question que tu veux me poser ?
— La question que tout le monde se pose : est-ce que tu peux me dire ce que ton Pravind est allé faire à la télévision mercredi soir ?
— Ah ben ! Tu as regardé alors ? Je croyais que tu étais allergique à Pravind et à la MBC, et que tu ne regardais que les chaînes par satellite, parce que l’actualité de ton pays ne t’intéresse pas.
— Ce n’est pas l’actualité du pays qui est diffusé par la MBC, mais les activités des ministres et du MSM !
— C’est eux qui ont gagné les élections et sont au pouvoir ! Tu veux que la MBC diffuse les conférences de presse bidon de l’Espoir mort entre deux roches ! ? Alors, comme ça tu as suivi le message du PM ?!
— J’ai été obligée de regarder, toi, avec tout le tam-tam qu’on a fait autour de son message.
— Quel tam-tam, ça ! On n’a fait qu’annoncer que le Premier ministre allait s’adresser à la nation.
— La MBC a répété ça dans toutes les langues et sur toutes ses chaînes — et Dieu sait qu’elles sont nombreuses ! — toute la journée. Sans compter les annonces sur les réseaux sociaux !
— Si on n’avait pas annoncé, tu aurais sûrement dit qu’on avait fait ça en catimini ! Quand on annonce, tu dis qu’on en fait trop. Pour toi et ta bande, tout ce que fait Pravind n’est pas bon ! Tu as toujours un l’ail à tirer !
— Et toi, tu passes ta vie à trouver que tout ce qu’il fait est parfait. Il ne faute jamais, lui, même quand il fane dans les grandes largeurs.
— Si tu continue à parler comme ça de lui, je crois qu’on va finir par gâter zamis là, hein !
— Je savais que tu allais faire ça !
— Faire quoi ?
— À chaque fois que tu sens que tu va perdre des points, tu lèves une bagarre en choisissant un sujet polémique et tu changes de sujet de conversation.
— Qu’est-ce que tu es en train de raconter ?
— Au lieu de me répondre, tu cherches à lever une bagarre pour éviter la question. Comme ça même Pravind fait au Parlement.
— Arrête de tout ramener à Pravind, do ! C’est une fixation, ma parole ! Quelle est ta question ?
— Qu’est-ce qu’il est allé faire à la télévision mercredi soir ?
— Il est allé s’adresser à la nation pour démentir les fausses allégations de cette campagne hystérique et mensongère que mènent le maharajah repenti et ses complices.
— Mais qu’est-ce que tu racontes, il n’a fait que répéter ce qu’il dit depuis que l’affaire a éclaté : que l’enquête de la police va révéler la vérité.
— Au moins lui, il ne change pas de version tous les matins.
— Quoi ! Comment tu peux dire ça ? Depuis le commencement il n’a fait que changer de version à chaque fois qu’il ouvre la bouche ! Il a dit qu’il n’y avait pas de conversation téléphonique avec SS, et après il a dit le contraire. Tout comme sur l’affaire de survey.
— Il y a des choses qu’il ne peut pas dire pour le moment. Il y a une question de haute sécurité nationale en jeu, donc il ne peut pas parler. Tu peux comprendre ça au moins ?
— Alors explique-moi une affaire : s’il ne peut rien dire, qu’est-ce qu’il est allé faire à la télévision ?
— Ayo, vrai même, je ne peux pas avec toi. Vous passez votre vie à le critiquer quand il ne parle pas et quand il le fait, vous le critiquez deux fois plus ! C’est pas facile avec vous !
— Mais c’est lui-même qui donne des bâtons pour qu’on le battre. S’il n’était pas allé à la télévision, on n’aurait pas la conversation qu’on est en train d’avoir.
— Mais c’est son devoir de s’adresser à la nation, toi.
— Même si, comme mercredi dernier, il n’avait rien à lui dire, à la nation.
— Ça, c’est toi qui le dis !
— Non, pas moi seulement. Mais tous les Mauriciens qui après le tam-tam médiatique se sont assis devant leur télévision. Ils ont découvert que le Premier ministre parlait pour ne rien dire. Crois-moi : la prochaine fois qu’il aura des choses sérieuses à dire, personne ne l’écoutera.
— Quoi qu’il puisse dire ou faire, toi et ta bande vous allez toujours trouver un l’ail contre lui et il aura toujours tort. Alors, pas la peine de continuer à discuter. Mo les twa pran gagne !

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